‹ Les médecins statisticiens devant la question homoeopathiqueChapitre 11 sur 12 · IX · texte numérisé non relu

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{' ) L'observation 11° io est supprimée ainsi que le n" 28, oii les pulsations ne sont pas comptées.

• Voilà à quelles pneumonies graves M. Valleix compare ses deux observations de pneumonie bénigne et les quatre analogues.

Une analyse exacte de ces deux observations démontre qu'aucune n'est semblable à celles de M. Tessier, ni pour l'âge, ni pour le siège et l'étendue de la lésion, ni pour les symptômes généraux, qui sont si peu marqués dans les cas de M. Valleix, qu'ils en offrent le type des pneumonies bénignes. Ainsi, le pouls, dans les deux observations citées, a été, comme maximum, dans l'une, de 92 pulsations; dans l'autre, de 78 pulsations. Cela ressemble-t il aux ^00 et 420 pulsations des faits de M. Tessier ? Puis, au point de vue de la décroissance, elles présentent la progression suivante :

Jour d'entrée.

lO^JOUR.

Dans la V^ observation.

Dans la 2® —

92 puis.

78 puis.

Ainsi, dans Tune et l'autre, le lendemain de la crise, ]q pouls tombe à 44 ; mais, comparées l'une à l'autre, quant à la décroissance, elles ne se ressemblent pas entre elles. Comparées à celles de M. Tessier, voyons si elles leur sont semblables et identiques^ et sur quoi peut porter cette idenliié. Sur les 37, on en trouve quatre où le jour d'entrée, comme dans les cas de M. Valleix, a lieu le 6^ jour.

Dans la 1^^

observ.

10e JOUR.

Dans la 2e

Dans la 3^

Dans la 4^

Dans ces quatre cas, pas un seul ne ressemble aux autres.

— lis —

Aucun n'est semblable à ceux de M. Valleix. Et que serait-ce si on établissait la comparaison avec les autres d'un jour d'entrée différent et d'une gravité plus considérable ?

Ainsi, âge, caractère des symptômes, siège et étendue de la lésion, décroissance du pouls, tout établit la non-existence de cette identité, et , cependant, M. Valleix conclut, de cette identité mystérieuse, à l'inefficacité de la méthode de Hahnemann. Sa conclusion n'est donc pas en rapport avec ses prémisses.

Mais ce n'est pas seulement au point de vue de la chute du pouls que M. Valleix a cité ces deux observations et mentionné les quatre autres ; c'est aussi comme preuve expérimentale de la guérison spontanée de la pneumonie.

A ce sujet, nous croyons avoir le droit d'adresser tout d'abord à M. Valleix un reproche capital. La loyauté lui faisait un devoir, non de citer ces 6 cas seulement, choisis exprès, mais de fournir au public une statistique exacte, un résumé complet de toutes les pneumonies qu'il a reçues dans son service depuis deux ans ; le nombre précis de celles qu'il a laissées marcher seules, et le chiffre de celles où il a été obligé de recourir à la saignée et au tartre stibié en face des progrès alarmants de la maladie, quoique en les soumettant tout d'abord à l'expectation, il les eût jugées d'avance dans de bomies conditions de guérison spontanée. Pour établir un parallèle rigoureux, cette mention des cas abandonnés à euxmêmes d'abord, puis traités énergiquement ensuite, était de toute nécessité. Pourquoi a-t-il passé sous silence toutes ces tentatives d'expectaiion, que nous savons être bien plus nombreuses que M. Valleix ne l'indique? C'était pourtant le seul et unique moyen de savoir scientifiquement si cette expectation et la méthode de Hahnemann donnaient les mêmes résultats. Mais non-seulement il a soin de tenir tous ces faits à l'écart, mais, encore une fois, il en a dissimulé le nombre : c'est que^ par cette expérience personnelle, par ces faits à lui pro[)res, il savait qu'il allait démentir cette prétendue tendance à la guérison spontanée, et il en serait résulté une réfutation de son hypothèse par lui-même.

Mais, dîra-t-îl,en cessant l'expeclation devant l'aggravation sérieuse du mai, j'ai agi sagement, pour ne pas faire courir des risques à la vie des malades. C'est vrai, c'est avoir agi sagement. Mais il n'a pas agi de même en ne mentionnant pas le nombre de ces tentatives infructueuses, et il s'est exposé à ce que, à raison du silence dont il couvrait le plus grand nombre, on ne prît pas ces % comme une expérimentation sérieuse et concluante.

Et puis, enfin, quel médecin oserait, au début de toute pneumonie, en pronostiquer la gravité future? Qui ne sait que la pneumonie a une marche insidieuse, et que tel cas, ainsi que l'a fait remarquer M. Grisolle, qui paraissait léger, présentera bientôt une extrême gravité? Comment se fait-il que, chez tous les malades de M. Tessier, on n'ait été forcé de recourir à une autre médication que la médication homœopathique, tandis que M. Valleix, en soumettant à l'expectation celles qui lui paraissaient dans de bonnes conditions de gnérison spontanée^ ait été obligé (nous insistons sur ce point à dessein), deux fois sur six, de recourir à un traitement énergique? Or, quand nous disons deux fois sur six, nous sommes au-dessous de la vérité (1).

(1) Un mot à M. Valleix à propos du malade passé de son service dans celui de M. Tessier. II prétend avoir déclaré que ce cas n'avait évidemment aucune gravité. Je tiens à établir la vérité complète sur ce point, attendu que c'est sur ma demande que ce malade a été soumis au traitement par la bryone. J'en appelle au souvenir et à la loyauté de mes collègues à l'hôpital Sainte-Marguerite à cette époque, MM. Duhamel, Fatou, Roche, Gaillard. Voici le récit exact de ce qui s'est passé. M. Valleix et ses élèves, élevant sans cesse des doutes sur la précision du diagnostic des pneumonies traitées chez M. Tessier, et cela sans se donner la peine de venir les contrôler, puis sur les succès constants du traitement, je fis demander à M. Valleix, par MM. Duhamel et Gaillard, de vouloir me permettre d'administrer la bryone dans ses salles, sous ses yeux, à la première pneumonie qu'il y recevrait. M. Valleix y consentit. Le jour où ce malade entra à la salle Saint-Charles, MM. Duhamel et Gaillard vinrent m'annoncer qu'ils avaient une belle imeumonie de tout un poumon, bien constatée, et que M. Valleix, après cette constatation, voulait bien la laisser traiter par la médication hahneniannienne. Je me rendis donc à la salle Saint-Charles pour adminislrcr la bryone, et j'y trouvai M. Valleix occupé à signer ses cahiers de visite. « Vous venez, me dit-il, traiter ce ma-

Au reste, ce fait de la guérison spontanée des pneumonies de gravité moyenne serait vrai, régulièrement établi par ces expériences du critique, qu'il ne prouverait rien contre les faits de pneumonies très-graves rapportés par M. Tessier.

ladeici; cela ne se peut pas. Faites-le passer dans votre service; pour moi je ne prendrai jamais la responsabilité de pareilles expériences dans mes salles.y> Le passage s'effectua. M. Duhamel, son interne, fut chargé de recueillir l'observation avec soin, et tous les élèves vinrent chaque jour à la salle Saint- Benjamin assister à l'évolution de la maladie.

Voilà ce que j'affirme avoir été dit et fait. Le souvenir de mes collègues témoignera de l'exactitude absolue de ce récit, d'après lequel M. Valleix est fort loin d'avoir déclaré d'avance ou même d'avoir fait pressentir le peu de gravité du cas. Cette déclaration, un an après le résultat de l'expérience et après sa publication, ne peut être qu'une erreur de souvenir de la part de M. Valleix. Le mien est fort précis, d'autant plus précis que depuis cette époque j'ai eu l'occasion d'en rappeler toutes les circonstances, en présence de M. Battenberg, à M. Duhamel, qui en est convenu parfaitement, ainsi que de la conversation qui eut lieu entre lui, M. Fatou et moi à l'occasion de ce même malade.

Le jour où ce malade passa dans les salles de M. Tessier était un jeudi. M. Duhamel croyait si peu au succès du traitement, il avait été si peu question de la non gravité du cas, que, me prenant à parti, il me dit : « Vous êtes donc bien sûr de guérir ce malade promptement? — J'en suis si sûr, que je vous annonce pour dimanche la chute complète des principaux phénomènes. Tous les cas que j'ai suivis ont cédé, règle commune, le troisième jour du traitement; votre malade ne fera pas exception à cette règle. — Oh ! pour le coup, j'irai le dire à Rome. — Vous pouvez faire vos apprêts de départ. »

Le dimanche, comme l'observation le constate, le malade, après une crise, entrpit en convalescence.

«J'ai tenu ma parole, lui dis-je ce jour-là; voulez-vous maintenant que d'ici à mardi, en continuant la bryone, on fasse tomber le pouls à quarante pulsations? — Oh ! la charge est par trop forte : nous verrons bien. »

Le mardi, M. Duhamel, à son grand ébahissement et à celui des autres élèves, enregistrait pouls, 40.

Nous rapportons ces détails, si peu importants qu'ils puissent être, parce qu'ils caractérisent nettement la situation d'esprit où nous étions tous à l'éo-ard les uns des autres au moment et à l'occasion de cette expérience. Voilà pourquoi M. Tessier a dit que ce fait avait paru décisif à tous ceux qui l'ont suivi, dans les limites où un fait isolé peut l'ôlre. S'il en eût été autrement, pourquoi, en outre des circonstances que j'ai rapportées, faire passer ce malade dans le service de M. Tessier? Pourquoi en faire recueillir l'observation? Pourquoi cette lecture à la Société médicale d'observation? Pour-

En résumé, ces 6 cas sont des exemples de forme bénigne; ils prouvent seulement que cette forme abandonnée à ellemême peut parfaitement guérir. Nul ne Ta jamais contesté, et M. Tessier moins que tout autre. Lorsque M. Valleix nous aura fourni la statistique complète de tous les cas, sans distinction, qu'il a essayé de laisser marcher seuls, alors seulement on saura ce qu'il faut penser de l'expectation. Jusquelà, ces six faits, choisis à plaisir, sont comme non avenus, et ne prouvent rien de ce qu'il en espérait. — Il en est de même pour la chute du pouls. Que, dans quelques cas de pneumonie bénigne, le pouls soit devenu très-rare après les crises terminales, cela est bon à noter ; mais cela ne prouve pas plus l'inefficacité de la bryone que celle du tartre stibié. La chose capitale, c'est la décroissance progressive, si rapide du pouls, chez les malades traités parla méthode hahnemannienne, et la promptitude de la guérison dans des cas d'une gravité très-réelle^ quoi qu'en dise M. Valleix. Or, sur cette partie, il est resté complètement muet, ce qui fait que son objection n'est pas plus sérieuse que les autres.

quoi M. Valleix n'a-t-il pas affirmé à ce moment devant cette Société que ce cas n'avait évidemment aucune gravité? Encore une fois, ses souvenirs le servent mal, et j'en appelle des miens à ceux de mes collègues.

A l'occasion de cette rectification, je prends la liberté d'en faire une seconde.

En énumérant les cas de pneumonies bénignes laissées à elles-mêmes, M. Valleix dit : « Nous avons encore observé cette chute du pouls chez un étudiant en droit, ami de M. Roche ; malheureusement Vohservation a été fer due. » Je puis affirmer à M. Valleix que cette observation n'a pas été perdue, farce qu'elle n'a fas été prise. L'ami de M. Roche est aussi le mien; et je tiens de lui que chaque jour il a été examiné, percuté, ausculté; mais qu'il n'a été pris aucune note écrite de sa maladie par personne. Par qui M. Valleix a-t-il été trompé? Est-ce par le même narrateur qui l'a si bien renseigné sur ce prétendu choix de malades pour le choléra, et que nous discuterons plus loin ? La chose vaut ia peine d'être éclaircie, parce que sa religion a été trompée.

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