GUERRE
L’art de tuer les hommes, la guerre est devenue une science et une source de gloire !
Belouino, Des Passions.
L’humanité veut que l’on fasse tout pour éviter une guerre reconnue juste ; car, comme on l’a dit si souvent, les armes ne sont qu’un moyen d’arriver plus vite à la paix : Finis belli ultimuspax.
Aubert, Physiologie des passions,
La guerre surtout est un crime quand on la fait par des motifs d’avarice ou d’ambition ; si cette grandeur d’âme que l’on fait paraître à soutenir de longs travaux, et à s’exposer aux plus affreux périls, n’est accompagnée d’un grand fonds de justice, si on l’emploie pour soi-même et pour ses avantages particuliers, au lieu de l’employer pour le bien commun, loin que ce soit une vertu, c’est un vice des plus condamnables, c’est un attentat à la morale des nations, c’est une pure férocité.
Le même, ibid.
guerre CIVILE.
La guerre civile dégrade et démoralise les générations. L’aigreur se transmet de famille en famille ; on se calomnie pour ainsi dire en naissant; les enfants sont élevés pour la vengeance. Le ressentiment devient un point d’honneur, et le point d’honneur justifie les crimes. Le mot de patrie est vain et superflu ; toute maxime de justice est repoussée. La prudence, la modération, toutes les vertus, toutes les obligations humaines sont méconnues ou faussement interprétées au milieu des agitations sans but d’une multitude effrénée. C’est alors surtout que la vengeance communique à l'homme un génie inventif; on frémit d’horreur quand on songe à tout ce quelle inspire.
Aubert, Physiologie des passions.