‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 86 sur 243 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

« Non-seulement je suis loin d’admettre les hallucinations collectives, mais je les nie formellement, hors dans un seul cas: celui où plusieurs personnes, excitées par un appareil inaccoutumé, par des préparations ou des cérémonies préalables qui frappent l’imagination, sont d’ailleurs toutes prévenues de ce q II elles' doivent voir. Mais il est contre toutes les règles de la vraisemblance que dix ou vingt individus aperçoivent à la fois un objet qui n’existe pas, ou entendent un même son qui n’a pas retenti, quand d’ailleurs celte

manifestation est absolument inattendue pour eux. 11 est

contraire à toutes les notions dje la probabilité^ et du jugement, qu’un nombre plus ou moins grand de personnes jouissant du plein exercice de leurs facultés se trompent toutes instantanément, et d’une manière identique, sur un fait de cette nature ! ! (De Caudemberg, le Monde spirit . , p. 49, 50.)

Entre les traits d’hallucination collective que l’on s’avise de nous alléguer, prenons comme exemple celui-ci. En Suède, dans ce si bon pays de protestantisme et de liberté religieuse, où tout homme qui se convertit au catholicisme est proscrit (1858) ou déchu de ses droits, « les hallucinations de 'la vue sont perpétuelles j il n’y a pas de jour où l’on ne voie des fantômes qui hantent certaines maisons, des revenants qui visitent les vivants et qui s’entretiennent avec eux. On les voit si bien qu\l ny a pas à en douter »... « .l’ignorais, pour ma part, complètement ce fait singulier, que rapporte ainsi M. de Gasparin (v. 1®'', p. 530); je le prends tel qu’il est présenté, — continue M. de Caudemberg, — et je me demande ensuite s’il a pu croire qu’il suffisait d’énoncer ce fait pour être en droit d’en conclure qu’il y a en Suède des uallucinations collectives i*eiu*é- TIJELLES? JE NE CROIS PAS A UN PEUPLE D’HAL- LUCINÉS! et, je le répète, ce n’est pas en rejetant le

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surnaturel à priori qu’on arrivera jamais ù prouver quelque chose contre son existence. » (De Gaudemberg, Monde spirituel, p. 51 , 52; Paris, 1857.)

Mais que nous est-il besoin d’ailleurs de tout un peuple pour témoins ! Eh quoi ! ces hommes savants que le hasard rassemble et surprend, ces observateurs patients et distingués qui se sont réunis pour sonder les profondeurs du problème, les voici tous à la fois, voyant un même meuble se soulever, un même spectre apparaître! les voici tous à la fois aiïectés de la même odeur; leurs membres éprouvent les mêmes étreintes; les mêmes corps se jouent et s’évanouissent entre leurs mains; ils s’émerveillent ensemble des modulations du même air; ils entendent et, sans que l’un consulte l’autre, ils écrivent les mêmes notes ou les mêmes paroles des mêmes phrases sous la dictée des mêmes bouches invisibles; puis ils vous répètent, ils vous affirment que si cel individu, si ce médium se retire du milieu de leur cercle, ou que si de cette maison, de ce lieu, vous les transportez dans un lieu différent, toute action cesse sur eux, toute merveille s’évanouit. Us vous protestent qu’aussitôt ces premières conditions changées, nulle imagination individuelle, nul effort collectif d’imagination ne parvient à reproduire le plus simple de ces actes, à rendre la vie au moindre de ces prodiges. Et lorsque tous ces témoins à la fois ont vu cesser ou éclater en même temps ces phénomènes ou ces prestiges; lorsqu’ils s’accordent chacun à reconnaître et à formuler en termes précis ce que tous ensemble ils voyaient > ou se figuraient voir, il se trouvera des gens qui, sans avoir ; la fièvre ou le délire pour excuse, oseront soutenir que cet inimitable accord naissait d’un grain de folie! qu’une hallucination NATURELLE produit et répète à satiété ce prodige; que cette merveilleuse concordance de sensations et de témoignages se forme spontanément et n’a d’autre nom .scien-

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