MORALE
Les biens les plus précieux de la vie ne s’obtiennent que par la pratique de la morale.
Cabanis, Rapports du physique el du moral.
Être né pour la société, c’est être né pour la morale,
l’une est la fin, l’autre, le moyen; l’une sans l’autre implique contradiction. La morale est aussi nécessaire à l’homme que l’air qu’il respire; quand il manque de morale, il meurt.
Pariset, Notes sur l'ouvrage précédent.
11 y a une morale à laquelle il faut chercher une sanction, une origine, un but; autant de sources fécondes, assurées par la religion, et qui prouvent qu’elle est une nécessité, et non une pure forme de la sensibilité, un élan de l’imagination, une variété de la poésie.
Brierre de Boismont, Des Hallucinations.
Un traité de morale me paraît devoir être défini : pratique du vrai bonheur.
Rast, Pensées.
La morale chrétienne bien entendue et bien pratiquée est la seule qui produise à la fois des hommes et des citoyens.
Daremberg, Bibliographie.
Si l’aliment est ce qui assure la vie des individus, la morale est ce qui assure la vie des nations.
Pariset, Discours.
Fondée tout entière sur l’effort, sur la lutte, sur le sacrifice, la morale chrétienne a pour mission, elle aussi , de concourir au perfectionnement physiologique de l’humanité; la pénitence est la réformation naturelle de l’homme.
Dufieux, Nature et Virginité.
La morale est une noble médecine, tout aussi difficile
mais moins obscure que l’autre : son hygiène est toute céleste; elle prend ses remèdes parmi les vertus.
Isidore Bourdon, Physiologie médicale.
MOROSOPHIE, MOROSOPHES.
Dans les faits de morosophie, il s’agit toujours d’une maladie de Y instinct, laquelle a perverti Y affectibilité en la poussant sans cesse à des désirs sanguinaires .
Barbaste, De f Homicide et de l' Anthropophagie.
Les morosoplies ne sont pas des fous; le seraient-ils, et même incurables, que ce ne serait pas une raison d’en débarrasser la société ; le contraire est plus compatible avec la justice et avec l’humanité. Pourquoi tuer des malades que l'on a l’espoir de guérir et de ramener à de bons sentiments? Ces hommes -là constituent l’une de nos plaies sociales avec lesquelles il faut vivre ; heureux si nous n’avions que des plaies de ce genre !
Le même, ibid.
S’il m’était permis de hasarder une opinion sur le genre de pénalité qui convient aux morosoplies, voici comment je la concevrais : tous les cas de morosophie homicide peuvent être ramenés à trois groupes différents.
1° Morosophie homicide sans résultat, c’est-à-dire sans action criminelle : la raison triomphe du mauvais penchant. (Placer ces individus dans les hôpitaux ou dans les maisons de santé, pour les traiter d’un mal susceptible de guérison et sujet à récidive.)
’2° Morosophie homicide avec meurtre et sans combat :
PENSÉES, MAXIMES ET RÉFLEXIONS. 2 fi I
l’individu arrive directement au crime et s’y plonge avec une espèce de volupté. (Les tenir renfermés dans des maisons de force.)
3° Morosophie homicide suivie de meurtre, mais après une longue lutte : l’individu ne succombe qu’ après avoir longtemps combattu son instinct pervers. (Réclusion dans une maison spéciale.)
Le môme, ibid.
La maison qui convient aux morosophes doit être à la fois une maison de santé, de correction et de repentir. 11 faut quelle sente plutôt l'hôpital que l’asile des criminels; mais il faut qu’elle soit privée de tout agrément, que la vie y soit dure, que chaque objet y soit un signe représentatif du crime et un indicé de réprobation, afin que l’odieux en résulte à la longue et conduise au remords le cœur du coupable (1) .
Le même, ibid.