‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 98 sur 243 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

produire en ligne les savants dont la compétence est irrécusable et décisive, contre les praticiens dont les yeux faussés et malades voient dans les grands maîtres de la science médicale les patrons mêmes de l’incrédulité. L’Église compte parmi ces hommes éminents un nombre assez grand d’adversaires; mais ces précieux antagonistes reconnaissent avec nous l’action des Esprits sur les corps. L’Amérique, plongée presque tout entière dans l’hérésie à mille faces de son protestantisme, a professé la môme foi par la bouche de ses principales illustrations scientifiques et sociales; et telle est encore la doctrine que, d’un bout à l’autre de la Grande- Bretagne et de l’Europe, font retentir des hommes dont le nom seul est une autorité du pôle sud au pôle nord du monde savant *.

Mais de tant d’hommes et de si hauts témoignages diamétralement contraires à leur affirmation, les consultes piémontaises, à. ce qu’il paraît, n’ont rien vu, rien entendu! Toute parole, tout fait qui les a frappées les a trompées. Quel nuage hallucinateur séjourne donc devant leurs yeux, et quel Esprit de surdité s’est interné dans leurs oreilles!... Pénétré de cette désolante infirmité de l’intelligence, qui réagit si maladivement sur les yeux et les sens des docteurs dont la plume le condamne et l’exécute, M. le D'' Forni s’écrie donc avec une parfaite justesse d’idées et de sentiments :

Oh ! comment ne point me tourner avec humilité et alTeclion vers mes confrères, vers ceux avec qui je partage le soin de l’humanité soufirante? Comment ne les point supplier d’ouvrir les yeuœ^ de voir que l'essence de toute force est spirituelle^ de reconnaître qu’à l’esprit seul est donné l’empire sur le corps; de se convaincre qu’il est véri-

‘ Voirlalistede ces savants anglais, allemands, italiens, français, etc., dans les catalogues d’ouvrages modernes sur les sujets (jui touchent au magnétisme, au spiritisme, à la magie, etc..., et dans la collection du journal américain The spiritual teïegraph, etc.

1«^ LE MONDE MAGIQUE

tablement temps pour la médecine de se relever ù un degré supérieur et de sortir de l’état où elle végète, pour avoir commis la faute de nier la puissance et l’action de la nature spirituelle?

Que mes confrères, que les maîtres de la science me permettent de déplorer devant eux l’abaissement où les notions spéculatives et pratiques de la spiritualité sont tombées au milieu des docteurs de nos Facultés. Hé quoi! dixsept siècles de christianisme pour aboutir à une médecine plongée dans la matière, moins élevée que celle du paganisme, Qi toute vétéidnaire ^ c’est-à-dire n’envisageant dans l’homme que la bête, et ne procédant avec la personne humaine que comme s’il n’existait rien en elle au delà de ce qui tombe sous les sensM

Peut-être quelques médecins philosophes daigneront-ils au moins méditer ce mot du célèbre Kant, le philosophe de la raison pure, déiste, recteur de l’Université et membre de l’Académie de Berlin : « On en viendra un jour à démontrer que l’âme humaine vit dans une communauté étroite avec les natures immatérielles du monde des Esprits; que ce monde agit sur le nôtre et lui communique des impressions profondes, dont l’homme n’a pas conscience aussi longtemps que tout va bien chez lui. » {Kant, Traunen einers Geiterschers , p. 134; — Forni, 43. Ib.)

Mais à quoi bon opposer les plus magistrales autorités à ceux qui, les réveillant contre eux-mêmes à l’exemple de nos docteurs de la consulte sarde, et pour les pousser dans les bras de leurs adversaires, restent aussi misérablement hallucinés devant la lumière des faits et des doctrines que les habitants de Sodome en face de la porte de Loth, à la-

1 Je rends, j’interprète et j’élends ici la page 180, etc., qui s’adresse à un grand nombre de docteurs modernes ; honneur à ceux (jui tournent le dos à celte ligne ténébreuse...

Page 1