ROMANS
Les romans ont tous les défauts du théâtre, moins la mise en scène ; ils en ont de plus grands, en ce qu’ils disent au lecteur tout ce qu’on n’oserait dire à. l’auditeur.
Belouino, Des Passions.
C’est à la lecture de ces productions que nous devons cette foule innombrable de prétendus artistes, de femmes incomprises, de jeunes gens misanthropes et fatigués de la vie. C’est grâce à ces livres que tant de femmes jouent de funestes rôles dans les intrigues qui compromettent à la fois leur honneur, leur repos et la paix de leur ménage. Ce sont les romans qui poussent tant de malheureux au suicide, tant de coupables au bagne et à l’échafaud.
Le même, ibid.
11 est des livres qui ont flétri plus d’organisations, qui
ont amené plus de morts précoces que les excès de débauche les plus outrés : ce sont les productions bizarres et bâtardes de l’esprit humain, où tout est exagéré, invraisemblable ou faux; où des épisodes dramatiques, terribles, bouleversent la sensibilité et les fonctions nerveuses des jeunes gens, irritent et exaltent prodigieusement leurs passions.
Devay, Hygiène des Familles.
En faisant vibrer les fibres les plus sales du (?teur humain, le roman moderne a cela d’antisocial qu’il pervertit tour à tour l’instinct, l’intelligence et le sentiment.
Lauvergne, Les Forçats.
Un des effets les plus nuisibles de la lecture des romans, c’est de nous faire perdre de vue la véritable mesure avec laquelle nous devons les juger. En ne nous offrant que des modèles de constance et de fermeté, cette sorte de livres nous familiarise trop avec l’idée d’une perfection peu compatible avec la faiblesse humaine ; de sorte que, chacun s’attendant à voir cette idée se réaliser en sa faveur, se regarde comme l’objet d’un malheur particulier lorsqu’il vient à être détrompé.
Roussel, Système physique et moral de la Femme.
La lecture des romans est surtout dangereuse pour les femmes, parce que, en leur présentant l’homme sous une forme et des traits exagérés, elle les prépare à des dégoûts inévitables et à un vide qu’elles ne doivent pas raisonnablement espérer de remplir.
Le même, Ibid.
Nous devons, et c’est une des prérogatives de la médecine morale, nous élever avec force contre cette tendance de la littérature moderne à s’emparer du mauvais côté du cœur humain pour l’exploiter dans ccs romans, ces drames, où les infirmités les plus humiliantes de la nature sont dévoilées sans retenue.
Andiul, Cours de Pathologie interne.
Cette littérature de roman, vive, alerte, audacieuse, et qui ne connaît aucune entrave, n’a-t-elle pas ses dangers pour la société? La pudeur et la décence n’ont-elles rien à redouter de ces personnages nus et débraillés qu’on fait poser chaque jour sous les yeux de plusieurs millions de lecteurs? Certes, tous les romanciers ne sont pas passibles de ces reproches; mais la plupart d’entre eux, par le choix de leurs types, tirés des tabagies, des bagnes ou du personnel de la Gazette des Tribunaux , se font, pour ainsi dire, les apologistes involontaires du vice, du libertinage et du crime.
Barbaste, De l'Homicide et de ï Anthropophagie.
Si votre fille lit des romans à quinze ans, elle aura des attaques de nerfs à vingt ans.
Tissot.
Il faut sévèrement interdire aux jeunes gens ces romans immoraux, ces livres obscènes qui pervertissent le cœur et l’imagination, exaltent les sens, et conduisent souvent à, une énervation, prélude de l’hypochondne et des autres maladies les plus graves.
BraChet, Traité de l’ Ihjpochondrie.
« Jamais fille chaste n’a lu de romans... Celle qui. malgré son titre, osera lire celui-ci, est une fille perdue,» s’écrie, dans sa Préface de la Nouvelle Iléloïse , Rousseau, juge sévère de Jean -Jacques.
Henri Roger, Revue Scientifique.