GOURMAND, GOURMANDISE
Gastrolàtre : ce seul mot définit le gourmand, tout en lui imprimant une sorte de flétrissure.
Souvenirs d'un andin médecin.
Il est des êtres abrutis ayant un corps à nourrir, une
1S0 Lüb médecins moralistes.
âme à Sauver, et qui les sacrifient au culte sensuel de leur
estomac : ces idolâtres s’appellent gourmands.
Le même, ibid.
La gourmandise exagère nos besoins réels, en crée de lâctices; elle prépare le malheur de l’individu et la ruine de la société.
Belodino, Des Passions.
Les suites de ce vice sont aussi longues que cruelles : pour premier châtiment, le goût des gourmands finit par se blaser sur les mets les plus délicats, sur ceux mêmes qui étaient l’objet de leur prédilection ; leur appétit se perd, et des infirmités sans nombre viennent venger sur eux la raison méconnue et la morale outragée.
Descüret, La Médecine des passions.
Le gourmand végète dans une sorte d’abrutissement qui le conduit par degrés insensibles à une mort triste et douloureuse ; son âme se ferme aux vrais plaisirs ; mille dégoûts l’inquiètent, et son temps s’écoule dans les digestions pénibles d’un organe qui semble n’obéir qu’à regret.
Aubert, Physiologie des passions.