CHAPITRE SEIZIÈME
Le fantôme de l’homme existe-t-il, sous un nom ou avec une utilité quelconque, renfermé clans son corps? Est-il. libre d’en sortir et d’agir avec ou sans l’àme? Est-il principe de vitalité? — Exemple. Diez et ses quatre valets. — Peuples anciens; — Ce fantôme humain est une àme secondaire. — Ces âmes sont mânes, lares, larves, lémures, génies-serpents ou démons, et les démons sont dieux. — Leurs fonctions canines et vengeresses en l’autre monde. — Chine : le Houen, àme secondaire ou vitalité de. l’homme et principe du fantôme. — Exemple. — Comment il faut ruser avec le Houen, à la mort, pour se délivrer de ses poursuites.
Nous avancerons d’un pas dans la poursuite de notre sujet et nous commencerons à entrer dans l’étude, si piquante pour notre curiosité, du fantôme ’JiiüTiain , en nous posant cette question : Un esprit de matière', un esprit-corps et semblable à celui que, tout à l’heure, certains docteurs prêtaient aux démons et aux anges, est-il naturellement uni. à
LE MONDE MAGIQUE
la substance de nos Ames? Ce corps spirituel alde-t-il aux opérations de nos Ames, soit en nous pendant la vie, soit hors de nos débris périssables après la mort? Est-ce enfin cet esprit-corps ou cet arôme corporel qui, par la condensation facultative de ses parties, se fait voir et tombe sous nos sens lors des apparitions de nos mAnes ou de nos fantômes?
« Les Ames, qu’elles soient ou non réunies à leurs corps, ont, en outre , une substance corporelle inhérente à leur nature. » Voilà ce qu’un célèbre docteur de l’Église avançait il n’y a qu’un instant'. Ce quelque chose, cette substance intermédiaire entre l’Ame et notre corps tangible, serait-ce donc un corps Iluidique, un corps-Esprit? et conviendrait-il d’interpréter ces paroles au sens du grand Apôtre : « S’il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel » ? (Corinth., ch. xv, f.4â.)
Certes, je me garderai bien d’appuyer sur un texte si sacré cette très-curieuse opinion. Je laisserai plutôt le lecteur observer que, loin d’y trouver l’évidence ou la probabilité la plus faible, elle y rencontre un démenti formel; car les paroles apostoliques nous entretiennent non point d’un corps renfermé dans un autre, mais de notre corps transformé; c’est-à-dire du corps épais et solide, exigeant et gênant, que nous nous connaissons tous, et que chez les élus une glorieuse résurrection transformera. (Jmmutabimur, sed non omnes. I. Cor., ch. xv, f. 51, 52.)
Ce corps intermédiaire, dont il s’agirait de constater l’existence, n’est donc point le corps futur et glorieux dont les mérites réparateurs de la rédemption doivent nous revêtir, le jour où voleront en éclats, sur le signal de Dieu, les portes du tombeau; mais, existe-t-il cependant un corps ACTUEL, occulte, mystérieux, engainé pour ainsi dire dons celui que nous nous connaissons? Enfin, nous serait-il possible * Saint Hilaire, Com. in Matlh., c. v, n° 8.'