CHAPITRE PREMIER
dieux ébats. Jamais la sorcellerie ne cessa d’exiger des malheureux que ses fausses lueurs égaraient, la livraison d’un aussi grand nombre d’enfants qu’il leur était possible d’en séduire ou d’en contraindre.
D’épais volumes renfermeraient à peine les merveilles authentiquement constatées que nos médium contemporains ei spéciaux owl accomplies. Mais, sous nos yeux, dans les deux mondes, et en France à l’insu de l’immense majorité des plus honnêtes gens, la race des médium à spécialités foisonne, et nous pouvons citer pour exemple nos médium à baisers : « baisers très-palpables » en vérité, que les Esprits évoqués (c déposent sur les lèvres ». [Revue spiritualiste, t. IV, n° JO, p. 366, etc.) Le savant et regrettable M. de Caudemberg était du nombre de ces malheureux privilégiés, parmi lesquels figure « M. le D" Gray, le premier médecin de jNew-York », et l’un des hommes les plus estimés de celte capitale. (7/j., 365.) Nous signalerons , en outre, les médium guérisseurs, au nombre desquels se rangeront M. Hussey et le docteur Newton, de Boston. [Ib., 363.)
Mais entre ces spécialités du genre, ne possédons-nous pas un inestimable trésor? Qui donc cependant oserait y croire s’il ne partageait pas l’aveuglement des spirites , ou si la science que répand l’Église autour d’elle ne lui enseignait quelle est l’habileté prestidigitatrice des Esprits malins? Ce trésor que nous possédons, et sous nos yeux mômes, dans notre *ville bretonne d’Hennebon, osons le dire, c’est la véritable poule aux œufs d’or qu’avaient rêvée nos pères; c’est le médium à sueur de diamant, ou de métal!
Les facultés de médecine, qui ont le privilège de nous émerveiller par l’outrecuidance et l’aplomb de leurs incrédules, nous dédommagent quelquefois de leur triste enlôteïuent par le nombre de croyants qu’elles nous fournissent ;
LE MONDE MAGIQUE
et, parmi ces derniers, nous avons à compter M. le D'' Morhéri, dont la plume décrit ce prodige.
Un organe tout spécial et souple au toucher, mais pourvu de glandes sécrétoires et de la nature de celui qui chez le chevrotain produit le musc, se manifesta, — je ne sais dans quelle région du corps, — sur la personne de mademoiselle Désirée God... Il s’y déclara d’abord*, mais avec une certaine irrégularité, des sueurs métalliques aurifères , dont le cours est aujourd’hui devenu normal; puis on vit succéder à ce suintement des sécrétions de fragments d’argent et d’or. « J’ai pu recueillir ainsi, dit notre docteur, près d’un mètre quarante centimètres de fil d’or, qui paraît avoir passé à la filière. » Mais il y eut a changement de fluides, et je comptai une exsudation micacée. La plus large fut extraite du front, et sur l’ordre de l’Esprit. » Plus tard, à cette exsudation de mica, a succédé la condensation « de diamants ». {Ib.y 374.) Ce diamant est-il de bon aloi et de carbone pur? Il est à supposer que non; car la voix de l’Esprit a promis que des pierres sans reproche étaient sur le point de sortir de ce gîte vivant. Mais, « en même temps que ces pierreries nous arrivaient, nous récoltions des graines, et j’en ai reçu plus de dix espèces. Malheureusement, pendant un orage, la plupart se sont évaporées, — preuve évidente qu’elles ne sont point de môme nature que les nôtres. » Quelques-unes sont armées à la base d’un éperon; et, le savant illustre « M. Jobard, de Belgique, à qui j’ai adressé trois de ces graines, y a remarqué ce signe distinctif ». {Ib., 375.)
« Tous les objets obtenus de la môme source sont caractérisés par des adhérences de sang coa'gulé à leur surface. » {Ib., 375.)
a Ce que je dis pour le diamant s’applique également aux graines que j’ai reçues, et qui franchissent, pour s’échapper,