‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 148 sur 243 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

mission de l’ange Raphalil auprès du jeune Tobie, ou de l’ange Gabriel auprès de la Vierge immaculée qui enfanta le Christ.

Ou bien encore, ces écrits ont des sens nécessairement relatifs; et nous les voyons modifiés, dans le même Père, par des passages qui prendraient le caractère de contradictions véritables si l’on ne se donnait la peine de rapprocher tous ces textes pour n’en former qu’un sens unique et général. C’est ainsi que saint Hilaire semble se poser contre luimême , après avoir prononcé les paroles qui voulaient tout à l’heure qu’à notre âme séparée du corps s’attachât encore une substance corporelle inhérente à sa nature. Écoutons-le dans son Traité sur les psaumes : L’homme intérieur, fait à l’image de Dieu, est tout incorporel, et son âme n’a rien de corporel

. Voici de quelle sorte le savant théologal de Milan, Antoine Rusca, s’était exprimé sur ce point dans son Traité de V Enfer, et de l’état des dénions ava^it la fin du monde : Les démons sont-ils naturellement revêtus d’un corps quelconque ? Grande question à laquelle nous répondrons que quelques Pères de l’Église, et quelques théologiens plus modernes, ont pensé que la créature angélique était corporelle. Théophylacte donne aux démons un corps des plus matériels; car, non-seulement il les appelle corporels, mais, si vous ajoutez foi à sa parole , ils aiment à se repaître de chairs et se délectent du goût des vapeurs matérielles. {Theoph. in c. i. Marci.) Ceux qui professèrent cette opinion en firent l’emprunt à la philosophie de Platon. La corporéité des démons est un des dogmes les plus célèbres de cette école philosophique.

Mais, aujourd’hui, les docteurs sont tellement d’accord sur

' ...Nihil in se liabet corporale. — In psal. 119. 2" G, etc. — Lire saint Thomas, part., ((uest. 50 et |)liis encore 51.

LE MONDE MAGIQUE. ,i

l’immatérialité de la substance angélique que l’on aurait peine à en découvrir un seul qui soutînt l’opiniori contraire, i

Et tant s’en faut que cette croyance ait rien de nouveau ^ |

car les Pères les plus anciens se sont prononcés sur ce point de la manière la plus nette. Écoutez-les, et il est de toute certitude que la créature spirituelle ne possède dans sa nature aucun alliage de matière aucun mélange corporel, si ténu, si subtil et inaccessible à nos sens qu’il nous plaise de le concevoir. C’est du texte de nos saintes Écritures que ces Pères ont tiré ce jugement... 4>nsi, saint Jérôme accusait-il Origène d’erreur pour avoir aflirmé que les démons avaient été précipités dans des corps de substance aérienne C’était réfuter, d’un mot, la fable si follement accréditée des amours de la créature angélique avec les filles de l’homme dont la beauté les avait séduits. (Id.^ voir p. 457, 459.) Nous disons les amours naturelles, et nous nous réservons de nous ex[)liquer dans un autre ouvrage. Mais une page du savant P. Petau doit suivre les quelques lignes empruntées au docte théologal de Milan :

R. Moïse Maimonide est incontestablement considéré parmi les Juifs comme le docteur de la science la plus éminente. Or, il établit que les anges ne sont ni matière ni corps , et que leur substance est , de tous points , étrangère à l’une et à l’autre de ces deux choses. Et c’est là ce que déjà, longtemps avant lui, nous enseignait le Juif Philon, son compatriote. (Jn iis libris quos in 1" cap. citavimus.

Et Aben Hezra in caput Exodi xxvi.) Il est d’une certitude parfaite, concordante avec les saintes Écritures, — et la tradition catholique , c’est-à-dire avec les traditions juive et chrétienne , — que la nature de l’ange repousse toute

1 Milan, '1621, p. 369, 37'!, 37b, 376. Antoine Rusca, théologal, désigné ])ar le savant cardinal Frédéric Rorroniée pour traiter l’effrayant sujet de l’enfer, etc. /

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