‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 80 sur 243 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

peuple s’adressant à Dieu : Elevez à la vue de tous un serpent d’airain, dit le Seigneur; et quiconque étant atteint par le venin de feu de ces reptiles, le regardera, sera guéri. Ainsi fit Moïse; car c’était à lui que le Seigneur répondait; et les guérisons égalèrent le nombre de ceux qui, blessés par les serpents, tournèrent les yeux vers le signe sacré. {Bible, Nomb., c. XXI, f. 6, etc.)

Sans vouloir comparer les prodiges bibliques à ceux dont

nous est permis de douter, y aurait- il donc impossibilité plus forte, de la part des ministres du même Dieu, à produire — la sainte étole, ou tout autre moyen aidant — des guérisons si semblables à celles qu’il plut au Seigneur d’accorder à Moïse?

Et les médium J disons plutôt les médiateurs sacrés dé la taille et du répit, seraient-ils, sous les auspices de l’épiscopat qui les protège, d’un ordre plus fabuleux que le médiateur d'airain élevé sous l’image du serpent qui figurait le Christ?

Entre les pèlerinages que nous connaissons tous, et celui de Saint-Hubert, une différence est donc sensible, et, la voici : c’est que, dans les premiers, où d’innombrables grAces descendent d’en haut et pénètrent du baume de la santé l’âme des fidèles, la guérison des maux corporels est plutôt exceptionnelle qu’assurée. Les miracles y sont pourtant éclatants quelquefois , et d’une fréquence assez notable pour que les affligés fassent acte de haute raison en se donnant la peine d’aller y supplier le Seigneur, et invoquer la puissante médiation de ses saints.

Au pied de l’autel où figure la sainte étole, au contraire, le prévaloir du mal sur la miséricorde divine est l’exception très-rare. La guérison y est de règle, et j’oserai dire de droit commun. Gros comme un grain de sénevé de foi, selon le langage de l’Evangile' Matthieu, c. xvii, y. D),

lù.

LE MONDE MAGIQUE

sulTit pour l’obtenir, et fort au delà, puisque les taillés emportent sur leurs lèvres le droit merveilleux de concéder la haute faveur du répit.

L’imposante et splendide basilique de Saint-Hubert [Bel- (jique monumentale , par Bertholez, t. III) aboutit presque à l’une de nos voies ferrées. Le parcours pour s'y rendre est attrayant et ne peut rebuter le touriste , car le trajet est rapide, et l’enquête que nous conseillons facile et sûre. En ciïet, chaque année qui s’écoule reproduit un si grand nombre de fois ces prodiges!... Avis donc à la milice du doute; avis à celle de la foi * ! Bien récompensé me croirai-je d’ailleurs, quelque ridicule que des esprits sans profondeur et sans netteté puissent attacher à ces pages si, grâce à mon concours, quelque malheureux se fiant au Dieu des humbles, et laissant se réveiller en lui ‘la foi si naïve et si raisonnable du chrétien , fait chasser à la fois de son corps le venin rabique qui s’apprête à dévorer sa vie, et de son cœur le venin satanique de l’incrédulité dont les ravages déforment son intelligence et menacent son âme.

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