‹ Les médecins moralistesChapitre 344 sur 352 · VIE · texte numérisé non relu

VIE

La vie est la portion de temps que Dieu a mesurée à chaque homme; elle doit être remplie et honorée par des actions vertueuses et des œuvres utiles marquant le passage de chacun sur la terre.

Foissac, Hygiène philosophique de l’Ame.

Que serait la vie si elle n’était un temps d’épreuves?

Le même, ibid.

La vie est un flambeau qui doit se consumer lente-

ment : plus il jette d’éclat, moins il a de durée; et tel est sans doute le prix que la nature attache à la sensibilité, qu’il iaut lui en payer le don par la brièveté de l’existence.

La vie est un chemin escarpé, que borde de chaque côté un précipice souvent caché par des fleurs : le médecin, le prêtre et le magistrat devraient toujours s’y rencontrer pour tendre une main secourable aux imprudents qui s’approchent trop près des bords.

Descitret, La Médecine des Passions.

La vie est un désert à traverser, l’homme n’y trouve que douleurs et dangers de toute sorte. Ah ! donnez-lui la foi, cette source vive où se rafraîchissent toutes les lèvres altérées, ce baume salutaire qui guérit toutes les blessures ; donnez-lui le bâton de voyage et l’arme de combat.

Belouino, La Femme.

Chacun de nous emploie la première moitié de sa vie • à désirer la seconde; la seconde à regretter la première.

Le même, Des Passions.

Tout ce qui corrompt l’âme abrège la vie, comme tout ce qui vicie l’air en altère l’essence.

Théodore Perrin, De la Périodicité.

La vie n’est pas un bien , elle n’est qu’une condition pour le bien.

Rast, Pensées.

L’espérance d’une autre vie est un besoin vivement

senti, quand on voit la vertu accablée d’infortune, et le vice triomphant sous les yeux d’un Dieu juste et bon, qui n’a livré aucune partie de l’administration de cet univers à un désordre analogue.

Bérard, Rapports du physique et du moral.

La vie humaine se compose en quelque sorte de deux parties; quand la portion qui frappe nos regards finit, c’est comme lorsque le soleil disparaît de notre horizon pour éclairer un autre hémisphère : elle n’éprouve aucune interruption dans sa course immortelle.

Le même, ibid.

A force de réfléchir sur ce qui pourrait être meilleur, on oublie tout ce qui est bon. Celui qui prend toiijours les choses par le mauvais côté, qui veut que tout ce qui est de travers et qui doit rester de travers, soit droit, perd volontairement beaucoup de plaisirs ; car, sans le grand nombre de têtes de travers, la vie ne serait pas moitié si divertissante.

Zimmermann, De la Solitude.

Un impie peut avoir des motifs pour s’attacher à la vie; mais, pour un chrétien qui s’épouvante à l’idée de la mort, je ne vois point de milieu : il est ou trop sensible aux biens du monde, ou sans espérance d’une vie future.

Thomas Broavxe, La Religion du Médecin.

Il faut diminuer l’intensité de la vie, lorsqu’on veut en prolonger la durée.

Reveillé-Parise, Physiologie cl Hygiène des Hommes livrés aux travaux de l’esprit.

Le grand secret de la vie est de tirer tout le parti possible des âges par lesquels nous passons, d’avoir les fleurs et les fruits.

Le même, Eludes do l' Homme.

Nourrir son corps, son esprit et son âme, c’est puiser aux trois sources de la vie, c’est acquérir toutes les garanties possibles contre une mort avant terme.

Tuéodore Perrin, Rapporl sur l'Etablissement des Jeunes Filles incurables.

L’être qui ne vit point de la vie qui lui est propre est dans la mort ; car il n’est pas dans son rapport naturel avec son principe, et, par conséquent, il n’en reçoit ni la vie ni la nourriture dont il a besoin.

L'abbé Badtain, docteur en médecine, Philosophie morale.

La vie se compose en général de petites choses. Cependant les petites choses finissent par en faire de grandes, comme les gouttes de pluie forment les ruisseaux, et les ruisseaux, des fleuves. Fidèle dans les petites choses, on apprend à le devenir dans les grandes, et c’est vraiment par elles que nous nous élevons ou nous dégradons peu à peu; car elles forment les habitudes, bonnes ou mauvaises, d’où viennent les vertus et les vices.

Le même, ibid.

• Le berceau et la tombe se correspondent, comme les deux pôles de la vie terrestre. Ils ont l’un et l’autre un caractère sacré ; car ils renferment un mystère. Ils sont au fond la même chose à deux époques diverses, sous

deux formes différentes; car l’homme naît pour mourir et meurt pour renaître.

Le même, ibid.

La vie n’est pas un don gratuit de la Providence, c’est avant tout une tâche, une mission à remplir ; si elle confère des droits, elle impose des devoirs.

Feucutersleden, Hygiène de l’Ame.

Y a-t-il un art de prolonger la vie? A ceux qui le connaissent, enseignez plutôt Part de la supporter.

Le même, Maximes et Pensées.

Tout le secret de l’art de prolonger la vie, c’est de ne pas l’abréger.

Le même, ibid.

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