COALTAR
Le coaltar ou goudron de bouille est une substance noire, semiiluide, d’odeur désagréable, ayant une réelle valeur antiseptique. C’est un bon désinfectant pour les plaies fétides, gangréneuses. Au début on employait un mélange de plâtre et de coaltar (J à 3 p. 100). Le Beuf présenta ensuite un liquide mixte (saponine de l’écorce du Quillaia saponaria et coaltar ; 1 000 grammes de coaltar pour 2400 de teinture de saponine). En diluant à 1 p. 3 ou 1 p, 3 cet alcoolat, on a un liquide trouble qui peut servir aux injections, aux lavages des plaies, etc.
COCA ET cocaïne
Les feuilles de coca (Erylhroxulon coca), plante du Pérou et de l’Amérique du Sud, contiennent un alcaloïde très employé depuis (|uelques années en médecine.
La cocaïne est peu soluble dans l’eau, mais assez soluble dans l’alcool, l’élber, les corps gras, etc. Elle forme, avec les acides, des sels très solubles et, pour les injections hypodermiques, on se sert du chlorhydrate de cocaïne. Ce sel, comme la cocaïne, jouit de propriétés anesthésiques précieuses, quoique peu durables. On l’utilise pour les interventions rapides (extraction de dents, ouvertures d’abcès, etc.). Outre son action anesthésique, la cocaïne a une action vaso-constrictive qui l’a fait employer contre les hémorragies (épistaxis, etc.).
Ingérée (potion, pastille), la cocaïne anesthésie les muqueuses <{ui entrent en contact avec elle (bouche, gorge, estomac). Elle
se recommande donc dans les angines, gastralgies, etc. En ophtalmologie, on se sert fréquemment de collyres à la cocaïne (2 h S p. tOO). La même dose convient pour la préparation des pommades (dans les brûlures), des sirops de dentition, etc.
Pour les injections hypodermiques, il faut employer des solutions peu concentrées (2 p. tOO). On injecte, dans la seconde enfance, 1/2 à 1 centimètre cube.
Les pastilles de cocaïne contiennent un centigramme (en prendre -! à 5 par jour).
La cocaïne, injectée ou ingérée à doses trop fortes, peut déterminer des accidents graves, d’ordre paralytique et syncopal. Poulies prévenir, le D’’ Gauthier (de Charolles) a proposé d’ajouter la trinitrine aux solutions de cocaïne. Exemple:
Chlorhydrate de cocaïne 0 gr. 20
Solution de trinilrine au centième X gouttes.
Eau distillée Q. s. pour 10 centimètres cubes.
Injecter dans la peau ou les muqueuses une demi à une seringue de Pravaz.
Tropacocaïne. — Isolée de la coca du Japon par Giesel, la tropacocaïne est analogue à la cocaïne. Elle forme avec l’acide chlorhydrique un sel blanc très soluble dans l’eau, anesthésique, moins toxique que le chlorhydrate de cocaïne. On l’utilise en ophtalmologie (collyre analgésique à 2 ou .3 p. 100), et en chirurgie dentaire (injection de 1 centimètre cube d’une solution à 3 p. dOO).