PAROLE
La parole est un effet de l’âme manifesté, rendu sensible, qui renferme en lui deux choses distinctes, le Son matériel et l’idée. Notre oreille est impressionnée par le son matériel, et notre âme par l’idée qui y est unie.
De La Roière, Philosophie physiologique.
Il y a évidemment dans la parole union d’une chose matérielle et d’une chose immatérielle. Ce mystère* nous l’avons constamment sous les yeux sans pouvoir le comprendre, comme tant d’autres mystères auxquels l’évidence nous force à croire sans que nous les comprenions davantage.
Sorti des mains du Créateur avec le plein exercice de scs facultés physiques, intellectuelles et morales, et par conséquent doué de la parole qui en est inséparable, Adam appela chaque chose par son nom... L’homme créé sans parole n’eût donc parlé jamais, parce qu’il n’aurait eu personne pour lui apprendre à parler.
Braciiet, Physiologie de l' Homme.
Sans Ja parole on ne peut penser, comme sans la pensée on ne peut parler : cerclç fatal duquel l’humanité ne serait jamais sortie, si, dans l’origine, une Intelligence supérieure ne lui eût donné tout à la fois la parole et la pensée.
Vitteaut, La Médecine dans ses rapports avec la Religion.
La parole, dont l’origine est divine, coexiste avec la pensée : elle en est le rayonnement, le vêtement lumineux.
Descuret, Les Merveilles du Corps humain.
L’homme seul emploie la parole pour exprimer ses idées; il est aussi le seul qui puisse en faire l’instrument de sa raison.
Sainte-Marie, Des Effets de la Musique (noies).
La parole humaine prend un caractère sacré, un sens profond, quand elle est la pure expression du vrai ; sans le vrai, elle est un vain son, une cymbale retentissante, et, si elle va, contre le vrai, elle est un désordre et une dépravation.
Par la parole, nous satisfaisons un sentiment de tropplein qui nous incommode. On dirait que, lorsque l’organe, siège de la fonction, est pénétré de l’idée élaborée, il entre dans un orgasme qui en commande l’explosion. Les enfants font des monologues balbutiés en même temps qu’ils pensent; les petites fdles causent avec leurs poupées. Les adultes, dont l’imagination est habituellement exaltée, sont sujets à parler, à gesticuler seuls. Le sens
intime est alors comme une de ces outres dans lesquelles Eole renfermait les vents, et qui se vide à la moindre piqûre.
Lordat, De la Constitution de l'IIomme.
L’emploi de la parole entraîne une grande responsabilité pour l’être raisonnable : il doit se servir avec respect, avec prudence, de ce don divin, et ne point le profaner parmi usage immodéré ou déréglé.
Le même, ibid.
Un organisme usé par le chagrin, et la maladie sa conséquence inévitable, se soutient, se fortifie par le pain de la ■parole. Le médecin, comme l’apôtre, doit savoir distribuer cette nourriture de l’esprit aux cœurs souffrants.
Reveillé-Parise, Etudes de l’Homme.