‹ Les médecins moralistesChapitre 152 sur 352 · HABITUDE · texte numérisé non relu

HABITUDE

Mobiles dans nos idées, mobiles dans nos volontés, nous ne le sommes pas dans nos habitudes; nous ne savons point les sacrifier à la raison.

Pariset, Eloge de Tessier.

Le propre de l’habitude est d’émousser les impressions et d’aviver les actes. Plus on répète un acte, mieux on l’exécute ; plus une émotion se renouvelle, moins elle a de force.

L’abbé Bautain, docteur ou médecine, Philosophie morale.

L’habitude n’étant qu’un penchant contracté par la réitération fréquente des mêmes actes, on triomphera

d’une mauvaise habitude en lui en substituant une bonne.

Souvenirs d’un ancien médecin.

11 est plus facile de prendre de bonnes habitudes que d’en perdre de mauvaises.

Beauchéne, Maximes, Réflexions el Pensées.

La faculté de contracter des habitudes est un bienfait de la Providence divine, qui a voulu assurer par ce moyen la conservation des créatures.

Feuchtersleuen, Hygiène de l'Ame.

S’habituer à ce qui est juste, c’est la quintessence de la morale et aussi de l’hygiène de l’càme.

Le même, ibid.

Il existe deux habitudes morales : l’une, qui liait de la nature même de l’homme ou de ses penchants, qui est la plus forte, qu’on corrige, mais qu’on détruit rarement d’une manière complète ; l’autre, que l’on contracte par communication ou par l’exemple d’autrui, et qui est susceptible d’être réprimée, détruite même avec le temps.

Martin jeune (fie Montpellier), De l'Habitude.

L’imitation commence l’éducation; l’éducation donne des habitudes, ou, pour mieux dire, n’est qu’une suite d’habitudes. Les habitudes donnent des besoins et des désirs, des goûts et des penchants, parce qu’elles sont une seconde nature. C’est au moyen des habitudes que l’on parvient à modifier ou à corriger les premières dispositions instinctives; et, pour y arriver, il suffit de l’imitation ou de l’obéissance.

Loi.lineai , De l' Entendement humain.

On conçoit l’importance de régler ses habitudes de manière qu’elles tournent toujours au profit de la santé, d’autant plus qu’elles finissent par confisquer à l’homme sa propre volonté. Plier et enlacer sa vie dans des habitudes de tous les jours, est un des principaux points de tout esprit sage et prévoyant. Un homme, en dernière analyse, n’est que le résultat de ses habitudes, il est ce qu’il s’est fait.

Reveillé-Parise, Physiologie et Hygiène des hommes livrés aux travaux de l'esprit.

Rien déplus utile ou de plus pernicieux que l’habitude. C’est une fatale impulsion, c’est un appui solide, c’est un baume salutaire, c’est un poison qui tue.

Le même, ibid.

On ne se défait que très difficilement d’une habitude vicieuse : comme la robe du centaure Nessus, on ne l’arrache point sans douleur et sans violence.

Le même, ibid.

Le propre de l’habitude est d’émousser le sentiment (1), de ramener toujours le plaisir ou la douleur à l’indifférence, qui en est le terme moyen. Remarquons que le centre de ces révolutions de plaisirs, de peine et d’indifférence,

(I) U eût été plus exact (le dire que l’habitude diminue l’intensité des émotions; car on ne saurait appeler sentiment ce qui n’est que l’impression du plaisir cl de la douleur. Le sentiment est plus que cela : il implique un désir; lorsque ce désir est immodéré, il devient une passion.

Cerise, .V tes sur Hichat.

n’est point dans les organes qui reçoivent ou transmettent la sensation, mais dans l’âme qui la perçoit.

Bicuat, Recherches sur la Vie el la Mort.

L’habitude fortifie les bons sentiments et les transforme en besoins.

Cerise, Noies sur Biohat.

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