‹ Les médecins moralistesChapitre 3 sur 352 · SUR LA VIE ET LES ÉCRITS DE MADAME W0ILLE · texte numérisé non relu

SUR LA VIE ET LES ÉCRITS DE MADAME W0ILLE

Catherine-Thérèse Rieder naquit à Saint-Omer, le 25 mars 1781, de parents peu favorisés du côté de la fortune. La triste rue Au Vent abrita son berceau, des chagrins de famille assombrirent ses premières années, puis le spectacle de la Révolution fut pour elle une longue et douloureuse leçon d’histoire ; et si nous ajoutons à cela l’excessive sévérité d’un père qui, proscrivant les jouets propres au jeune âge, les remplaçait par des livres sérieux, en même temps qu’il exigeait des promenades nocturnes au cimetière, nous nous expliquerons facilement l’air grave, l’esprit inquiet et d’ordinaire mélancolique de celle qui fut élevée à pareille école.

Enfant de huit ans, et malgré une grande timidité de caractère, elle commence h accompagner sa mère dans les fréquentes visites que cette femme charitable fait aux malades et aux prisonniers. Plus tard, munie d’un panier chargé de provisions, elle va consoler ses pauvres maîtresses d’école, les Religieuses Ursulines, incarcérées dans l’ancienne abbaye de Saint-Berthein; mais les soldats en prison excitaient principalement la sympathie de la jeune Rieder : à celui-ci elle donnait un bon conseil, à celui-là quelques sous, à un troisième un petit paquet de tabac, à tous un sourire consolateur.

Un jour, elle trouva au fond d’un cachot un militaire que le conseil de guerre venait de condamner à mort pour un motif qui n avait rien de déshonorant ; et ce malheureux pleurait en songeant à sa mère. « Ne perdez pas espoir, » s’écrie l'enfant compa-

Page 1