VICE
A parler en général, l’habitude de certains actes qui dégradent l’être humain se nomme vice , comme l’habitude de certains actes qui nous perfectionnent se nomme vertu.
Descoret, La Médecine des Passions.
Il y a des vices du corps, des vices de l’âme et des vices
qui participent de l’un et de l’autre ; ils forment une famille innombrable et s’engendrent les uns les autres.
Foissac, Hygiène de l'Ame.
Autant la vertu rend la vie aisée et douce, autant, après un court enivrement, le vice la rend fâcheuse et insupportable.
Le même, ibid.
Nous en sommes arrivés malheureusement à ne trouver le vice que dans la grossièreté du langage. Nous avons horreur des mots déshonnêtes, comme nous avons horreur de l’homme qui s’enivre et de la femme qui jure; mais nous souffrons le vice poli , élégant, qui s’insinue dans l’âme avec un certain vernis de belles'manières.
Belotjino, Des Passions.
* Le vice jette ses filets de soie, et prend des troupes entières d’hommes de tout rang et de tout état. Veiller sur tous les désirs séducteurs, non pas lorsqu’ils sont présents, mais quand ils sont encore loin de nous ; vaincre la cupidité en occupant son cœur de plaisirs plus nobles, telle a été de tout temps la plus grande victoire de l’âme sur le inonde et sur elle-même, et la paix intérieure en a toujours été le prix.
Zimmermann, De la Solitude.
L’habitude du mal, qui constitue le vice, se contracte insensiblement par des actes échappés à une conscience légère, entraînée par les sens, par la concupiscence, par l’occasion- En se répétant, ces actes sillonnent la vie, comme la goutte d’eau tombant incessamment creuse la
pierre ; et souvent on se trouve engagé et lié avant même de soupçonner le vice, dont on est l’esclave.
Le vice que l’on poursuit se tient caché dans l’ombre.
Baiuiaste, De l'Homicide el de V Anthropophagie .
Le vice altère le visage des hommes et finit par le décomposer; il détruit plus vite la beauté des femmes : la coquetterie pourrait donc leur donner des leçons de vertu.
Beauchêne, Maximes , Réflexions et Pensées.
Pour être vicieux, il suffit d’avoir un esprit étroit, un cœur pusillanime; pour être vertueux, il faut être véritablement fort ; il faut avoir une âme généreuse et toujours prête au combat. Aussi, à l’homme vicieux sont réservés la honte et l’esclavage; à l’homme vertueux, la vraie gloire et la vraie liberté.
Descuret, La Médecine des Passions.