IV. — L'HISTAMINASE : k
1°) En 1913, OEHME observe que le lapin résistait à une injection intraveineuse d’histamine vingt fois plus forte, si l'injection était poussée extrêmement lentement au lieu d’être faite rapidement. Il pensa que l’histamine introduite dans le torrent circulatoire se trouvait : soit neutralisée par un processus chimique exigeant un certain temps pour se développer, soit excrétée au niveau du rein, au fur et à mesure de l'injection, si celle-ci est très lente. Il pensa enfin que, pour se produire, l’action histaminique exigeait un certain taux d’histamine dans le lang, taux impossible à atteindre dans le cas d’une injection lente.
Or, au cours de l'injection intraveineise d’histamine. OEHME ne constata pas d'émission d'urine. D'autre part, les urines secrétées par cathétérisme ne présentaient aucune modification et ne renfermaient pas d’histamine. |
En fait donc, le sang avait la propriété de détruire rapidement l’histamine dans les conditions normales. Une constatation fort intéressante fut faite : quand on injectait à un autre animal, le sang de l'animal qui avait recu une injection intraveineuse lente d’histamine aucun phénomène anormal n’était observé et l'examen du sang pratiqué par la méthode de l’utérus de cobaye isolé suivant le procédé de STARLING, ne montrait aucune augmentation de son action. Donc l’histamine injectée au premier animal avait été détruite.
2°) GUGGENHEIM et LOEFFLER, en 1916, purent confirmer les observations de OEHME. Un lapin peut recevoir 50 milligrammes d’histamine sans trouble, si l’injection intraveineuse est faite avec une grande lenteur. Après l'injection, l'urine ne permet pas de déceler de traces d’histamine.
3°) PER 0S, KOESSLER et HANKE (1918) purent admi-
MENT se
nistrer, sans provoquer de manifestations anormales, 100 milligrammes d’histamine à des cobayes, animaux remarquablement sensibles à l’action de l’histamine. L'introduction de ce produit était faite soit par une sonde, .soit en capsules. Une série de dosages effectués 2 heures après l’ingestion de 100 milligrammes d’histamine permettait à KOESSLU et HANKE de retrouver :
26,8 mgr dans le contenu intestinal, << 4,7 mgr dans la paroi intestinale ; 4,5 mgr dans le foie.
Les deux auteurs concluaient de ces résultats que 73,2 mgr d’histamine disparaissaient dans l'intestin. Une très petite partie seulement des 100 mgr ingérés parvenait dans la circulation, la presque totalité étant inactivée au cours de la traversée de l’épithélium intestinal. Une dose de 0 mgr 50 injectée par voie intraveineuse était suffisante pour tuer un cobaye témoin.
4°) En 1915, déjà, ENSTIS avait constaté que du foie de buse, placé à l’étuve faisait disparaître l’histamine mise en sa présence. À 38°, en 24 heures 10 grammes de pulpe hépatique faisaient inactiver 10 milligrammes d’histamine.
9°) De même, BEST, en 1929, observa que du poumon de bœuf hâché, maintenu en suspension saline, à la température de 37° rendait inactive l’histamine.
6°) BEST et MAC HENRY, en 1930, étudièrent les qua-
lités respectives des différents tissus au point de vue :
de leur pouvoir d’inhibition sur l’histamine. Le tissu rénal et la muqueuse intestinale se montrèrent les plus efficaces. Leur pouvoir serait dû à une substance thermolabile que ces auteurs appelèrent histaminase.
7°) Perfusés dans des conditions physiologiques, suivant la méthode de STARLING, les organes possèdent également le pouvoir de rendre inactive l’histamine.