‹ Les médecins statisticiens devant la question homoeopathiqueChapitre 4 sur 12 · AMÉLIORATION · texte numérisé non relu

AMÉLIORATION

si. W?ï

Jï. fl's-l

Dans ce tableau nous n'avons donc signalé que les traits cardinaux de l'histoire de la pneumonie, ceux qui par leur existence simultanée ou successive fondent le diagnostic certain de cette maladie, ceux dont le degré d'intensité est la base du pronostic Or, au -premier coup d'œil, tout médecin qui a l'habitude des malades verra que ce sont des pneumonies qui, dans la majorité des cas, ne devaient pas nécessairement quérir. Encore une fois, M. Valleix a émis une opinion contraire, mais sans la moindre justification. Pour nous, il nous a paru plus loyal et plus rigoureux de dresser cette esquisse sous les yeux du lecteur, et d'opposer ainsi des preuves à son assertion, des faits à sa manière de sentir.

Le pronostic de la pneumonie s'établit principalement sur l'âge des malades et leur constitution , sur l'étendue de la lésion pulmonaire, sur les degrés de la dyspnée^ le caraclère des crachats, enfin sur le mouvement fébrile, dont l'accélération du pouls est un des premiers caractères. La plupart des autres si^^nes de cette maladie sont ordinairement en rapport avec ceux-là, et suivent, règle générale, leur variation de degré ou de forme, d'intensité ou de durée On peut donc, d'après l'ensemble des symptômes constitutifs notés dans le tableau, juger avec certitude de la plupart des autres, et par conséquent de la bénignité ou de la gravité de la maladie tout entière.

Au point de vue de l'âge, nous comptons : de ^3 à 50 ans, 9 malades; de 50 à 40, ^V, de 40 à 70 et au-dessus, ^ 8. L'âge moyen des 4;! malades est de 40 ans ; l'âge moyen de 51 d'entre eux est de 50 ans. Or, si la mortalité est d'autant plus considérable, si l'affection est d'autant plus grave que l'âge est plus avancé, il est évident que, sous ce dernier rapport, la grande majorité des individus se trouvent dans les conditions les plus défavorables, c'est-à-dire que les trois quarts de ces pneumonies appartiennent à la catégorie des cas graves. Donc, sous ce premier rapport, M. Valleix, qui a établi tout récemment dans le Bulleiin de thérapeutique la progression de la mortalité suivant les âges, ne peut croire à son as-

~ 29 serlion : « Dans la majorité des cas, la maladie n'avait pas de gravité réelle. »

Le pouls, dans ^8 cas, a présenté de 416 à ^20 pulsations et au-dessus ; dans ^5 cas, de -100 à II 6. Dans les autres cas, les plus rares, de 90 à -) 00.

Dans presque toutes les observations , l'oppression est signalée comme intense ; dans quelques-unes la respiration est non-seulement accélérée, mais encore entrecoupée, intermittente. Le point de côté y est variable, de la douleur la plus vive à une simple gêne thoracique.

Les crachats caractéristiques existent dans tous les cas, à l'exception de deux, dont Tun appartient à M. Valleix. Partout ils sont rouilles, visqueux, plus ou moins abondants, avec des variations de densité et de couleur qui impriment a l'inflammation un caractère de gravité plus ou moins prononcée.

Enfin, pour la lésion des poumons, dans cinq cas les deux poumons sont affectés ensemble ou successivement, c'està-dire que l'on compte cinq pneumonies doubles. Dans les autres, c'est tantôt un des deux poumons tout entier qui est enflammé, tantôt la moitié ou les deux tiers qui sont envahis. Ainsi, âge avancé des malades, oppression considérable, mouvement fébrile intense, grande fréquence du pouls, caractères de l'expectoration, étendue des lésions analomiques, voilà tout ce qui prédomine dans cet ensemble d'observations.

Un tableau de ce genre, nous le savons, est une pièce fort incomplète ; et, pour juger sainement du plus ou moins de gravité de toutes ces pneumonies, il est indispensable à chacun d'en lire et d'en analyser les observations. Tel qu'il est pourtant, il suffit, ce nous semble , pour répondre péremptoirement à l'assertion de M. Valleix et pour démontrer l'erreur matérielle qu'elle affirme.

Passons maintenant à une objection complémentaire, dans l'esprit de M. Valleix, de cette dépréciation de la gravité des cas.

Page 1