‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 58 sur 243 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

leurs prières, et les choses se passaient à peu près de môme qu’aujourd’hui lorsque la prière prend son vol vers le ciel aux pieds de leurs reliques. Les chrétiens attendaient alors et sollicitaient dans jeûnes et dans les veilles, plus souvent que dans un sommeil volontaire , une réponse à leurs vœux. Ils soumettaient leur sitpplique, de la manière la 2^1 us humble, au bon plaisir de leur Dieu. Guidés par le Saint-Esprit, les saints, les pontifes ou les conciles euxmômes pouvaient, sans innovation , et surtout sans imiter les païens, consulter Dieu par cette voie, car elle avait été celle du catholicisme primitif. {Vide supra.)

Un jour que Samuel dort dans le temple, le Seigneur appelle Samuel et lui parle. (1. Rois, ch. iii, f. 3, 4.) Un autre jour, David consulte Dieu : Dieu lui répond, (i. Rois, ch. xxHi.) Saül irrité fait comparaître le grand prôtre Achimelech et lui dit : « Pourquoi donc avez-vous consulté Dieu pour David? » (1. Rois, ch. xxii, 13.) Et le grand prôtre : « Est-ce d’aujourd’hui que j’ai commencé à consulter le Seigneur pour lui? » [Id., y. 15.) Il suffira de pénétrer au delà des premiers dehors pour voir quel abîme sépare les coupables évocations des idolâtres des invocations filiales et résignées où se peignaient la foi, l’amour et X obéissance des Israélites fidèles, des premiers chrétiens et de leurs pasteurs.

Du côté des idolâtres se manifeste le dessein d’extorquer du ciel des réponses à grand renfort de volonté, d’y contraindre môme et les dieux et les âmes à l’aide de formules sacramentelles. De la part des fidèles, c’est une prière soumise, dirigée selon le dogme et les formes régulières du catholicisme judaïque et chrétien , toujours immuable ennemi de tout appel évocatoire aux Esprits ou aux âmes des morts !

Mais je laisse la parole à un savant et modeste religieux, vieillard que couronne une longue expérience. 11 n est point

MO

LE MONDE MAGIQUE

celui dont j’ai rapporté les observations louchant les phénomènes subjectifs de la magie; je ne V m jamaù vu , mais de temps en temps il veut bien m’écrire.

Ce qui constitue le véritable moyen de solution entre l’usage des idolâtres et celui des chrétiens, nous dit-il, c’est de considérer la pratique païenne comme une évocation des morts, tandis que, chez les chrétiens, au contraire, il y avait INVOCATION. Cette invocation ne s’adressait point à la première âme venue, mais à des saints reconnus comme tels, et dans le but d’obtenir du Seigneur^ par les suffrages de ces saintes âmes, quelques faveurs en harmonie avec le caractère chrétien. [Dogme de la communion des’ saints.')

Quant aux Gentils, ils passaient les nuits dans les tombeaux ou dans les temples, espérant y obtenir, au moins dans des rêves, l’indication des choses cachées ou à venir. Ils pratiquaient donc un véritable genre de divination, soidisant par l’entremise des morts, mais de fait par un véritable commerce avec les anges de révolte. Et l’admirable interprète Cornélius a Lapide remarque, d’après saint Chrysostome, Théophylacte et Eulhymius, que les démons poussaient ces malheureux à de telles pratiques afin de leur persuader que les âmes humaines, après la mort, devenaient elles-mêmes des démons, c’est-à-dire des dieux d’un certain degré. Il cite un trait de saint Chrysostome d’une analogie frappante avec ceux qui se passent de notre temps : Dœmoninci clamant : Anima, illius ego sum! Tout juste comme aujourd’hui, les Esprits interrogés déclarent, par l’entremise d’un somnambule, d’une table ou d’un crayon : Je suis l’âme de tel ou de tel. (Lire Cornélius sur Isaie, ch. LXV.)

Souvent, nous dit Cornélius a Lapide, des miracles sanctionnaient cette dévotion des chrétiens, tels que visions,

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