‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 57 sur 243 · GRANDE NOTE · texte numérisé non relu

GRANDE NOTE

'Sur le sommeil prophétique et curatif des Israélites et des chrétiens. — Parallélisme du sommeil magique.

Le sommeil magique, mettant les idolâtres en présence

LE MONDE MAGIQUE

de leurs dieux, ouvrait donc leurs, oreilles aux révélations fortement assaisonnées de vanités et d’erreurs, mais assez souvent véridiques, de ces divinités auxquelles le vrai sert de moyen pour tromper l’homme et faire prévaloir le mensonge !

On venait dormir dans le temple des dieux; mais que signifiait ce sommeil sacramentel goûté sur des lits ou sur des sépulcres? ]N’était-il point le signe d’une ferme volonté de faire descendre d’en haut les dieux, ou de faire monter sur terre les mânes? On les évoquait donc soit par la parole, soit du fond de l’âme. Puis apparaissaient ces dieux , qui se complaisent à figurer sur une ligne parallèle à celle du Dieu d’ Abraham s’écriant : « S’il se trouve parmi vous un prophète du Seigneur, je lui apparaîtrai en vision, ou je lui

parlerai en sonije Mais il n’en est pas ainsi de Moïse,

car je lui parle bouche à bouche. » {Nombres^ ch. xii, f. 7, 8; ch. XVII, 4; — Rois, ch. vi, ÿ. J6; ch. viii,

'S- 6; ■ — Job, ch. xxxiii, -f. 14, 15, 17, etc., etc.)

Le sommeil inagnéiique des idolâtres, dans les temples et sur les tombeaux , était donc une imitation , un plagiat du sommeil où, dès l’origine des temps, Dieu plongeait, non point ceux qui se mettaient en posture de le contraindre à leur parler , mais les privilégiés dont il lui plaisait de visiter l’esprit et le cœur. Ce fut donc en toute injustice que plus tard on accusa les chrétiens d’imiter les idolâtres lorsque, par l’entremise et les mérites des saints, ils priaient Dieu de leur révéler des vérités utiles à l’âme et à son Église, ou de leur accorder les grâces qui sont l’objet 'de légitimes | prières! C’était, il est vrai, plutôt en tel lieu qu’en tel autre que ces chrétiens priaient; car il y a des lieux qui sont saints (Eœode, ch. ni, >/.5, etc., etc.), et parallèlement il y a des lieux qui sont impurs. (Thyrée, Loca infesta.) Le sépulcre des saints fut donc comme l’autel sur lequel ils offraient

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