‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 39 sur 243 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ordre, la part du surnaturel ordinaire et celle du surnaturel merveilleux, celle du concours de la nature et de la grâce dans un même effet . {^En supposant éliminé ce qui ^ peut s’expliquer par V imaqination ou par le jeu de r organisme.)

)) La même distinction montre ce qui , dans le magnétisme, dépend de la nature ' et ce qui tient au surnaturel. Elle fait compreiidre comment l’état qui dispose à la clairvoyance peut être natif en certains sujets, artificiel sous les passes du magnétisme, d’autre fois accidentel par un effet de maladie, de saisissement, de blessure, etc., etc., développant l’excitabilité nerveuse. Elle fait encore comprendre que l’état magnétique, développé par une cause indifférente, n’est point intrinsèquement mauvais [(juel est cet état magnétique , et qui le définira?), mais simplement dangereux ; qu’il peut manifester l’inspiration habituelle et normale des bons Esprits dans l’âme, comme celle des mauvais; qu’il ne doit pas être procuré ni. employé pour établir avec les anges des rapports d’où résulte la^ clairvoyance, parce que la Providence ne nous ayant p>as drmné , durant la vie jirésente, de critérium personnel pour distinguer ce qui doit être distingué dans cet ordre de choses, ce serait tenter Dieu, et se livrer d’avance aux illusions du mauvais Esprit, que de chercher la lumière de ce côté, en négligeant celle de la foi et de la raison.

» Goerres a touché, en passant, la distinction féconde dont je viens de parler, mais il n’a pas songé à prendre le fil qu’elle lui offrait pour le guider au sein du dédale où il est entré. (Disons plus, Goerres est un créateur de dédales, dans lesquels il se perd avec ceux qu’il y prétend guider). Il va chercher bien loin des explications scientifiques, inaccep-

* Magnétisme non transcendant, et réduit à biQii peu de choscst -r \oir la Mayie au dix-neuvième siècle, chap. xn.

LE MONDE MAGIQUE

tables en maintes occasions (et fort souvent pseudo-scientifiques)^ tandis qu’il eu avait sous la main une aussi rationnelle que simple dans la distinction mentionnée qui s’accorde avec les idées de la foi et l’expérience.

» Du reste, c’est une erreur qui peut être la source dlune infinité d’autres, que de croire pouvoir traiter la j double mystique, divine ou diabolique, comme on traite les i sciences rationnelles ou physiques . Ces deux sphères dépassent | toutes les catégories que peut imaginer notre esprit. Il y a | égal danger, pour la raison et pour la foi, à lancer son frêle esquif, sans la boussole de l’Église, sur cet océan sans rivages, où abondent les écueils aussi bien que les pirates.

» Je ne veux point terminer ces réflexions sans y ajouter une observation qui les complète : c’est que si l’excitabilité nerveuse favorise la production des phénomènes du merveilleux subjectif sous la moindre action surnaturelle, divine ou diabolique de l’ordre commun , elle n’en est pas la condition indispensable, les mêmes phénomènes pouvant avoir lieu dans les tempéraments les plus fermes quand l’âme est travaillée par une grâce ou une tentation plus forte, toujours supposée de l’ordre commun 5 de sorte que ces phénomènes se produisent en raison composée de l’excitabilité nerveuse et de l’intensité de l’action surnaturelle ordinaire.

» Une autre observation d’expérience propre à confirmer les précédentes, c’est que les personnes qui ont des visions angéliques sensibles en ont d’ordinaire, et par suite, de diaboliques, et vice versa. Ainsi, les sorciers qui voient Satan voient-ils aussi assez fréquemment leur bon ange, qui leur donne des avis contraires à ceux de l’ange des ténèbres. La distinction du merveilleux subjectif et objectif peut aussi faire comprendre la succession des scènes de sabbat objecliv.es et subjectives : Intelligenti , pauca. {Je traiterai celte question des sabbats.)

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