GLOIRE
La gloire scientifique ou littéraire est quelquefois un remède à de grands maux ; elle aide au moins à supporter bien des misères.
M.-F. Ribes, Des Affections morales et des Passions.
On ne conçoit pas que madame de Staël ait appelé la gloire le deuil éclatant du bonheur. Cette proposition est du moins trop générale. Non, ce rêve d’immortalité qui aide ici-bas à souffrir et à mourir, n’est pas toujours l’ennemi de notre félicité; il ne s’agit que de le considérer sous un point de vue philosophique, c’est-à-dire de l’estimer ce qu’il vaut, ni trop haut ni trop bas.
Reveillé-Parise, Physiologie et Hygiène des hommes livrés aux travaux de l'esprit.
PENSÉES, MAXIMES ET HÉFLEKIONS. 1 i!)
La présentation de la gloire est déjà un à-compte sur le bonheur qu’elle promet; et ce bonheur-là, du moins, ne saurait échapper.
Le même, ibid.
Dans une vie grevée de toutes les amertumes de la gloire, je ne crains pas de l’affirmer, la plus douloureuse
est assurément la perte de la santé. Le baume moral de l’amour-propre satisfait n’adoucit pas toujours complètement les regrets qui en sont la suite.
Le même, ibid.
De tous les hochets dont s’amuse l’humanité, le moins puéril est certainement la gloire ; mais elle domine trop exclusivement l’imagination.
Le même, ibid.
La gloire n’échoit qu’au génie bienfaisant, qu’à la vertu puissante, qui influe comme la Divinité sur le bonheur des autres.
Alibf.rt, Physiologie des passions.
On dirait que les larmes brûlantes versées par les premiers martyrs de la pensée se sont répandues sur toutes les célébrités, et ont en quelque sorte arrosé le laurier de toutes les gloires.
I'oissac , Hygiène philosophique de l'Ame.