CHAPITRE TROISIÈME
Mais dans l’iiisloire de ce magnétisme religieux^ ou de celte magie médicale, dont les prêtres sont les excitateurs, une série d’observations capitales se présente sans cesse à l’esprit. Ainsi, selon la parole môme de Porphyre {Des sacrifices, chapitre Des especes de dèmovs), toute cure produite par les bons démons est diune nature lente ! Ainsi, les ' procédés ou moyens qui la provoquent doivent se répéter pendant un nombre indéterminé de séances! Ainsi, le premier venu n’obtient point le privilège de ce sommeil! Ainsi, parmi ceux dont il dompte et possède les drganes, le chiffre des lucides est-il un chiffre essentiellement limité^ ! Le fluide sacré de notre magnétisme moderne ne nous a-t-il point familiarisés avec ces phénomènes, où se mêlent, avec art et caprice, le monde des Esprits et le monde des corps, les forces de la nature et celles des intelligences qui la gouvernent, l’illusion et la réalité, le prodige et le néant?
Dans les saintes Écritures, Dieu ne cesse de prémunir son peuple contre les Esprits de Python {Deutéron. , ch. xviii, j. i l ; Lévit., ch. xx, yi. 27), dont les prestiges et les artifices sont l’appât et Tôme de la divination. Ces dieux des nations (Ps. 93, f. 5), consultés tantôt par le recours aux évocations directes, et tantôt dans le sommeil sacré du magnétisme, que provoquent, à l’aide de leurs moyens sacramentels, les ministres des temples, lui sont en horreur.
« Et vous, fils de l’homme, s’écrie le prophète Ézéchiel,
qui sont entre l’Averne et la grotte de la sibylle de Cumes, le réduit obscur où la pylhonisse goûtait ce sommeil magnétique ou divin. « Le magnétisme à deux est sans doute une magnifique découverte; mais le magnéti.sme d’im seul, se rendant lucide à volonté, et se dirigeant luimème, c’est la peiifection de l’aiit magique! » {Man., ]). HI.) On voit que la découverte et la perfection dataient déjà de loin du temps de Virgile ! Et nous nous prenons en magic pour les inventeurs d un nouveau monde!
‘ Lire Ennemoscr, v. I, p.,3G5 à 3G8. — Isaïe, c. i,xv, etc. Rliiloslrate. Vie d’Apollonius, 1. IV, c. xi, etc., etc. — Id., plusicur^ chapitres précédents do cet ouvrage et de magie.
LE MONDE MAGIQUE
tournez votre visage contre les tilles de votre peuple qui se mêlent de profiliétiser dans la malice de leur cœur. Prophétisez contre elles; voici ce que dit le Seigneur Dieu : Malheur à celles qui préparent des coussinets pour les mettre sous les coudes, et qui font des oreillers pour en appuyer la tête des personnes de tout âge, afin de surprendre les âmes! Malheur à celles qui , après avoir surpris les âmes de mon peuple, les assurent qu’elles sont pleines de vie î Je viens à vos coussinets, à l’aide desquels vous surprenez lésâmes comme des oiseaux qu’orr prend dans leur vol; je détruirai vos coussinets entre vos bras, et je laisserai aller les âmes que vous avez prises; je délivrerai mon peuple de votre puissance; il ne sera plus à l’avenir exposé comme une proie entre vos mains, et vous saurez que je suis le Seigneur- C’est pourquoi vous n’aurez plus à l’avenir ces visions qui vous séduisent. » (Ézéchiel, ch. xiu, -f. 18, etc.)
(( J’ai étendu mes mains vers un peuple incrédule, marchant dans une voie qui n’est pas la bonne; vers un peuple... qui immole des hosties dans les jardins... qui habite dans les sépulcres, — qui interroge les morts pour apprendre d’eux la vérité [Deutéron.^ ch. xviii, ÿ. 11), — et qui dort dans les temples des idoles y — afin que l’avenir lui soit révélé. » Qui habitant in sepulchris, et in delubris idolorum dormiunt. (Isaïe, cap. lxv, ÿ. 2, 3, 4, etc.)
CONCLUSION
Quoi de plus? L’histoire et l’expérience des peuples ont assez abondamment répandu leurs lumières, et sous le plein jour dont elles ont inondé notre route, que voyons-nous? — jNous voyons, dès l’origine des temps, le pontife idolâtre devenir l’un des principaux excitateurs des agents du surnaturel, mais surtout en sa qualité de médecin médium et diviniteur. Et les premiers moyens, les moyens les plus vulgaires dont usent dans leurs temples ces ministres, devant