CHAPITRE PREMIER
un petit méat, à l’orifice duquel on peut les- voir sortir sans lunettes. Elles y pointent les unes après les autres; j’en ai vu dix-sept en une seule crise. C’est ce que notre ami P. a pu constater avec moi de visu , pendant que mademoiselle God... était, comme toujours à la suite de ses crises de production, en état de catalepsie C » {Ib., 378.)
« L’organe existe, les produits sont palpables, appréciables , et le fonctionnement est presque journalier. Ce serait donc manquer à tous mes devoirs de ne pas appeler sur ce fait inespéré et incroyable l’attention de tous les savants. ))... {Ib., 376.)
« Mais nous avons une surabondance d’ennemis acharnés. Vous le comprendrez, vous Breton, quand vous saurez que cette jeune personne, la plus désintéressée et la plus vertueuse que je connaisse, ne va pas à confesse. » {Ib., 379.)
Ainsi parle M. le D'’ Morhéri, se doutant peu que les gens qui se confessent sont loin de lui contester ces faits, véritables trébuchets tendus par les Esprits malins, dans le but de prendre à la pipée les curieux et les savants de bonne foi dont la science est et reste courte, faute d’ôtre chrétienne. Mais que ne s’adressait-il à nos enfants, pour se faire expliquer son phénomène?
Nous laisserons aux rnôtlium , spontanés ou non , mais appartenant au genre qu’il nous sera permis d’appeler factotum, la gloire de ré[)éler des faits semblables à ceux qui s’accomplissent à Nocé, dans le département de l’Orne, et qui dépassent tout ce que l’on sait de M. Home, de madame French, de Colchester, et des autres médium d’Amérique. Là, sur la plus sim[)le demande de l’homme, des [)ierres , des pièces de monnaie, des quantités de Heurs variées sont mystérieusement jetées au sein d’une assemblée séante portes
' Mille cas (ïpjecliom semblables sont constatés dans des crises de possession; nous en citons nous-inôme en ce livre.
LE MONDE MAGIQUE
et fenêtres closes. Des airs, des chants admirables, dus à des voix et à des instruments invisibles, sont entendus; la grêle et la pluie tombent au commandement de la parole, d’effroyables coups de tonnerre retentissent; l’ascension aérienne de l’un des membres du cercle s’opère inopinément, et les séances se terminent par les prières et les actions de grâces des dévots de la nouvelle Église. (Lire Piérart, p. 323-333. R. spir., ib., Mystification probable^ au moins partielle.)
Mais quelle est donc la religion dont nos médium enregistrent l’inappréciable texte sous la dictée de ces Esprits inspirateurs qui se jouent, hélas! de tant de simples, de tant d’ignorants et de tant d’audacieux, que -l’indéfectible justice de Dieu condamne à l’erreur, parce qu’ils eurent, et de gaieté de cœur, la témérité d’offrir leurs yeux, leurs oreilles et leur bouche béantes aux appâts de la séduction.
Fidèles à la vieille ruse que nous ont signalée les Pères de l’Église, les Esprits se donnent pour les âmes des morts, dont ils jouent le rôle avec l’intelligence exquise etle faux sentiment des plus consommés acteurs. Écoutons à ce propos le grand maître du spiritisme, nous adressant la parole sous le nom de guerre Allan Kerdec qui, sans doute, lui fut imposé. Les Esprits « ne sont que les propres âmes de ceux qui vécurent sur la terre, ou dans un autre monde... a « Ils ne sont autres que les âmes des hommes. » (Allan Kerdec, p. 7 et 12, Spiritisme.)
Habitués à se faire tout à tous, lorsqu’il s’agit de parvenir â leur but, qui est la séduction de fhumanité, ces Esprits de mensonge et de malice ont, en France, de doucereux et hypocrites éloges pour la religion catholique, mais non point comme la seule véritable! (Piérart, 339, Revue spirit., ib.)
Pour les gens à courte vue qui se laissent aller à prêter confiance au spiritisme, la vérité peut donc être à la fois et