‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 76 sur 243 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

quelque animal atteint de rage vient demander répit pour quatre-vingt-dix ans. On le lui donne, et la voilà préservée pour jamais. C’est au point qu’on ne s’est jamais vu dans le cas de tailler une personne qui avait un répit, » — que cette, personne ait été mordue ou effrayée; ainsi que nous le verrons tout à t’heure.

» La personne taillée doit suivre un régime pendant neuf jours consécutifs. Elle est g.uérie radicalement de son mal, et qui plus est, elle peut donner répit pour quarante jours;, Quant aux animaux, on les préserve de la rage en les marquant au front de la clef de saint Hubert. Ce préservatif n’est pourtant pas infaillible, l’animal marqué de la clef pouvant être mordu par un autre animal enragé; mais il est d’expérience qu’il meurt sous peu j et sansHransmettre sou mal à d’autres. Ce sont là des faits irrécusables. Qu’on les? explique humainement !

» Comme vous vous proposez d’insérer dans votre ouvrage un article concernant saint Hubert, je vous conseille de vous procurer l’ouvrage de M. l’abbé Bertrand;. il est digne de foi; l’auteur l’a écrit sur les lieux, et l’a soumis à la correction de la faculté de théologie de Louvain; ainsi qu’à l’approbation de l’évêque diocésain. »

Retournons donc à M. l’abbé Bertrand, dont le livre, entouré d’un si juste crédit, s’explique avec autorité sur deS points qu’effleure à peine une lettré excellente, mais trop brève;

L’étole de Saint Hubert est considérée j nous y est-il dit, par un nombreux public et par de fort remarquables critiques, comme miraculeusement apportée par les anges. Que le fait soit ou non douteux , on attribue au bienheureux Thierry moine de l’an 1055, un écrit où l’usage, à celte date, était ancien déjà de recourir à la suinte élole [tour le traitement des personnes atteintes par le venin de la

uo

LE MONDE MAGIQUE

rage. — Bertholez, dans le tfoisième volume de la Belgique monumentale , et le judicieux Iloberti rapportent à la translation du corps de saint Hubert, en l’an 8‘i5, la série des événements miraculeux de ce pèlerinage.

Quoi qu’il en soit, la vertu curative de la sainte étole est infaillible; et nous croyons à cette infaillibilité, de même qu’y croyaient au loin les ancêtres de nos pères. Mais une condition est indispensable pour assurer le succès de la cure : c’est que le patient y ait une foi respectueuse et qu’il observe humblement, et de point en point, les prescriptions répétées d’âge en âge par les ministres ou médiateurs de cette guérison. (P. d-45. Lire p. 463 ces invariables conditions.)

Personne aujourd’hui n’ignore que la blessure ouverte sous la dent d’un animal enragé se ferme d’elle-même, ainsi que les plaies ordinaires. Ce n’est qu’au bout d’un temps plus ou moins long, et rarement au delà du laps de trente à quarante jours, que se déclarent les premiers symptômes, et qui se vantera de les arrêter? (P. 150.)

La science médicale, sommée d’agir, se borne, à bien peu de choses près, à l’indication de quelques moyens préventifs, ayant pour but d’arrêter l’absorption du virus... Mais quiconque se donne la peine de visiter la célèbre et très-remarquable église du saint patron des chasseurs y voit le prêtre opérateur procéder avec la simplicité la plus parfaite ; et, de quelque manière que le malade qui implore ses secours ait gagné son mal, sa cure y est assurée s’il a recours à l’opération de la taille. (P. 448, 149, etc.)

Et quel est donc le mode de cette singulière opération ? — le voici. — Nous ne voulons point dire le médium, mais nous dirons le médiateur sacré, l’aumônier de Saint-llubert, -opère au front du patient une incision légère. 11 le taille donc; puis , s’aidant d’un poinçon pour soulever l’épiderme , il introduit en dessous une parcelle exiguë de la sainte étole

Page 1