‹ Les médecins moralistesChapitre 320 sur 352 · SOMMEIL · texte numérisé non relu

SOMMEIL

Le sommeil est le règne de l’imagination privée de mentor.

Descdret, Les Merveilles du Corps humain.

Veillez autour du malade qui repose; éloignez-en le bruit, le tumulte et les insectes ennemis; que tout ce qui l’entoure soit soumis au besoin qu’il a du repos; chassez le zèle indiscret, la tendresse déplacée ; reculez un remède que l’heure semble appeler : le sommeil est celui qui lui convient le mieux ; l’abréger, c’est ajouter à ses maux, c’est changer une guérison contre son espérance.

M.-A. Petit, Discours sur la Douleur.

Le sommeil du médecin est le seul qu’on ne respecte jamais.

Cruveiliïier, Des Devoirs et de la Moralité du Médecin.

Pour les Sybarites, le sommeil était le bien suprême,

une pensée, un souvenir même étaient un poids ; ils dormaient pour tout oublier.

Aubert, Physiologie des Passions.

Pour le chrétien, le sommeil n’est qu’un temps d’arrêt dans le travail ; il ne dort que pour mieux reprendre sa tâche.

Souvenirs d'un ancien médecin.

Chose effrayante! nous ne pouvons pas plus nous voir endormir que nous voir mourir : nous perdons par degrés insensibles et le sentiment de notre être, et l’attention qui observe, et la conscience qui apprécie. Nous ne pouvons que prévoir l’instant du sommeil comme l’heure de la mort; car l’attention et la pensée sont déjà loin quand vient la convulsion finale.

Isidore Bourdon, Lettres sur la Physiologie.

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