RÉSUMÉ DES PREMIERS CHAPITRES
et dans les antres des sanctuaires antiques, ou, si vous le préférez, allez consulter ce môme sommeil dans les boudoirs ou dans les réduits du magnétisme; épiez les actes do la verge divinatoire et magique d’un bout à l’autre des siècles; suivez dans les airs cette main qui, par imposition, sème les prodiges; ou bien, laissez le médium des temps anciens et modernes multiplier à vos yeux les signes de la puissance d’emprunt dont son nom vous dit qu’il est le médiateur et le canal.
Ce que nous vous demandons de faire est-il fait? Oui sans doute. — Eh bien, quels résultats vos observations assidues trouveront-elles en dépôt au fond du creuset de l’analyse? — Un assez grand nombre, je le suppose; elle premier, ce sera la découverte à' puissance occulte et parfaitement distmcte, dans son essence ^ des forces de la nature: puissance capricieuse, ennemie de toute loi, indépendante de l’homme et supérieure à celui qui , la maniant, se figurerait la posséder.
Mous surprenons en elle l’infatigable agent de la magie, qui recherche l’homme tout en feignant de le fuir; qui le tente et l’amorce, tout en faisant mine de se dérober à ses atteintes, et dont le rôle est de le séduire en offrant de fallacieux appâts à sa curiosité, à ses vagues et inassouvissables besoins de savoir et d'avoir, de posséder et de jouir.... Une constante observation nous apprend, en outre, que cette puissance n’aime à se livrer d’abord qu’à celui qui se soumet à passer par la filière étroite des médiateurs qu’elle impose, et des moyens dont elle dicte l’usage.
Or, ses médiateurs, ce sont ses ministres, c’est-à-dire ses pontifes de diverses dénominations : les mystagogues, les initiateurs, les magiciens, les goôtes ou sorciers, les somnambules, les pylhonisants et les pythonisés..., ceux enfin que nous entendons désigner pour le moment sous le nom de
VM) lAi MONDE MAGIQUE.
médium, et qui ne sont qu’une variété de l’espèce. Quant à SES MOYENS, ils Consistent dans des signes sensibles ou sacramentels, de l’usage desquels semble découler une faveur, une vertu.... Telle est, dans le catholicisme divin , la valeur et la signification des sacrements et des signes sacramentaux, — sacramenta^ sncramentalia ; — car les sacrements sont les signes sensibles auxquels il plaît à Dieu d’attacher sa grâce toute-puissante.
Divins ou diaboliques, ces signes extérieurs et sensibles impliquent supériorité de la part de celui qui les impose; ils impliquent, par la môme raison, du côté de celui qui les subit ou qui les accepte: infériorité, besoins, dépendance, soumission, obéissance, vasselage. Ils constituent, par le fait d’un accord formol , ou sous-entendu — c’ést-à-dire implicite, — le pacte par lequel un maître essentiellement trompeur daigne engager sa foi au subalterne qui lui soumet sa volonté
Le second résultat acquis par l’étude des médiateurs et des moyens de la magie consiste dans la preuve de V action sensible de la puissance que nous avons découverte; puissance intelligente, nous ne pouvons assez le répéter, et à calculs variés, perfides, profonds. Diverse dans ses aspects, elle porte un masque changeant sans cesse. Aujourd’hui sage, grave, bienfaisante, elle est demain futile et boulfonne, basse et cruelle. Jamais ceux qui l’ont suivie ne la virent émettre une doctrine à la fois positive et invariable; et, toujours agissant dans l’intérêt définitif du mensonge, elle n’opère aucun bien sans s’être ménagé le moyen de réaliser par ellemême ou par ses intermédiaires un mal plus copieux et plus grand, plus irrémédiable et définitif*.'
1 A plus tard les charmes, les amulettes, talismans et moyens analogues aux médailles, scapulaires, objets bénits et consacrés })ar 1 Église.
2 Choisissez même les médium ks plusi savants et les plus hono-