CHAPITRE SIXIÈME
mais d’un intérêt si considérable pour le public que nous devons avoir le courage de le rapporter. Attirons donc un instant les yeux du lecteur sur le ministre même des autels de l’église de Saint-Hubert, dans la province de Luxembourg, au royaume de Belgique.
Agissant au nom de Dieu, et sous l’invocation de son saint, ce médiateur sacré se prête d’une manière permanente à la délivrance de malheureux qui, depuis des siècles et du fond des plus lointains pays, viennent en toute sécurité demander à ce sanctuaire la guérison du mal partout ailleurs inguérissable de la rage *.
Eh quoi! que dites-vous? Des guérisons de par saint Hubert? O la bonne parade foraine! Assurément vous plaisantez , se récriera plus d'un lecteur; oui , vous prêtez à rire, c’est le moins; et que d’épaules se lèveront à votre récit! — Je me garderai certes d’en douter; mais, ô bizarrerie! j’ai cent fois observé que les épaules les plus assouplies à cette évolution du dédain sont celles que charge le plus lourd fardeau de superstitions ou de préjugés. A ces épaules prêtes à se lever, mon dos ne pourrait-il fort logiquement répondre en se tournant?... Et s’il y avait lieu, par hasard, de ranimer sur un point la foi chrétienne, ce principe de la joie et du salut de nos âmes, tout en livrant d’un coup de plume à mes lecteurs le moyen de guérir l’une des plaies inguérissables du corps humain, est-ce que reculer devant la crainte du ridicule serait le fait d’un loyal chas-
‘ Les cautérisations profondes et immédiates préviennent quelquefois la rage. Quant aux autres moyens curatifs, il ne faut point les négliger, mais l’expérience n’en légitime et n’en peut garantir un seul ; voilà qui est de notoriété publique. Ainsi me l’affirme encore l’un des grands médecins de Paris, de mon intimité. Ce savant occupe une haute position officielle et se livre à des recherches sur la rage. 11 a sa voie toute distincte. Gomme il me demandait si j’avais quelques documents sur ce sujet, je lui nommai mon saint. — Lire fc/., l’excellent Journal rie Uruxellcs, n" 323. — 181.0.
LE MONDE MAGIQUE
seur? car je suis du mélier, je dois donc justice à mon saint patron! — Mais commençons par jeter quelques mots d’histoire sur un moyen de guérison d’apparence si suranné, si gothique J je'^n’ose dire au delà 5 puis, il nous sera permis de devenir questionneur à notre loiir.
Mi l’abbé C. A. Bertrand, ancien vicaire de Saint-Hubert , dédie à Mgr Dehesselle , son évéque , évêque de Namur et assistant au trône ponlihcalj la vie dii saint dont il s’agit, — dans l’intérêt de nos morsures à venir, — d’étudier l’action surnaturelle et bienfaisante. Son livre porte l’approbation du cbanoine théologal et la signature de monseigneur de Namur : Antoine-Joseph, appliquée le 27 février 1855i (1 vol. m-42. — Paris y LeiJïielleux^ rue Bonaparte, n" 66; prise : 1 fi\ 60.) Ouvrez et lisez; ce livre est digne de toute confiance, raë disent des lettres que je reçois les 47 et27 mars, et le 40 inai 4862j de M. l’abbé Schmidtj curé-doyeii de Saint-Hubert, et de M. l’abbé François. Avant de renvoyer le lecteur à ce très-curieux ouvrage, appuyé sur de fortes et de nombreuses autorités, j’extrais le passage qui va suivre d’une réponse que m’adresse M. l’abbé François, curé de Herbemont:
« Monsieur,
» Ayant exercé la fonction d’aumônier à Saint-Hubert pendant plus de sept ans, je me ctois à même de vous donner quelques renseignements; On vient honorer saint Hubert de toutes les parties de fluirope. On l’invoque surtout pour être préservé ou pour être guéri de l’Iiydrophobie, de la folie, de la fièvre, du mal de dents, du mal caduc, de toute espèce de maladie incurable. J’ constof/d une intinité de guérisons radicales, faivà des aliénés naissance obtenir leur guérison par l’invocation de saint Hubert, et des personnes atteintes du chancre obtenir leur parfait rétablissement.
» Venons-en 'à la rage. Toute personne qui a eu peur de