‹ Les médecins moralistesChapitre 188 sur 352 · IVROGNERIE · texte numérisé non relu

IVROGNERIE

Ni la crainte des lois, ni l’opinion de nos maîtres ou de la société, ne peuvent dompter ce vice, lorsque l’habitude l’a rendu maître du logis. Il faut un miracle, une résurrection pour qu’un malade soit guéri de sa fureur, et ces cures sont réellement phénoménales.

Lauvergne, De l'Agonie et de la Mort.

A quoi servent les sommes énormes dépensées pour l’instruction des basses classes, si vous laissez à la merci de la multitude le choix des lumières à côté de la boisson qui les éteint ou les rend stériles?

Un gouvernement qui veut sa durée doit la fonder sur la moralité des citoyens ; à ce titre, il doit poursuivre de tous ses moyens les agents provocateurs de l’ivrognerie.

Le même, ibid.

Le vice façonne l’homme au servage; l’ivrogne perd

son libre arbitre et sa volonté, une femme devient son maître.

Le même, ibid.

11 y a des professions et des états de l’âme, dans certaines classes infimes, qui poussent à l’ivresse comme au seul baume qui console et endort. En général, celui qui n’a d’autres recours contre une peine que l’ivrognerie manque de sens moral et de cette éducation qui fonde les espérances de bonheur sur les promesses d’une sainte mort.

Le même, ibid.

Celui qui s’abandonne aux excès du vin et des liqueurs fortes déroge à la dignité humaine; il perd le jugement qui doit le guider dans les affaires sérieuses de la vie ; il se ravale au-dessous des plus vils animaux par une joie indécente et désordonnée, par des discours insensés, par des révélations inconvenantes ; il va jusqu’à offenser ses amis les plus chers, et à diriger ses outrages contre ce qu’il y a de plus saint et de plus religieux : ses fureurs tiennent de la frénésie; il devient la risée de- ses semblables.

Aubert, Physiologie des Passions.

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