‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 87 sur 243 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

lifiqiie que celui d’hallucinations collectives! O pudeur! 0 suprêmes et providentielles extravagances de l’orgueil qui, tranquille et toujours plein de lui-même, toujours monte, et sans cesse, en foulant aux pieds la raison!

Disons-le donc d’une voix ferme : A côté des hallucinations individuelles ou collectives, mais réelles, et d’un ordre entièrement 'plnjsique, quoique très-exceptionnelles et fort rares, il se rencontre une sorte d’hallucinations dont la cause est absolument différente. Or, elle existe et nous surprend, cette illusion puissante, elle éclate, et nous en sommes les jouets, lorsque des êtres aussi réels qu’insaisissables, lorque des Esprits agissent en nous ou sur nous, dans l’intention d’égarer nos sens!

C’est alors que, parlant à notre âme un langage intérieur (ch. V de la Magie au dix-neuvième siècle)^ et remuant, excitant, maniant en maîtres les humeurs ou les appareils de nos corps, ces êtres invisibles et subtils, ces Esprits^ nous font voir, entendre et sentir ce qui n’a point de forme, ce qui manque de corps, ce qui n’existe en réalité que dans les impressions dont ils nous affectent, ce qui n’est vrai que subjectivement, c’est-à-dire dans l’image ou dans le fantôme tracé par eux dans notre .cerveau !

Passés maîtres dans l’art de créer des illusions, les Esprits useront quelquefois encore, pour nous jouer et nous décevoir, d’objets d’une réalité positive , mais ce sera souvent

• aussi en nous les faisant voir ou connaître sous les formes les iplus trompeuses. Ils fausseront, par exemple, à l’aide des lOrtifices dans lesquels ils excellent, soit l’objet môme qu’ils [présentent à nos sens, soit les organes faibles et délicats de inos sensations devant lesquels ils le posent. [Les exemples (à plus tard ; chap. Lycanthropne ^ ailleurs.)

La seconde espèce d’hallucinations produite par ces

• êtres de malice est donc du ressort de la science des Esprits

LE MONDE MAGIQUE

(^'pneumatoloyie , etc.). Le philosophe, le théologien, le médecin savant et distingué y trouvent des points de repère, au-dessous desquels passe et circule, sans rien apercevoir que le vide, le médecin vulgaire, tout houdi du vent de suffisance dont l’a gonllé son école. Celui-ci se gardera bien, non point de reconnaître, mais de soupçonner seulement la cause de ce mal d’hallucination, contre lequel les familles l’appellent quelquefois à lutter. Trop rampante est sa pensée pour s’élever au-dessus du terre à terre de la partie matérielle de son art. Et de quel droit demanderionsnous à des natures communes (Pline, Eruditum vulgus; Hist.^ 1. 11, c. vil) d’oublier ce qu’elles savent, afin de mieux apprendre ce que de premières leçons leur ont si mal et si malheureusement appris? Le virus d’un préjugé d’amphithéâtre ne les a-t-il point vaccinées contre l’invasion du vrai ?

Hallucination naturelle! se récriera donc, devant tout effet auquel se môle ou s’ajuste le prodige, la bouche machinalede ces tristes champions des droits de la nature'! Mais n’y aurait-il point souvent justice, au lieu de baisser la tête devant ce mot que leur bouche a rendu banal, de le renvoyer à leur propre adresse? A ce propos, il me semble opportun de placer sous l’œil du lecteur quelques lignes de la Mystique de Gôrres, et cet illustre Allemand ne portera que difficilement ombrage aux rationalistes; car, si par la surabondance, si par l’authenticité des merveilles que groupe

i Qui sait si, tôt ou tard, nous ne verrons point, à l’endroit des hallucinations démoniaques, la lumière reparaître. Et, lorsque dans le traitement de certains maux, le médecin aura vainement épuisé les précieuses ressources de son art, qui sait s’il ne viendra jwint glaner enfin quelque idée salutaife dans le champ, si mal défriché jusqu’à ce jour, des hallucinations? Quelques personnes, exemptes de la folie héréditaire des préjugés , pensent que dans t/n graîid nombre de cas d’hystérie, de démence, etc., les familles auraient un aussi grand intérêt à solliciter la présence de l’exorciste que celle du médecin! Rapiw'lons-nous les paroles de saint Luc, de ïertullien , de sainte Térèse, citées dans ces chapitres : Spiritus infirmitatis... lædunt. etc.

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