CHAPITRE HUITIÈME
se jouent de toutes les puissances de la nature. Ceux qui en ressentent les atteintes vomiront , par exemple , des pierres, des coques d’œufs, des aiguilles, des pelotons de laine, ou tout objet étranger à l’alimentation, et sans jamais avoir avalé rien de semblable. Ils parleront grec ou latin ils annonceront l’avenir et se livreront à des disser-
tations sur des sciences dont les premiers éléments leur sont inconnus. J’ai vu , de mes yeux , un de ces démoniaques se gonfler en un instant le cou d’une manière effrayante, et, ce même cou reprendre au bout d’un instant ses proportions régulières. Mais disons d’un mot que ces maladies ont des caractères auxquels il est facile de les reconnaître’.... »
5” Paul Zacchias. — Zacchias, ce grand maître, traite de l’obsession et des tortures corporelles dont le démon est l’auteur. Il réfute les raisons de ceux qui niaient Tinfluence de ces Esprits sur le corps humain. Se rangeant à l’opinion d’Hippocrate et de Platon, il confirme l’autorité des plus éminents médecins, tels que Settala, Bustamantino , Condrochi, et s’en rapporte, sur les moyens de reconnaître ces ' maladies, aux traités de Césalpin, de Fortunat Fidèle et de quelques autres docteurs^. (P. 158-159.) Or, les écrits de ce savant médecin se distinguent par une érudition si vaste, un jugement si sûr, une solidité si remarquable, qu’ils furent tenus pour l’une des perles précieuses du théologien s’adonnant à l’étude des cas de conscience. (Fell. Z.)
G” Frédéric HolTmann. — Éminent praticien et professeur à rUfiiversité de Halle, Hoffmann se range par son mérite et sa science au nombre des meilleurs auteurs de médecine (Fe/. H.) ; et, dans son traité de la puissance des dé-
‘ Qua ralionc qui a dæmonibus oppressi sunt, aut a maleficiis dctinenlur, a cæleris ægrolanlibus intcrnosci valeant. — Do relattonibui^ rnediconm, 1. II, c. 2, p. 157, 158. Panormi, 1G02.
^ Lire ses questions rnédico-lf^gales. De dœmoniacis , fanaiicis, etc., I. II, t. I, {[. 18, p. 158, 150. — Vonel.. 17.07.
LE MONDE MAGIQUE
7ïions sur les corps, ce savant retrace quelques-uns des caractères qui permettent de discerner sans crainte d’erreur les maladies démoniaques. D’après sa doctrine, ni les cris^ ni les convulsions , ni les contorsions du plus effrayant aspect, ne suffisent au diagnostic de ces maux étranges. Hoffinann veut qu’on y ajoute la manie des blasphèmes et des obscénités, la connaissance et la manifestation de choses secrètes, ou de celles qui se passent à d’énormes distances ; l’usage facile de langues étrangères jusqu’alors ignorées, le développement de forces supérieures à celles de la nature humaine; le vomissement, l’éjection par le nez, les oreilles, la bouche, les conduits
urinaires de substances aussi réfractaires à l’assimilation
que le crin, que le bois, la cire, le verre, les clous, les aiguilles Tels sont quelques-uns des signes que note ce
savant, et sur lesquels il a soin de s’étendre *.
Nous signalerons enfin, les Van Helmont, les Storch, les Van Swieten, les Kerner^, sans épuiser, et à beaucoup près, les noms des cinquante médecins que nous a cités M. le D*" Forni; mais sans vouloir non plus borner nos ressources à cette liste , car aucune raison ne nous limite à ces docteurs. Libre donc à nous, libre à tout autre investigateur de
^ La Mystique de Gdrres, ouvrage dont le P. Ventura nous a signalé les dangereuses erreurs, décrit une multitude de ces phénomènes, accomplis en dehors de toute possibilité de supercherie et sous les yeux les plus exercés. Aucune explication ne peut en rendre compte , si ce n’est l’habileté presdigitatrice des Esprits, et leur art à nous rendre jouets d’illusions. Les plus habiles prestidigitateurs ont reconnu l’absence complète de l’art humain dans un grand nombre de ces cas ; et rejeter sur ce point leur témoignage, lorsqu’il s’ajoute à celui de savants de tout ordre , ce ne serait plus agir avec discernement, ce serait tomber dans l’hallucination morale, et procéder avec une absence complète de critique et de bon sens.
2 Justin Kerner, 7/is/oîre des obsédés de ces derniers temps, avec notes de L. A. Eschenmayer. Carlsruhe, 1835. — Voir, d’autre part, les Archives sur les observations de la vie magnétique depuis l’an 1840, sous la direction du D»" Horner.