PASSIONS
Les passions sont de vraies folies, mais des folies passagères; elles s’emparent des facultés intellectuelles, les absorbent si énergiquement que l’homme n’est plus capable de penser à autre chose qu’à l’objet de sa passion.
Esquirol, Des Mciludies mentales.
Dans leur premier degré, les passions demandent; au second, elles exigent; au troisième, elles contraignent.
Descuret, La Médecine des Passions.
Dans l’ordre providentiel, l’âme est faite pour commander, le corps pour obéir; par l'effet de la passion, l’âme détrônée n’est plus que l’esclave de son esclave.
Le môme, ibid.
LES MÉDECINS MUHAL1STKS.
Les passions, toutes essentiellement mauvaises, ne sont autre chose que des besoins déréglés, non moins nuisibles à l’individu qu’à la société, et qui renversent la hiérarchie divine établie entre l’âme et le corps.
Le même, ibid.
On a prétendu admettre des passions permises et des passions défendues ; on a aussi qualifié certaines passions, grandes , nobles , généreuses ; c’est une erreur. D’abord le mal ne peut jamais être permis; puis, à proprement parler, il n’y a pas de petite passion ; le désir de l’objet le plus insignifiant peut grandir et s’exalter au point d’altérer la santé et de troubler la raison, en même temps qu’il dégradera l’âme en la séparant du Souverain bien.
Le même, ibid.
Toutes les passions mauvaises auxquelles l’Évangile livre un combat à mort, sont des causes de détériorations physiques.
Drvaÿ, Hygiène des Familles.
Les bonnes lois, qui impriment aux mœurs des peuples une sage direction; l’éducation basée sur la morale et la religion, qui les conduit dans les sentiers de la vertu en flétrissant le vice, en inspirant l’horreur du crime, tels sont les moyens les plus efficaces pour guérir les passions développées sous l’influence de l’habitude acquise, comme pour modérer et adoucir celles qui résultent d’un mode vicieux de première organisation.
Martin jeune ( le Montpellier), Hc l'Hibilude.
Lorsqu’on étudie les passions avec soin, on reconnaît que, le plus ordinairement, leur pouvoir tyrannique ne s’établit pas d’emblée sur nous. C’est par le défaut de surveillance de la famille et des maîtres, et, plus tard, par des concessions successives qu’ elles atteignent ce point culminant. Dès qu’on s’habitue à leur céder, la pente devient de plus en plus facile, et la chute a lieu presque sans avertissement. On ne saurait assez le répéter, le salut est au commencement ; jamais alors la conscience ne fait défaut; ses cris sont pleins d’énergie; ils ne s’affaiblissent qu’avec le temps.
Brierre de Boismont, Du Suicide.
Dans la lutte contre les passions, l’habitude du combat rend la victoire plus facile en donnant à la raison plus de force ; mais il faut toujours regarder comme pénible le moment où l’homme fait effort pour arrêter la volonté passionnée, en lui opposant la volonté raisonnable.
Halle.
Considérées sous un point de vue purement médical, les passions peuvent être prises, par le médecin philosophe, pour de véritables maladies ; et ce n’est pas sans raison que les Grecs avaient désigné les unes et les autres sous une expression commune.
M.-A. Bonnet (de Lyon), Des Passions.
Comme les maladies, les passions échappent à la volonté, lorsqu’elles sont portées à un très haut degré, et il est incontestable qu’il est un moment où nous ne pouvons plus les arrêter, et où la loi même ne nous rend
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que peu responsables des actes qu’elles nous l'ont faire.
Le même, ibid.
A toutes les époques de la science, les physiologistes ont considéré les passions comme de véritables maladies. Dans toute passion, en effet, l’harmonie des actes vitaux a cessé d’exister. Il y a plus : que la passion soit le mobile des plus belles actions, ou des plus coupables égarements, elle ne peut avoir lieu sans une sorte d’aliénation temporaire, préjudiciable à l’organisme.
Reveillé-Parise, Physiologie et Hygiène des hommes livrés aux travaux de l'esprit.
Plier au moindre choc des passions, c’est donner une preuve éclatante de la faiblesse de son esprit et de la petitesse de son caractère.
Virey, Dictionnaire des Sciences médicales , art. Passions.
On ne transige pas avec ses passions, il faut les dompter ou être asservi par elles.
Beauchéne, Maximes, Réflexions et Pensées.
Toutes les grandes passions du cœur humain qui n’écoutent plus la voix de la raison se suffisent à elles-mêmes, et, comme entraînées par un sentiment de pudeur, ne recherchent que l’isolement et la solitude.