FENOUIL
Le fenouil, Fœnicnlum vulgare (Ombellifères), a des propriétés stimulantes et carmi natives bien connues des anciens. 11 convient aux dyspepsies atoniques et llatulentes. On a dit aussi qu'il activait la sécrétion du lait. La pommade au fenouil (XXX gouttes d’huile essentielle p. 120 grammes d’axonge) a été utilisée contre
FER
les poux. On se sert des semences de fenouil en poudre (10 centigrammes par année d’âge), en infusion (10 à IS grammes p. 500). La racine s’emploie en décoction, \deau distillée de fenouil sert de véhicule aux potions carminatives ou bien on la remplace par V à \1 gouttes d’huile essentielle ou essence de fenouil. On a préparé aussi une teinture et un vin de fenouil.
La racine de fenouil entre dans la composition du sirop diurétique des cinq racines (Voy. Sirops).
FENUGREC
Le fenugrec, Fœnum grcecian (Légumineuses), s’emploie comme émollient et ses graines peuvent remplacer les graines de lin. Avec la farine de fenugrec, on fait des cataplasmes qu’on applique sur le ventre en cas de coliques. On peut faire des lavements, des injections avec la décoction des graines.
FER
Le fer est un des éléments constituants du corps humain; il se rencontre surtout dans le sang, qui en renferme une quantité moyenne évaluée à 3 grammes.
Ce sont les globules rouges et en particulier l’hémoglobine des hématies qui servent de véhicule au fer dans l’économie animale.
Quand le fer manque au sang, les globules rouges s’appauvrissent et l’oxygénation se fait mal.
Dans toutes les variétés d’anémie, aussi bien les anémies symptomatiques que la chlorose, le fer est en défaut ; au lieu de 3 grammes, le sang n’en contient plus que 2 grammes, 1 gr. 30, 1 gramme.
D’où l’indication de la médication ferrugineuse en pareil cas.
Le fer n’est d’ailleurs pas seulement nécessaire à la nutrition des animaux, il joue encore un rôle important dans la végétation. Si l’on fait absorber du fer aux racines d’une plante qui se flétrit et devient clilorotique, on voit les feuilles se redresser et reverdir (expériences de Gris, de Brongniart, etc.).
Le fer est à l’état ééhématosine dans les globules rouges du sang, de phosphate dans la fibrine, de biliverdine dans la bile, de mélanine dans la membrane choroïde de l’œil. Il s’élimine par
i’urine, par le liquide céphalo-rachidien, par la sueur, par les j poils, les ongles, l’épiderme. 1
Dans les maladies qui s’accompagnent d’une abondante desquamation avec chute des cheveux (fièvre typhoïde, scarlatine, etc.), la déperdition en fer est considérable pour l’organisme.
Mais elle est bien vite compensée après la guérison par l’alimentation vigoureuse que réclame et qu’obtient la faim canine ; des convalescents.
Le fer abonde dans tous nos aliments ; Boussingault en trouve 9 centigrammes p. 100 grammes dans le sang de bœuf, 1 centigramme dans le vin rouge (10 centigrammes par litre), 7 à 8 mil- , ligrammes p. 100 grammes dans les haricots et les lentilles,
O milligrammes dans les œufs, etc. Les mollusques, les huîtres spécialement, sont très riches en fer. Et ce fer des aliments a ■ l’avantage, sur celui des officines, d’ètre directement et réellement assimilable.
On a soutenu en effet que le fer des préparations pharmaceutiques n’était pas absorbé et qu’il passait presque en totalité dans les matières fécales. 7
Il est certain que l’assimilation du fer minéral est très limitée ; ; sur 50 centigrammes de fer réduit déposé par Quévenne dans • l’estomac d’un chien, un dixième seulement était absorbé (soit O centigrammes), le reste traverse le tube digestif avec les garderobes. i
Mais, quelque minime que soit l’absorption, elle existe et elle • est suffisante, étant donné que les préparations martiales sont prescrites à doses assez fortes et surtout prolongées. j
D’ailleurs Quévenne a retrouvé le fer dans les urines, Bistrow q dans le lait, etc. Bunge a nié l’absorption du fer et son utilité en ' thérapeutique ; Woltering pense au contraire que le fer se fixe d’abord dans le foie et peut être ensuite utilisé pour la formation ■ de l’hémoglobine; il subit, en effet, dans la glande hépatique, ■ des modifications (ferratine, hépatine, nucléo-protéide) qui le v
rendent assimilable. V
Mais, si nous quittons le terrain de la physiologie pour celui ^ de la clinique, nous serons obligés de reconnaître que le fer joue un rôle utile en thérapeutique et qu’il mérite d’être conservé.
INous allons étudier les indications et contre-indications du fer ’ en médecine infantile, les préparations qui conviennent au jeune ‘
FER
J âge, ainsi que les doses et les modes d’administration à recommander.
Indications et contke-indications. — Les indications de la médication ferrugineuse prolongée et intensive se présentent rarement chez les enfants, et d’autant plus rarement qu’ils sont plus jeunes.
Dans la première enfance, dans les premiers mois et même les deux ou trois premières années, sauf les cas d’anémie extrême, n’ayons pas recours au fer dont l’action échauffante et indigeste peut nuire sans compensation aucune.
Plus tard, dans la seconde enfance, chez les adolescents, chez les convalescents, aux approches de la puberté, nous pouvons employer le fer avec succès, comme tonique et reconstituant général.
Parmi les maladies qui indiquent formellement l’usage des ferrugineux, se place en première ligne la chlorose, le morbus vircjineus^ maladie de l’adolescence et de la jeunesse, plutôt que de l’enfance, mais qui cependant peut se rencontrer chez des fdlettes très jeunes.
.l’ai eu, dans mon service, une fdlette de six ans et une autre de sept ans qui présentaient tous les symptômes de la chlorose ; I décoloration de la peau et des muqueuses, souffles musicaux au i; cou, souffle systolique à la hase du cœur, etc. Chez elles, le fer a ‘ produit un hon résultat.
D’après M. Potain, ce sont surtout les hydrémiques avec agloc bulie qui seraient en droit d’attendre quelque chose de la médi- : cation ferrugineuse : « les beaux souffles vasculaires promettent
î un succès au fer; le silence des vaisseaux lui est de mauvais ( augure » .
C’est donc avant tout dans la chlorose que le fer réussira.
Mais on peut et on doit le prescrire dans les autres anémies :
J anémie lymphatique, anémie de croissance, de convalescence,
I anémie rachitique, anémie par hémorragies répétées, anémie 'i pernicieuse, etc.
Quand l’anémie dépend de troubles digestifs, de dyspepsie ato- I nique, l’indication du fer ne se pose pas, mais celle du régime et 1 des eupeptiques (alcalins, laxatifs, pepsine, noix vomique, etc.).
Cependant on peut associer avec avantage le protoxalate de fer i à la noix vomique.
De même, si i’anémie est due à une cause spécifique, à la syphilis, à la tuberculose, c’est le traitement de la syphilis, de la tuberculose, et non la saturation ferrugineuse, qui devra être institué.
Bien plus, dans toutes ces anémies symptomatiques, non seulement le fer est impuissant, mais il peut nuire.
S’il s’agit d’un anémi(|ue tuberculeux, le fer pourra provoquer des poussées congestives du côté des poumons, amener des hémoptysies, etc.
S’il s’agit d'un anémique dyspeptique, le fer augmentera la dyspepsie, fera naître ou accroître la constipation, etc.
Quand l’anémie est associée au lymphatisme et à la scrofule, le fer pourra être prescrit, mais concurremment avec un remède dépuratif, tel que l’iode, l’arsenic, etc.
Dans l’anémie pernicieuse, dans l’anémie palustre, on se trouvera encore bien de l’association du fer avec la quinine, l’arsenic, l’hydrothérapie et les amers.
J. Simon a vanté l’usage du fer, et notamment du perchlorure de fer dans la diphtérie et la fièvre typhoïde, à titre de médicament tonique, de reconstituant général. L’action locale du perchlorure de fer est en outre utilisée contre les hémorragies (épistaxis, hématémèses, etc.).
Quelques auteurs sont allés plus loin et, même après la sérumthérapie, ils préconisent le perchlorure de fer intm et extra contre la diphtérie (Watelet, Golschmidl).
L’usage interne du perchlorure de fer a été recommandé dans le scorbut, dans riiémophilie, dans le purpura, dans toutes les maladies à manifestations hémorragiques.
Mode d’administkatiox et doses. — L’administration du fer chez les enfants est assez délicate ; la forme pilulaire en effet, si usitée chez l’adulte, ne peut être acceptée que par des enfants déjà grands; et les préparations liquides ont le défaut de noircir les dents à leur passage dans la bouche.
D’autre part, on ne peut pas songer aux cachets, qui seraient déchirés, mais non ingérés en totalité, et qui, par conséquent, ne préviendraient pas l’action locale sur les dents.
On a proposé de faire boire l’enfant au chalumeau ; cela est bon s’il veut bien s’y prêter. Mais le mieux encore est de porter le médicament dans la gorge avec une cuiller. On évite ainsi lè
contact des dents, et la préparation ferrugineuse descend directement dans l’œsophage et l’estomac.
Quelle que soit la préparation de fer utilisée, il faut retenir que la dose moyenne, pour un enfant entre cinq et quinze ans, est de 10 à 20 centigrammes par jour, en 2 ou 3 prises.
Qu’il s’agisse de fer métallique (limaille, fer réduit par l’hydrogène), d’oxydes ferreux ou ferriques (éthiops martial, safran de 3Iars), de sels (sous-carbonate de fer, sulfate, protochlorure, perchlorure, lactate, citrate, protoxalate, tartrate, etc.), il n’y a aucun avantage à prescrire des doses massives, qui risqueraient d’irriter les voies digestives, sans augmenter les chances d’absorption.
Les pilules de Blancard sont à base de protoiodure de fer; celles de Rabuteau à base de protochlorure. Le carbonate de protoxïjde de fer entre dans la composition des pilules de Vallet; le carbonate ferroso- ferrique ^ dans celle des pilules de Blaud ; le lactate de fer, dans celle des pilules de Gélis et Conté; le tartrate de protoxyde de fer, dans les boules de Mars et de Nancy.
Une bonne préparation est celle qui est connue sous le nom de teinture de Mars tartarisée (solution hydro-alcoolique de tartrate de potasse et de fer).
Chez les enfants, on se sert beaucoup également de Viodure de fer, médicament très bien toléré et trouvant son indication chez les anémiques scrofuleux ou lymphatiques.
On fait un sirop d'iodure de fer contenant 10 centigrammes p. 20 grammes (1 à 4 cuillerées à café par jour).
Le fer entre, pour une proportion plus ou moins grande, dans la composition de la plupart des eaux minérales naturelles. On peut donc utiliser un certain nombre de ces eaux dans la médication ferrugineuse.
On distingue 2 classes d’eaux minérales ferrugineuses : les sulfatées et les carbonatces.
1" Eaux ferrugineuses sulfatée?) : Auteuil (70 centigrammes de sulfate de fer par litre) ; celte source, très riche en fer, est peu usitée.
2" Eaux ferrugineuses carbonatées : Spa (19 centigrammes de carbonate de fer par litre), La Bauche (14 centigrammes), Orezza (12), Scbwalbach (8), Pyrmont (7), Forges- les-Eaiix (près de 7), Benlaigue (8) ; les eaux de Bussang, Luxeuil, Condillac, en contiennent moins.
On peut évidemment utiliser toutes ces eaux, soit à la source, soit à domicile; mais il faudrait en boire de grandes quantités pour absorber l’équivalent des préparations ferrugineuses de la pharmacie.
Elles serviront d’adjuvant à la médication ferrugineuse, elles n’en formeront pas la base unique.
Et d’ailleurs, on l’a dit avec raison, le fer n’est pas indispensable à la cure de l’anémie; une bonne nourriture, une bonne hygiène, l’exercice au grand air, la gymnastique, la bicyclette, etc., peuvent suffire dans bien des cas.
Dans les cas d’intolérance stomacale invincible, on pourrait introduire le fer par la voie sous-cutanée; on a pu injecter la solution suivante :
Citrate de fer 1 gramme.
Eau distillée 15 grammes.
Une demi-seringue de Pravaz trois fois par semaine.
Quand on a su que le fer s’accumulait surtout dans le sang des animaux, on a songé à utiliser, en thérapeutique, le sang des bêtes de boucherie, du bœuf en particulier.
On a vu des parents conduire leurs enfants aux abattoirs et leur faire boire des verres de sang tout chaud, au sortir des veines. Ce procédé répugnant et indigeste, populaire encore dans certains milieux, n’a jamais été recommandé par les médecins.
On a songé alors à prescrire les jus de viandes saignantes, la viande crue et enfin l’iiémoglobine retirée du sang.
La viande crue à rendu des services; elle peut être prescrite dans certaines anémies, dans la chlorose, mais elle expose à la tuberculose, au ténia ; on choisira de préférence, pour parer à ce double danger, la viande de mouton ou celle de cheval.
Les enfants acceptent volontiers les préparations d’hémoglobine (sirop) qu’on peut donner par cuillerées à café (1 à 4 par jour suivant l’àge).
On peut prescrire ;
Hémoglobine 0 gr. 05
Phosphate de chau.<c 0 gr. 10
Pour I paquet à prendre avant le repas dans une cuillerée de lait.
Le sang défibriné a été donné en lavements par Teissier
FER. 261
(125 grammes matin et soir), lîolkine prescrivait 60 à 100 grammes de sang de veau défibriné par la bouche.
On s’est bien trouvé dans cfuelques cas de la moelle osseuse de veau (une cuillerée à café ou à soupe délayée dans du lait chaud).
Les albumi liâtes et peptonates de fer préconisés depuis quelques années auraient l’avantage, sur les autres préparations pharmaceutiques, de présenter le fer sous une forme plus assimilable, se rapprochant des composés organiques, de l’hématosine, de la ferratine, etc.
Le peptonate de fer se donnera en solution diluée (par cuillerées à café), ou en solution concentrée (par dizaines de gouttes).
La limaille de fer, le fer réduit, ont été beaucoup prescrits jadis ; on les associera aux laxatifs pour atténuer leur action excitante et échauffante.
Limaille de fer 0 gr. 15
Poudre de rhubarbe ) ... „
Poudre de caunelle ) °
Pour 1 paquet, à prendre avant le repas, dans une cuillerée d’eau sucrée.
Les sels de fer peuvent être prescrits de la même façon, en poudre, avec association de rhubarbe, de magnésie, de noix vomique.
Sous-carbonate de fer.. .
Poudre de rhubarbe....
Poudre de noix vomique Pour 1 paquet.
Protoxalate de fer 0 gr. 10
.\loès 0 gr. 10
Excipient avec glycérine Q. s.
Pour 1 pilule qui, étant molle, pourra être écrasée et ingérée facilement par les enfants.
0 gr. 05 0 gr. 20 0 gr. 01
Les pilules et dragées ferrugineuses au protochlorure de fer, au protoiodure de fer, au carbonate de fer, etc., ne sont pas d’un usage courant en médecine infantile.
Les préparations liquides sont bien préférables.
Le perchloriire de fer, en solution concentrée, se prescrit par gouttes (V à X par jour) dans un peu d’eau sucrée.
Perchlorurc de fer X gouttes.
Sirop simple 10 grammes.
Eau distillée 40 —
A prendre en quatre ou cinq fois, dans la journée (enfant de cinq à dix ans).
S'il y a hémorragie, la dose peut être doublée.
Chez les enfants à la fois nerveux et anémiques, J. Simon conseille l’association du fer à la liqueur d’ilolîmann. La teinture de Hestucheir (1 partie de perchlorure de fer pour 7 de liqueur d’Hoffmann) réalise précisément cette association. On en donnera 5 à 10 grammes dans une potion sucrée.
- En cas d’anémie pernicieuse, on associe volontiers le fer à l’arsenic :
Teinture de Mars tartarisée t ^ ,
Liqueur de Fowler î “ ^ grammes.
En prendre V] à XII gouttes par jour, en deux fois, avant le repas (seconde enfance), on peut aller jusqu’à XX gouttes et au delà en augmentant graduellement d’une à II gouttes par jour.
On prescrit encore des granules d'arséniate de fer de 1 milligramme, que les enfants prendront aisément (2 à o par jour, suivant l’àge).
Dans certains cas rebelles, le manganèse uni au fer a donné de bons résultats :
Carbonate de manganèse ) ^
Limaille de fer..... g"’
Pour 1 paquet, à prendre avant chaque repas dans un peu de miel ou de conliture.
Il existe aussi un sirop composé (citrate de fer et manganèse) contenant 4 p. 100 de sel ferro-manganique ; on en donnera une cuillerée à café par jour.
Le citrate de fer ammoniacal entre dans la composition du vin ferrugineux et du sirop de quinquina ferrugineux du Codex ; le premier ou nin chaiybé (o grammes de citrate de fer par litre de vin de Malaga) ne contient pas 10 centigrammes de sel ferrugineux par cuillerée à soupe ; le second en contient le double (10 grammes de citrate de fer p. 1 000 grammes de sirop de quinquina).
On donnera une à deux cuillerées par jour de chacune de ces |)réparations.
Avec le môme citrate de fer ammoniacal (5 à 10 grammes par litre), on peut faire diflérents sirops ou vins médicamenteux (vin de quinquina par exemple) utilisables chez les enfants.
Je passe sur les autres sels de fer, lactate^ valérianate, tartrate^