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PRUDENCE

La prudence est l’une des vertus les plus propres à former l’entendement et à lui procurer toutes les qualités essentielles à sa perfection. C’est elle qui tient en bride l’imagination et l’empêche de tomber dans ces écarts qui font voir plus de vivacité que de raisonnement. C’est elle qui étouffe dès leur naissance ces monstres que les passions enfantent. Satires effrénées et injurieuses, libelles diffamatoires, réflexions irréligieuses, livres impurs et licencieux, ên un mot tout ce qui tend au vice ou au désordre est condamné à son tribunal.

Le Camos, Médecine de l' Esprit.

C’est la prudence qui prescrit la fin aux autres vertus morales et qui se prescrit les limites dans lesquelles elle doit se renfermer; car, si elle évite la précipitation, elle craint la lenteur; si elle fuit la nouveauté, elle appréhende la prévention. Elle ne marche qu’avec circonspection et précaution. C’est le seul moyen de mériter l’estime des gens raisonnables et de s’attirer la confiance même des plus pervers.

• Le même, ibid.

Intermédiaire en quelque sorte aux passions et à l’intelligence, la prudence est inspirée par l’instinct, réglée par le jugement, perfectionnée par la raison. Ses caractères justifient l’expression d’un ancien philosophe qui la nommait le gouvernail de l’âme.

Lepelletier (de la Sartho), Physiologie médicale et philosophique.

L’exercice de la prudence suppose les leçons de Inexpérience. De là vient que, dans la mythologie des anciens,

on la représente comme une divinité à deux visages, dont l’un se retourne vers le passé, et l’autre se dirige vers l’avenir.

Alibeut, Physiologie des Passions.

La prudence est la vertu la plus immédiatement applicable au bonheur de la vie.

Le môme, ibid.

Ce n’est pas être prudent que mettre toute sa confiance dans la prudence.

Beaochêne, Maximes , Réflexions el Pensées.

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