‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 165 sur 243 · CHAPITRE DIX-SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIEME

de ses fonctions organiques, et photographié sur le vif en pleine Europe, par la science médicale?

Essayons donc de le savoir. Et ce que nous devrons entendre par le Jwuen^ pour le moment, ce sera purement un fantôme élastique, une image du corps, un type fluidique [imago y simulacrum , eidôlon)^ modelant sur sa 'propre configuratio'n la matière de nos corps , et faisant pénétrer avec lui, dans notre personne, le principe du mouvement et de la vie animale.

Ouvrons les yeux, et que notre attention s’attache à saisir, dans l’organisation de nos corps, une force 'naturelle ^ quoique nrystérieuse , qui soit le principe de la vie et de la végétation de nos membres ; une force ayant , en conséquence, désir appare'nt ou puissance de reproduire, — ainsi que chez quelques animaux intimes, dans la hiérarchie des êtres, — les parties que le fer a mutilées ou qu’un accident a séparées du corps !

Dans tout le corps, et dans chacune des parties de l’animal, il y aurait, — si la supposition que renferment ces premières lignes est justifiée, — une de ces forces que nous appellerons du nom philosophique et théologique de forme ^ c’est-à-dire de principe vital-et-modelant de l’être ‘ ! Cela équivaut à dire qu’il y aurait en nouSj en admettant pour un instant que cette forme se puisse rendre visible, un spectre, simidacrum , image et type de l’être physique. Et cette similitude, ce type spectral, aurait pour destination de

‘ La nécessité d’étre aussi clair que facile à comprendre pour tout le monde m’engage à remplacer quelquefois l’expression technique que j’emploie en ce passage par une autre qui n’a point une égale précision. Gardons-nous ici de confondre le terme forme, avec le terme fort différent de configuration. La forme est le principe constitutif d’un être, le faisant ce qu’il est, et non point autre chose. Ainsi l’àme humaine est-elle dite, dans ce sens, la forme du corps, parce qu’elle donne au corps la configuration et V existence. C’est le terme de l’ancienne école.

Llî MONDE MAGIQUE.

servir conime de moule ou patron à notre corps, pour le produire et le réparer, pour le former et le configurer.

Déjà Platon, cet éloquent écho de tant de grands hommes et de tant de doctrines, bonnes ou pétries d’erreurs et détestables, avait écrit ; « On dit bien d’un individu, en particulier, qu’il est, et qu’il est le meme. On en parle comme d’un être identique, depuis sa première enfance jusqu’à sa vieillesse; et cela, sans considérer qu’il ne continue pas de présenter les mêmes parties, qu’il naît et se renouvelle sans cesse ; qu’il meurt sans cesse dans son ancien état, et dans les cheveux et dans la chair, et dans les os, et dans le sang; en un mot, dans le corps tout entier! » (Platon, Banquet, trad. de M. Cousin, p. 309.)

Cuvier, ce merveilleux génie pour qui le plus fruste débris de la nature avait une langue, racontant au profit de l’avenir toutes les phases du passé, Cuvier s’écriait plus tard : « C’est se faire une idée fausse de la vie que de la considérer comme un simple lien qui retiendrait ensemble les éléments du corps vivant, tandis qu’elle est, au contraire, un ressort qui le meut et le transporte sans cesse. Le co?ys vivant ne garde pas un instant le même état et la même composition. Aucune molécule n’y reste en place ; toutes entrent et sortent successivement. La vie est un tourbillon continuel, dont la direction, toute compliquée qu’elle est, demeure toujours constante, ainsi que l'espèce des molécules qui y sont entraînées, mais non les molécules Individuelles elles-mêmes. Au contraire, la matière actuelle du corps n’y sera bientôt plus; et, cependant, elle est dépositaire de i.\ force qui contraindra la matière future à marcher dans le même sens quelle. Ainsi, la forme de ces corps, » que, dans son éiwi de visibilité supposée, nous regardons, pour un instant, comme étant leur houen^ leur fantôme, leur vitalité sensible; cette force, disons-nous, leur « est plus essentielle que la matière,

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