‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 149 sur 243 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

espèce et tout soupçon de corps ! (Dionysii Pictavii. . . de AîiyeliSj l. I, m que... de Angel, natura..., p. 17. — Lutetia Parisiorumy 1644.)

Mais depuis saint Jérôme, depuis saint Thomas d’Aquin, depuis le célèbre théologal de Milan et le savant P. Petau, la question n’aurait- elle fait aucun mouvement vers une solution contraire? Non, nullement, si ce n’est chez quelques philosophes séparés du catholicisme. Imités depuis par les pauvres et absurdes sectes du spiritisme, plusieurs de ceux-ci rétrogradèrent dans le sens de l’idolâtrie et de la doctrine desthéurges(Porp/^2/?^,f/e«Z>^^m.;, 1. Il, ch. xxxviii, xxxix, etc.) et revêtirent l’âme d’un corps spirituel. Hâtonsnous cependant d’excepter du nombre de ces dissidents quelques-uns des noms les plus glorieux pour l’intelligence humaine, tels par exemple que ceux de Bonnet et de Leibniz!...

L’une des autorités contemporaines les plus fortes dans la science de l’Église, le savant D’’ Perrone, s’armant de la parole Ihéologique, nous a donné, dans ces termes, le dernier mot de la question : Les anges sont des substances immatérielles coinjolètes , et c’est là ce qui les distingue de nos âmes ; car celles-ci sont des substances spirituelles incomplètes, non point toutefois en tant que substances, mais quant à leur destination, qui est de former un tout complet par leur union avec un corps. Les anges sont donc de j)urs esprits, et des esprits com'plètemem.t incorporels : meri sjnritus ornnis corjooris expertes.

Enfin , d’après le môme docteur, le quatrième concile de Latran ^ repousse ici jusqu’à l’ombre du doute. Pénétronsnous bien de la parole de celte assemblée majestueuse :

‘ L’un (les plus célèbres conciles généraux , et dit le grand concile, en raison du grand nombre d’évêques qui s’y trouvèrent réunis, etc. Il fut tenu en 12'lü. Utranique condidit créât urain, etc.

LE MONDE MAGIQUE

« Dieu seul est le principe des ôtres visibles et invisibles. Lui seul a fait sortir du néant la créature spirituelle ^ et la créature corporelle, c’est-à-dire celle qui est angélique et celle qui est terrestre, sans omettre la créature bumairie, c’est-à-dire celle qui, étant composée de corps et d’esprit, participe de ces deux autres. »

La doctrine de ce concile veut donc que la nature angélique soit purement spirituelle, puisque la nature humaine occupe le milieu entre ce qui est esprit et ce qui est corps. Que si, d’ailleurs, nous étudions cette doctrine en la serrant de près, et sans, en aucun temps, la perdre de vue, nous la verrons, jadis et aujourd’hui , réunir en sa faveur les enseignements de la tradition, le sens de tous les textes de la sainte Écriture, et l’autorité de presque tous les Pères de l’Église grecque et de l’Église latine L

CONCLUSION

La prudence et la raison rangent donc naturellement le troupeau des fidèles du côté de celte opinion qui, pour les docteurs du catholicisme et pour nous, est la raison meme. Oui, les anges et les dépens sont de purs esprits; et pourtant nulle décision directe , iwsopi h ce jour, n’entrave et ne lie sans retour le corps des pasteurs. L’Église peut donc attendre , dans la plénitude de sa paix et de sa liberté , les

^ Ingenti velut agmine. — Præléctiones theol., P. Perrone, in colleg. Rom. theol. profess. T. P'’, Paris, 1842. édit. Migne. P. Tract, de Deo Créât., pars P'», cap. 2. De Nat. Angel., p. 628 à 638. Le P. Perrone s’accorde complètement avec le P. Thyrée, célèbre théologien démonologue du seizième siècle : Loca infesta, p. 288, 289, avec saint Thomas, avec le P. Ventura , lire sa septième conférence. Cependant, ajoutent les annotateurs du P. Perrone, p. 628 , et de saint Thomas, le décret rendu par le quatrième concile de Latran, bien qu’exprimant la vérité, ne lie point rigoureusement encore la croyance des chrétiens. Et la raison, c’est que le concile n’a pas eu l’intention de régler d/?'ectemenl ce point de doctrine. Il ne s’agissait, pour cette assemblée, que d’établir contre les manichéens que Dieu est le créateur des esprits et des corps. {Ibid., lire M. Pablxi Thiboudet, Ùes Esprits, p. 38. 1854.)

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