‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 195 sur 243 · CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME

ment indépenda7ile de l’inlelligence »; ni que, (( le cerveau enlevé , toute l’intelligence soit perdue, et que , cependant, toute In vie subsiste » {Cosmos, p. iij 22 janvier 1858); si bien que l’intelligence et la vie seraient deuæ principes évidemment distincts, puisque le fer les aurait séparés !

Devant une erreur si grossière, et qui s’appliquerait à l’homme par voie de déduction, après s’être appliquée à la bête soumise à l’art expérimental , nous nous récrierions au nom du bon sens et de l’expérience des siècles. Nous invoquerions cette loi de simplicité et à'unité qui veut que V intelligence et la vie, c’est-à-dire que le rôle intellectuel et le rôle vital, dans la personne vivante, ne soient que l’exercice des facultés et des fonctions diverses et concordantes d’un môme principe, d’une môme âme. Fonctions dont l’âme s’acquitte simultanément, et semblable en ce point au pianiste qui manœuvre à la fois, par les mains, le clavier et, par les pieds, les pédales de l’instrument auquel son intelligence et ses mouvements donnent les transports et la suavité d’une ame musicale. La distinction des organes de l’homme ne nous permet donc pas plus de rapporter à deux principes diflérents les facultés intellectuelles et vitales de son âme, que la suppression de ses organes ne nous oblige d’admettre la suppression de ses facultés.

Mais après nous être exprimé en termes si clairs, ne craignons plus de nous écrier avec l’illustre académicien : Oui, « l’animal qui a perdu ses lobes cérébraux * ne perçoit plus, ni n’est plus capable ni ne se soiment

plus, ni ne juge plus, ni ne veut plus; mais il continue à vivre, à se nourrir, à se mouvoir et môme à sentir. Il y a

' Et par suite son intelligence, ajoute avec inexactitude M. Flourens. Contentons-nous de dire ; Et i)ar suite l’usage de son intelligence , s’il en e^t doué.

3S2 LE .^lONDE MAGJQÜE.

donc une ligne de démarcation profonde entre percevoir, se souvenir, juper, vouloir ^ d’une part; et, d’autre part, vivre, se nourrir, se mouvoir et même sentir. Percevoir, se sourenir^ juger, vouloir, tout cela c’est pknseu; se nourrir, se mouvoir, sentir, tout cela c’est vivre. Il y a une ligue de démarcation profonde entre penser et vivre. » [Ici., p. lli.) Et cependant, les facultés de penser et de vivre dérivent d’un môme et unique principe animique!... Mais ce môme principe trouve en nous, tout préparés pour l’exercice de chaque faculté différente, des organes tout distincts, c’est-à-dire des instruments qui diffèrent.

Quelle que soit la profondeur de celte ligne démarcative, elle se borne donc à distinguer les facultés diverses d' une meme âme, et les organes servant à l’exercice de ces facultés. Elle ne sépare, en. aucun cas, les facultés distinctes de deux âmes différentes, dont l’une serait principe de la pensée, X ïwAve principe corporel ou vital!... Sinon, pourquoi ne pas nous forger tout aussi bien autant d’âmes, ou de principes fonctionnels ou vitaux, que de facultés ou d’organes? Il n’en coûterait pas à l’imagination un effort de plus! Aussi, M. du Potet, illusionné par les invisibles agents du magnétisme, place-t-il dans chacun de nos organes un esprit tout spécial.

Et, d’ailleurs, l’union des facultés si distinctes de l’homme, et la merveilleuse unité de l’âme en qui ces facultés rayonnent, éclatent encore dans des circonstances aussi faciles à saisir que décisives. Frappez, en effet, l’homme vivant dans l’une des parties capitales de son corps, et la mort est instantanée! C’est que vous avez atteint sa personne dans un des centres de son unité, dans l’un des foyers d’où l’âme exerce et remplit ses fonctions intellectuelles ou physiques. Si donc la vie physique et l’intelligence, si le principe vital et 'le principe intellecluej étaient distincts l’un

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