CHAPITRE QUATRIÈME. i2I
les sources, ni sur les métauæ placés à découvert, tandis que souvent il lui arrive d’évoluer sur ceux dont on cherche à trouver le gîte, la théorie des effluves qui se dégagent des corps est une théorie creuse et mensongère! (Lebrun, p, 2-359; — de Mirv., p. 42.)
La baguette, ajoute le P. Lebrun , ne pouvait donc être animée, — de môme que les tables médium, ou les médium de chair et d’os, — que par une cause obéissant à V intentionnel chercheurs. Puis, surprenant celte cause en flagrant et continuel délit de mensonge, il en conclut qu’elle ne peut être ni Dieu ni un ange du ciel, et que, n’étant point l’esprit de l’homme, elle est forcément un de ces Esprits de mensonge et d’erreur que les saintes Écritures nous dénoncent à chaque ligne L Mais l’autorité la plus compétente peut-être intervient dans la question de la baguette : c’est M. le comte Jules de Tristan, savant distingué, qui consacra quarante années de son existence à la recherche des fluides électriques. Dans un ouvrage intitulé Recherches sur quel- , ques effluves tei'restres ^ M. de Tristan poursuivait une théone qui se rattachait de fond et de forme à des idées e.vclusivement [ihysiques. — Eh bien , nous dit-il avec cette simplicité de bon goût et de vrai couroye qui marque au front le soldat de la vérité , tout à coup mes idées changèrent. J’essayai, dès l’automne de J853, de faire tourner ces tables, — dont le savant académicien M. Chevreul rend à V juste titre les évolutions solidaires de celles de.la baguette divinatoire, leur donnant ainsi le même moteur! — Je ne vis d’abord dans leur mouvement qu’un phénomène de rotation électrique, jusqu’au moment où une table légère se mit inopinément à frapper Cette merveille attira mon attention
pendant trois mois consécutifs; et, d’accord avec des prêtres
1 2-f318. — M. de Mirville, p. 42-4.3. Y lire les tergiversations do M. Chevreul et les ré{)onses de M. de Trislaiu
LE MONDE MAGIQUE
instruits, nous 'prîmes toutes les précautions possibles pour mettre la cause de la religion à Vabri. Cependant, ajoute le sagace expérimentateur, que son amour pour la physique, quelque violent qu’il soit, ne jette en aucun cas hors des voies de la raison', cependant, « malgré cela, il me devint impossible de douter que ce phénomène ne fût dû à des interventions! »
Un peu plus tard, les opinions des invisibles intervenants devinrent suspectes, et bientôt leurs mensonges, leurs calomnies, qui se multiplièrent, furent suivies de propositions de camaraderie et d’engagement, c’est-à-dire de propositions de pactes. Faisant dès lors une part considérable à la possibilité de certaines causes naturelles qui se seraient jusqu’à ce moment jouées de la science, M. de Tristan conclut en ces termes : Il se peut que les tables tournent par suite d’un phénomène physique; mais les (luides répandus dessus, et surtout les (luides nerveux, facilitent les i.mer- VENTioNS DONT JE RESTE CONVAINCU! (Lire l’extrait de la lettre de M. de Tristan; M. de Mirville, p. 56-57-58; et M. Chevreul, p. 123.)
Libre, à la suite de ces paroles, de suivre ma course, je me demande : Mais qu’était-ce donc que le caducée? qu’élaitce que cette baguette mère^ ce type des baguettes divinatoires, que l’antiquité païenne place aux mains de Mercure, le grand devin, le grand évocateur, le conducteur magnétique des rêves et de l’âme des morts? Eh bien, cette baguette, dont les mouvements disent à nos rabdo-mantes la place des trésors cachés et des objets perdus, etc., etc.; cette baguette dont le signal arrête le pied de nos sorciers sur les sources souterraines et sur le gîte des minéraux, etc., etc.; elle était, dans « les croyances de la haute antiquité, le mystérieux symbole des richesses minérales » (Jacobi, art. Caducée, j). 87), c’est-à-dire des richesses