‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 213 sur 243 · CHAPITRE VINGT-SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SIXIÈME

Dans une œuvre hardie et remarquable, mais où prirent pied quelques erreurs {l'Univers eæpliqiié far la révélation , ou Essai de philosophie positive — Baillière; Pni 'is, J841), Chaiibard dit : La force universelle, et je dirai presque l’âme de ce monde , dont l’opération enfante la plupart des [)hénomènes de la vie physique, c’est le calorique-lumière , c’est Y Æ'or hébraïque. Lumière éblouissante ou latente^ elle illumine le monde ou le pénètre, elle réside dans les ténèbres et s’y abîme; l’électricité, le magriétisme terrestre, et peut-être d’autres agents innommés se confondent en elle. Or, cette lumière-effet ou phénoménale, cet Avor, est la vie de tout être inorganique ou organique, mais indépendamment de l’âm.e particulière de tout être; de même que la lumière cause, ou le Verbe divin, créateur universel, est la vie de l’homme Esprit *. Les forces convergentes de l’Avor phénoménal sont la vie, et ses forces divergentes la mort, dont les éléments élaborés jaillissent en nouveaux courants de vie. Du milieu de ce monde, ôtez ce splendide principe de vie et de mort, faites-le rentrer dans le néant, et tout y redevient ténèbres; une rigidité glaciale paralyse l’être. Avor et mouvement, Avor et vie ou âme du monde, voilà donc des synonymes. {Lire Chauba,rdy p. Il, III, préface, etc., etp. 121, 131, etc., etc.) Ainsi s’écriait jadis le philosophe Zénon , prêtant sa voix aux antiques traditions du monde : « La nature est* un feu AUTISTE, qui procède méthodiquement à la génération. » (Cicéron, De nat. deor., 1. II, xxii.) Il avait sous les yeux, en proférant ces paroles, ce calorique lumière, cet avor, ce Vulcain mystique en qui l’idolâtre voyait à la fois le dieu Lumière-Nature, et le Jupiter infernal. (Lire mon livre Dieu et les dieux.)

‘ .l’extrais, j’analyse, et je franchis des choses fort curieuses, lorsqu’elles ne vont pas, aussi droit que la flèche, à mon but.

iU LE MONDE MAGIQUE.

Mais pour nous, éclairés par les lumières indéfectibles du catholicisme, cette force animique du monde est-elle divine, est-elle corporelle, est-elle Esprit ? Est-elle souveraine, estelle ministre? Écoutons.

Les grands docteurs de l’Église, afin de distinguer les anges de l’homme, et des Esprits de ténèbres, les nomment Cieux et Lumière; et c’est par ces anges que Dieu se manifeste. Souffles et flammes ardentes, ils sont ses ministres'. Et « la subordination des natures créées, dit Bossuet, demande que ce monde visible et inférieur soit régi par le supérieur, la nature corporelle par la spirituelle®. »

U Avor cause, c’est-à-dire la lumière divine, gouvernera donc par ses Esprits lumineux \' Aror effet , c’est-à-dire le principe fluidique, mais naturellement inerte, de la vie physique! Et le démon lui-môme, nous dit saint Jean Damascène, {( était du nombre des vertus angéliques qui présidaient au gouvernement des choses terrestres ». (Saint Thomas, Som., q. 110, a. 1.) Or, Dieu, qui bride les démons, n’a pas changé leur nature; il ne les a point éloignés de toutes fonctions; et, leur assignant le rôle de ministres de ses rigueurs, il leur laisse prendre, en ce monde de ténèbres et de désordre, une large part au mouvement et au gouvernement des choses. C’est pourquoi le grand apôtre, comme s’il eut prévu notre hébétement sur ce point, les appelle les puissances, les princes, les régisseurs de ce monde®. Ainsi, déjà, s’était exprimé chez

1 Ps. cm, 4. — Administratorii spiritus. Saint Paul, Héb., c. i,

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