I. Avec un œuf. — Ou place dans un bol un jaune d’œuf et i
une cuillerée d’huile de ricin, on bat et on ajoute peu à peu de I l’eau tiède sucrée, puis de l’eau de fleurs d’oranger (80 grammes J de la première, 20 grammes de la seconde). 1
II. Avec le bouillon. — On prend du bouillon froid dégraissé, qu’on chauffe jusqu’à un point voisin de l’ébullition ; on ajoute sel, poivre, quatre épices; on verse l’huile de ricin et on bat jusqu’à refroidissement suffisant pour que l’enfant puisse avaler le tout.
III. Avec le café. — Même modus faciendi, ne pas sucrer le café qui doit être assez fort.
IV. Avec t orange. — On coupe une orange en deux, on exprime le jus de la première moitié dans une tasse, on verse l’buile, on recouvre avec le jus de la deuxième moitié et on avale d’un trait.
V. Avec le citron. — On exprime le jus de citron dans un verre, on frotte le verre à l’intérieur et sur ses bords avec la peau du citron; on ajoute l’huile et on avale d’un trait.
L’huile de ricin peut s’employer en lavement :
Huile de ricin 20 grammes.
Décoction de racines de guimauve ou de graines
de lin.
HYDRASTIS CANADENSIS
La racine de \llydraatis canadensis (Renonculacées) est usitée en Amérique comme tonique et antifébrile ; elle diminue la | j)ression sanguine et ralentit le cœur, llecommandée contre les
IlYDROCOTYLE.
métrorragies. On prescrit l’extrait tïuicle (5 à 6 grammes par jour), la teinture à 1 p. o (XX gouttes trois à quatre fois par jour).
IIydrastine. — En traitant par l’alcool la racine pulvérisée, et en ajoutant de l’acide sulfurique, puis de l’ammoniaque, on isole un principe cristallisé, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, formant des sels avec les acides minéraux. On l’administre en pilules ou cachets (1 centigramme par jour et par année d’âge).
IIydrasti.mxe. — Obtenue par l’oxydation de l’hydrastine, celte substance, peu soluble dans l’eau, forme des sels solubles avec les acides. Elle agit comme vaso-constricteur et jouit des mêmes propriétés hémostatiques que l’hydrastis et l’hydrastine.
On la prescrit à la dose de 1 à ^ centigrammes par jour ; le D" Falk a injecté une solution de chlorhydrate d’hydrastinine ;
Chlorhydrate d’hydrastinine 1 gramme.
Eau distillée Q. S. pour 10 cc.
Injecter 1/2 à 1 seringue de Pravaz.
HYDRATE D’AMYLÈNE
Préparé par Wurtz, ce corps a été préconisé comme hypnotique par de Mering. C’est un liquide incolore, soluble dans huit parties d’eau. On l’a employé dans l’insomnie, l’épilepsie.
On peut prescrire une potion avec 1 à 2 grammes d’hydrate d’amylène prise en une fois le soir, ou un lavement avec gomme pour émulsionner.
HYDROQUINON
En oxydantl’aniline au moyen de l’acide chromique, on obtient des cristaux incolores, solubles dans l’eau, l’alcool et Félher. Ce médicament est antithermique. Une dose de 40 à SO centigrammes donne un abaissement de 1 degré 1/2 après une demi-heure. On peut prescrire l’hydroquinon en potion convenablement aromatisée ou en cachet (20, 30, 50 centigrammes suivant l’âge).
HYDROCOTYLE
L’hydrocotyle asiatique, Hy rlrocott/ le asiaiica [OmheWii^ërQs), a été vantée contre la lèpre. Les feuilles fraîches sont plus actives
ÉtJiL
que les sèches, les racines plus que les feuilles. On a dit que l’hydrocolyle avait des propriétés diurétiques et sudorifiques. On l’a prescrite dans le rhumatisme, dans la scrofule, dans les dermatoses, mais son action est incertaine.
On a donné la poudre de feuilles et de racines (3 à dO centigrammes par année d’âge), Vextrait hydro-alcoolique (1 centigramme par année d’âge), \e, sirop fait avec l’extrait, l’a/coo/a/m-c, Vinfusion de racines (4 à 5 p. 300).
HYDROTHÉRAPIE 1
Eau froide. — L'hydrothérapie froide, dans les fièvres et ma- ^ ladies aigues, n’a pénétré en France qu’avec peine; mais aujour- m d’hui elle a triomphé et ses adversaires se font de plus en plus S rares. Avant que l’eau froide, par un retour des choses qui n’est w pas sans exemple, soit remplacée par l’eau chaude (Voy. Renaut, n Académie de Médecine, 1896), hâtons-nous de résumer ses indi- ^ cations, ses avantages, ses inconvénients, en un mot établissons 9 le bilan de cette méthode thérapeutique. 9
Sans remonter aux médecins antiques qui savaient utiliser, mieux JB que nous peut-être, les agents physiques dans la cure des maladies, rappelons que Currie, â la fin du siècle dernier (1798), avait eu ^ l’audace de traiter ses deux fils atteints de scarlatine maligne par les affusions froides et les avait guéris. Fort de ce premier succès, ^ il appliqua sa méthode à plus de 130 malades et trouva de nombreux imitateurs dont Trousseau ne fut pas le moins illustre. C Quand un malade avait de l’hy perthermie ou des accidents nerveux, Currie le faisait mettre nu dans une baignoire et prescrivait de f; lui lancer sur le corps plusieurs seaux d’eau aussi froide que f.; possible. Ces affusions étaient répétées toutes les heures. )
Les peuvent être faites avec un linge ou une éponge,
avec de l’eau pure ou aiguisée d’acide acétique, d’alcool, etc., mais . le principe est toujours le même. . ;
Au commencement du siècle, Récamier, seul parmi ses con- S temporains, ose employer le bain froid dans les fièvres putrides; il se soumet lui-même â sa méthode et se fait plonger dans un ^ bain à 13“ au cours d’une lièvre typhoïde grave dont il réchappa.
Bien longtemps avant Braml, il emploie méthodiquement l’eau froide, multiplie les bains froids, insiste sur l’utilité des alTusions
HYDROTHÉRAPIE
■ froides sur la tête pendant le bain, etc. Aune fillette de douze ans, r qu'il soignait en 1813 pour une fièvre continue, il donne 91 bains froids pendant la période aiguë de la maladie. Il note soigneusement le ralentissement du pouls, la diurèse, le retour des forces,
1 la stimulation nerveuse, procurés par le bain froid. Malheureusement sa méthode ne fît pas de prosélytes et fut abandonnée pendant un demi-siècle.
Avec Priessnitz apparaît le drap mouillé^ que Brand préconise dans la broncho-pneumonie des enfants, et dont Oscar Wyss s’est montré grand partisan.
Bartels (Yirchow’s Archiv. 1861) a employé les serviettes i mouillées entourant le dos, la poitrine, les flancs, laissées en place une demi-heure, puis remplacées par d’autres; Ziemssen (1862), les compresses froides du thorax renouvelées toutes les dix minutes pendant cinq à six heures, méthode adoptée parSteffen, Henoch. Stelîen a remplacé parfois les compresses froides par la vessie d'eau glacée. Jurgensen préférait les lotions froides et le bain froid. Avec Brand, le bain froid se développe ; appliqué d’abord aux adultes et seulement dans la fièvre typhoïde, il a, malgré des oppositions acharnées, gagné partout du terrain ; et aujourd’hui on l’emploie couramment chez les enfants, dans une foule de maladies que j’énumérerai bientôt.
En France, l’école lyonnaise a lutté avec énergie pour la balnéothérapie froide, et il y a plus de douze ans que Colrat préconisait les bains froids dans la broncho-pneumonie des enfants (Voy. Lacoiir, Thèse de Paris, 1884).
Le D'' Chaumier (Congrès de Blois, 1884) n’a pas craint de I traiter la pneumonie franche des enfants par les bains froids et il a insisté sur la sédation du cœur et du poumon, sur lasoustrac- • tion de calorique, sur le soulagement accusé par les malades, etc.
Son exemple a été suivi par un grand nombre de médecins, I par Ilutinel, Scvestre, etc.
Le 11'' Bauline, dans une thèse qu’il a préparée avec les matéi riaux puisés dans mon service [De V influence des bains froids sur 1 le cycle de la pneumonie franche chez les enfants. Paris 1895), a i montré tout le parti qu’on pouvait tirer de cette médication.
iNos vieux maîtres français, Ililliet et Barthez, IL Boger, Blache,
I etc., n’avaient jamais osé aller jusqu’au bain froid, ils s’en tenaient I au bain tiède.
Indications et contre-indications. — Pour bien saisir les indications de l’eau froide, il faut être éclairé sur son action jihysiologiqne, d’ailleurs très complexe. L’eau froide a d’abord une action réfrigérante, ce qui n’étonnera personne ; c’est un agent antilliermique. En second lieu, elle trouble la circulation cutanée, fait d’abord contracter les petits vaisseaux qui se dilatent ensuite, de sorte que la peau pâlit immédiatement pour rougir ensuite ; le premier effet astringent et constricteur n’est pas durable et il est bientôt remplacé par une vaso-dilatation, qui dégorge les organes profonds, de sorte qu’on peut soutenir que les applications froides ont une action révulsive.
Cette action révulsive se fait sentir sur le cœur, dont les battements deviennent moins fréquents et plus forts, sur la respiration qui devient aussi plus lente et plus aisée, de sorte qu’on peut dire que l’eau froide a une action eupnéique et systolique.
Cette action, très favorable et très désirable, n’est pas toujours obtenue, et l’on voit même quelquefois l’application intempestive de l’eau froide augmenter l’asphyxie et le col lapsus au lieu de relever le poumon et le cœur.
L’action révulsive et réfrigérante de l’eau froide sur la peau a pour corollaire un fonctionnement plus accusé des émonctoires et spécialement du rein; le bain froid surtout produit la diurèse, il est diurétique . Enfin il agit sur les extrémités nerveuses de la peau* et secondairement sur les centres nerveux qu’il remonte et fortifie, c’est un tonique du système nerveux. Si l’eau froide est tonique, elle est en même temps sédative et procure aux malades ' agités du calme et du soulagement; ils souffrent moins, ils dorment i mieux, ils peuvent prendre du repos. j
On voit que, sans entrer dans les explications physiologiques, j l’eau froide agit d’une façon énergique sur les grands appareils \ de l’économie par l’intermédiaire de la peau. Cette aciton sera | d’autant plus énergique que la surface d’application de l’eau sera j plus grande, et que cette eau sera plus froide, sans dépasser les I limites de la tolérance. Il est certain que le bain froid à 18" ou 20° 1 agira plus fortement que le bain tiède à 30"; que les affusions j froides, le drap mouillé, les serviettes froides auront une action j moindre que le bain froid. H y a donc, dans l’hydrolbérapie | froide, toute une gamme d’actions thérapeutiques qu’on pourra ] utiliser à leur rang suivant les indications. Cela dit, quelles J
HYDnOTIIERAPIE.
sont les maladies infantiles justiciables de cette médication?
L’eau froide est antithermique ; elle peut donc être employée dans toutes les maladies fébriles et trouve sa principale indication dans i' hyperthermie \ voici un enfant qui est atteint de fièvre typhoïde par exemple ; la température n’atteint pas 39° le soir, l’état général est bon, le cas paraît bénin, le bain froid n’est pas indiqué. Mais si la température atteint ou dépasse 40°, il faut baigner et baigner fréquemment, jusqu’à ce que la température soit tombée au-dessous de 39°. Si l’enfant réagit mal, s’il ne se réchautfe pas après le bain, si les mains et les pieds restent cyanosés, si le cœur faiblit, on s’abstiendra de la balnéation froide. On s’en abstiendra également dans les cas à^hémorrayies intestinales^ quoi qu’on en ait dit.
Le bain sera court, d’autant plus court que l’enfant sera plus jeune. Les grands enfants peuvent supporter un bain froid pendant dix minutes; les enfants de deux à trois ans ne doivent pas rester dans le bain plus de cinq minutes.
Toutes les fois qu’il y aura hyperthermie, avec ou sans délire, agitation, ataxie et adynamie, on emploiera l’eau froide, qu’il s’agisse d’une fièvre éruptive, d’une fièvœe typhoïde, d’une diphtérie, d’une septicémie hyperthermisante quelconque. J’ai employé le bain froid avec succès dans la scarlatine, dans la rougeole, dans la variole, dans la grippe, dans la diphtérie, dans la diarrhée infectieuse, dans l’érysipèle.
Aucune maladie générale infectieuse ne contre-indique le bain froid. Toutes les pneumonies et broncho-pneumonies, même chez les enfants les plus jeunes, peuvent être traitées par Teau froide.
Dans la pneumonie franche, le bain froid est presque toujours très bien supporté; dans la broncho-pneumonie, il peut être contre-indiqué.
Quand il y a un foyer petit, limité, contrastant avec des symptômes généraux intenses et une fièvre excessive, le bain froid est indiqué. Par contre, si les lésions sont diffuses, les bronches encombrées, si l’enfant présente la forme capillaire et suffocante de la maladie, le bain froid ne réussit pas ; il faut le remplacer par les draps ou les serviettes mouillés.
Le bain froid est mal supporté également dans la méningite tuberculeuse, la granulie, les maladies du cœur; on ne doit pas
le prescrire sciemment dans ces maladies, quoique, dans quelques cas, il soit assez bien toléré.
S’il y a des contre-indications pour le bain froid, pour les grandes affusions froides à la Currie, c’est-à-dire pour la réfrigération brutale qui ne redoute pas le shock et le recherche môme, il n’y en a pas pour les autres modes d’applications de l’eau froide et j’ai trouvé que les enfants supportaient tou jours bien le drap mouillé, les compresses froides, la vessie de glace, etc.
La vessie de glace sur la tête, sur le ventre, sur le thorax, sur la région précordiale, malgré sa basse température, est bien supportée, parce qu’elle agit sur une petite surface et ne refroidit pas la totalité des téguments comme le bain froid. Elle peut rendre des services contre la pneumonie, la congestion pulmonaire, la broncho-pneumonie, la péricardite, la myocardite, la péritonite, la méningite, etc.
Le drajD mouillé est excellent, assez réfrigérant et très sédatif, dans les états convulsifs avec ou sans fièvre ; il m’a rendu des services signalés dans la chorée, dans l’hystérie avec convulsions ou tremblements, dans l’irritabilité cérébrale avec agitation extrême, dans toutes les névroses de l’enfance en général.
Le drap mouillé, appliqué trois fois par jour, pendant une heure chaque fois, a fait disparaître, rapidement les mouvements choréiques chez plusieurs malades, les a calmés, leur a procuré du sommeil, a hâté la guérison.
Chez une fillette de deux ans, de père alcoolique, entrée le H juin 1896 à l’hôpital Trousseau, dans un état d’excitation extrême, avec mouvements désordonnés, agitation, cris, pleurs, le drap mouillé appliqué trois fois par jour pendant une heure, a ramené le calme très rapidement et l’enfant a pu sortir guérie le quatrième jour de son entrée à l’hôpital.
Dans les cas d’affections aiguës broncho-pulmonaires chez les petits enfants (congestion, bronchite aiguë, bronchite capillaire, broncho-pneumonie, etc.), les compresses froides appliquées sur le thorax sont très bien supportées et procurent un soulagement manifeste, quoiqu’elles n’abaissent pas la température centrale comme le bain froid. Elles provoquent, par le saisissement qu’elles déterminent et par leur renouvellement incessant, des contractions énergi([ues des muscles respiratoires, de la toux, facilitent la désobstruction des bronches, font rougir la peau, entretiennent
HYDROTHERAPIE.
autour de l’enfant une atmosphère humide favorable à la respiration. Elles n’ont que des avantages, sans avoir aucun des inconvénients de la réfrigération brutale; aussi les voit-on partout adoptées (1).
Je ne leur ferais qu’un reproche : chez les enfants jeunes, délicats, cachectiques, la peau finit par se macérer, s’entamer, et des collections de pustules d’ecthyma, de furoncles et même d’eschares cutanées ont pu succéder à l’emploi des compresses froides. Il est vrai que le bain froid lui-même n’est pas exempt de ces inconvénients, qu’on pourra éviter en employant de l’eau très propre.
Modes d’emploi, technique de l’eau froide. — Le hain froid s’emploie^ à peu de chose près, chez l’enfant comme chez l’adulte. Le premier hain, pour ne pas effrayer le malade et surtout la famille, sera prescrit à 28“ ou 30”, pendant cinq ou dix minutes. Les bains suivants seront abaissés à 2o“ et 20”. Le bain à 20“ est très bien supporté, môme par les enfants du premier âge, à deux ans, à un an et au-dessous. Mais il doit être plus court que chez l’adulte, cinq minutes au moins, dix minutes au plus. Pendant que l’enfant est dans le bain, on lui verse sur la tête et sur la nuque de l’eau très froide. Sorti du bain, on le réchaulfe en le frictionnant dans une couverture chaude, et, pour activer la réaction, on lui fait prendre un peu de grog ou de café chaud, et on lui met des houles d’eau chaude aux pieds.
Le bain peut être renom'elé toutes les trois heures sans inconvénient; on constate, après le hain, que la température centrale est tombée de 1“, 1“ 1/2, parfois 2 degrés; mais elle ne tarde pas à remonter, et, dans les cas très graves, on pourrait redonner le bain, aussitôt que le thermomètre aurait atteint son niveau supérieur, sans attendre les trois heures de la méthode de Brand. Dans les cas de moyenne intensité, on ne sera pas systématique, et l’on ne donnera de bains que toutes les quatre ou six heures.
Au premier bain, l’enfant généralement crie et se débat, puis il en éj)rouve un tel soulagement qu’il ne fait plus de difficulté; j’ai môme vu des enfants qui réclamaient le bain froid.
Le drap mouillé, moins réfrigérant et moins pénible que le bain froid, est d’une application facile. On prend un drap de la grandeur de l’enfant ou un peignoir de bain à sa taille, on le trempe dans
(1) Sevestre les emploie avec succès dans le croup et les laryngites sulîocantes pour coiubaUrc le spasme laryngé.
de l’eau froide (1S°), on l’exprime bien, pour qu’il ne ruisselle pus, on l’étend sur une couverture de laine, on porte l’enfant tout nu sur ce drap étendu, et on le recouvre entièrement en rabattant sur lui le drap et la couverture, la tète et les pieds dépassant seuls le drap mouillé. Pour faciliter la réaction, on exerce des frictions, des massages sur le corps, à travers la couverture. L’enfant frissonne d’abord et ne tarde pas à se réchauffer ; souvent même il s’endort dans le drap mouillé. On peut le laisser une demiheure, une heure ou davantage. Quelquefois on se contente d’une application par jour; souvent on en prescrit 2 ou 3. Dans les névroses convulsives, je conseille trois draps mouillés d’une heure chacun par jour.
Les serviettes mouillées^ intermédiaires au drap mouillé et aux compresses mouillées, entourent le thorax, les épaules, l’abdomen; elles s’appliquent de la même façon que les compresses.
Les compresses mouillées, beaucoup moins actives que le bain froid et le drap mouillé, doivent être renouvelées plus fréquemment; ce que l’action réfrigérante perd en intensité, elle doit le gagner en répétition. On prend des pièces de tarlatane ou d’étoffe à trame claire pliées en 8 ou lü doubles, de façon à former une bonne épaisseur. On en fait une sorte de bandage de corps assez long pour entourer complètement le thorax, assez large pour occuper toute la hauteur de ce même thorax; on se munit d’une pièce de toile cirée, de taffetas gommé, de taffetas chiffon, de dimensions égales pour empêcher l’évaporation en recouvrant les compresses humides.
L’enfaut étant assis nu sur son lit, on imbibe les compresses avec de l’eau très froide, au besoin refroidie avec de la glace (précaution indispensable en été) ; on les exprime avec soin, et on les applique sur le thorax, maintenant le tout avec quelques épingles de nourrice.
L’enfant réagit peu, lutte peu contre cette médication; il n’a pas de frisson et réchauffe très vite ses linges mouillés. 11 faut les changer fréquemment, d’heure en heure, de quart d’iieure en quart d’heure. Quand on les retire, on voit que la peau est rouge comme si elle avait été sinapisée. Cela témoigne en faveur de la révulsion produite par les compresses imbibées d’eau froide.
Quelques auteurs conseillent d’ajouter à. l’eau un peu d’alcool ; on a alors les compresses alcoolisées, qui seraient à la fois ré fri-
HYDROTHÉRAPIE
gérantes et excitantes; cette addition serait bonne dans les cas d’adynamie et de collapsiis.
Dans les cas de broncho-pneumonie, de pneumonie, de congestion pulmonaire, les serviettes ou compresses mouillées sont appliquées autour de la cage thoraéique. C’est l’usage le plus commun.
Mais, dans quelques cas, elles peuvent être appliquées autour de l’abdomen et du bas-ventre : coliques intestinales, poussée péritonitique, anurie, etc. En cas d’anurie, elles pourront quelquefois lever l’obstacle à l’excrétion urinaire, quand cet obstacle est fonctionnel.
On les emploie aussi autour des jambes [bottes mouillées)^ en . cas de convulsions; elles remplacent alors avantageusement les sinapismes et bains sinapisés qui pourraient exciter l’enfant et favoriser les convulsions. Monteunis les a associés avec succès aux petits lavements d’antipyrine pour calmer la convulsionabilité infantile. Elles peuvent trouver leurs indications dans les angines et laryngites aiguës, dans la céphalalgie grippale, etc.
Nous n’avons pas épuisé les modes d’application de l’eau froide. Les lotions ou affusions froides avec l’éponge, soit dans le lit, soit dans le tuh^ sont très employées, môme chez les enfants bien portants. Elles agissent un peu à la manière de la douche, avec un choc mitigé.
Chez les enfants grandets, on peut avoir recours à la douche en jet et en pluie, tiède d’abord pour tâter le terrain, puis de plus en plus froide. La douche doitètre toujours très courte (1 cinquième ou 1 quart de minute). Je l’ai prescrite fréquemment dans la chlorose, l’hystérie. Mais beaucoup de fillettes ont peur de la douche et n’en éprouvent aucun bénéfice. Chez elles il y a tout avantage à la remplacer par le drap mouillé.
Les grands lavements cV eau froide sont des moyens de réfrigération moins importants que les applications cutanées; cependant ils peuvent jouer un rôle utile dans la fièvre typhoïde, la scarlatine, la rougeole, l’ictère, l’urémie, etc.
Bains ciiAuns. — Les bains chauds sont très employés en médecine infantile. L'enfant nouveau-né est baigné dès sa naissance. Le premier bain sert à le débarrasser de l’enduit sébacé qui le recouvre. Il faut avoir soin de ne pas laisser pénétrer l’eau du bain dans les cavités naturelles (bouche, narines, yeux). Si l’en-
faut est peu vivace, en état de mort apparente, on le plonge dans un bain chaud (38°) additionné de farine de moutarde (20 à 30 grammes). On le frictionne dans le bain et au sortir du bain on l’enveloppe de couvertures chaudes.
Les bains tièdes quotidiens (34“ à 3o°), courts (trois à cinq minutes), sont très recommandables dans les premiers mois de la vie; plus tard, on peut se contenter de un ou deux bains par semaine, la toilette de l’enfant étant faite tous les jours à l’eau chaude sur tout le corps.
Le hain chaud a des applications médicales très étendues, plus étendues certainement que le bain froid. Il y a peu de maladies qui contre-indiquent les bains chauds. Tout enfant malade, ayant de la lièvre, de l’agitation nerveuse, toussant ou ne toussant pas, se trouvera bien du bain à une température voisine de celle du corps (34° à 37°). 11 en sortira plus calme, rafraîchi, soulagé.
On a voulu aller plus loin et systématiser l’usage des bains chauds (36°, 38°) dans certaines maladies de l’enfance, notamment les bronchites fébriles, la bronchite capillaire, la broncho-pneumonie. D’après Renaut (de Lyon) l’emploi des bains chauds chez les enfants atteints de bronchite grave empêcherait cette bronchite de se capillariser.
Le bain est renouvelé toutes les trois heures, on le donne à 38°, pendant cinq, dix ou quinze minutes. Sans aller aussi haut, j’ai souvent prescrit le bain à 3o° ou 36° chez les enfants qui ne toléraient pas le hain froid et j’en ai obtenu de bons effets. Mais je ne partage pas, pour cette méthode, l’enthousiasme de M. Renaut.
MM. Bouchard et Le Gendre ont préconisé le bain chaud graduellement refroidi; la température initiale du bain est inférieure de 2 degrés à la température rectale de l’enfant ; s il a 40 degrés, le bain eu aura 38 ; de dix en dix minutes, on abaisse la température du bain de un degré par addition d’eau froide et on relire l’enfant quand l’eau du hain est descendue à 30 degrés. Cette méthode ne me semble pas recommandable chez les enfants à cause de la durée trop grande du bain. Les adultes supportent bien tes bains prolongés, les enfants pas.
Entre le hain chaud de Jlenaut (38°) et le hain froid de Brand (18° à 20°), il y a toute une gamine de balnéation tiède qui peut être utilisée suivant les circonstances.
.l’ai donné les bains à 32°, 30°, 28“, 23°, etc. Si l’on veut chez
HYDROTHÉRAPIE
un enfant employer l’eau froide, il est bon de tâter le terrain et de prescrire d’abord le bain tiède. Le premier bain sera toujours court et tiède : 28“, 25“ pendant trois à cinq minutes; si l’enfant a bien supporté ce bain, le second pourra être refroidi de plusieurs degrés. Il y a, dans cette question complexe de la balnéation, affaire de tact, de mesure, d’observation clinique. C’est au médecin, et au médecin seul qu’il appartient de décider en pareille matière.
Le bain général est le plus employé; mais, dans quelques cas, on peut prescrire un bain local, bain de siège et surtout bain de pieds, qui sera donné très chaud et additionné de fai-ine de moutarde (15 à 20 grammes). Ce bain est très utile dans les laryngites et angines aiguës comme dérivatif et décongestionnant.
Bains médicamenteux. — Ces bains sont réclamés par une foule d’états morbides. Les enfants nerveux, excitables, agités, sont calmés par les bains tièdes prolongés, qu’on peut additionner de tilleul et d’oranger :
Tilleul avec bractées 50 grammes.
Feuilles d’oranger 10 —
Faites infuser dans eau bouillante 1000 —
Ajoutez à l’eau du bain (environ 50 litres). Ces bains calmants (à 34“ et 35“) seront prolongés pendant quinze, vingt, trente minutes ; on les donne généralement le matin ; mais si l’agitation est nocturne, on peut les donner le soir, deux ou trois heures après le dernier repas. On peut mettre dans le bain tO à 20 grammes de bromure de potassium.
\ côté du bain calmant, le bain stimulant et excitant (diarrhées graves, atlirepsie, faiblesse congénitale, coma, collapsus, etc.) :
Furiue de moutarde 100 grammes.
Eau tiède 30 litres.
On place la farine de moutarde dans un sac en toile et on trempe dans l’eau du bain. Tel est le bain sinapisé. On peut aussi faire des pédiliives ou maniiluves sinapisés, en projetant 40 ou 50 grammes do farine de moutarde dans un bassin contenant 5 à G litres d’eau tiède.
Le bain de vin est quelquefois employé comme stimulant : les bains de lait et de sang sont tombés en désuétude.
Los bains salés, si souvent prescrits (scrofule, l’acbitisme, anémie, etc.), agissent comme excitants et stimulants généraux;
la peau absorbe peu ou pas les principes médicamenteux introduits dans les bains; mais ces principes agissent sur les extrémités nerveuses de toute la surface cutanée, stimulent ainsi le système nerveux (régulateur de la nutrition) et, par voie réflexe, activent les échanges nutritifs. La sécrétion rénale est augmentée, l’urée est excrétée en plus grande quantité, les produits de désintégration moléculaire sont éliminés plus rapidement, la nutrition est accélérée.
Les bains salés, quand ils sont trop chargés en chlorure de sodium, amènent une irritation cutanée eczématiforme, une dermite qui oblige à restreindre la durée du bain ou à diminuer la dose de sel :
Chlorure de sodium I kilogramme.
Eau tiède 30 à 35 litres.
Durée du bain :di.x, quinze, vingt minutes.
Le bain salé moyen contient 3 p. tüO de sel : c’est la proportion ordinaire du bain de mer naturel. Cette proportion est dépassée de beaucoup dans les stations minérales (Saltes-de-Béarn, Briscous- Biarritz, Miserey-Besançon); aussi est-on obligé de couper d’eau ordinaire ces eaux trop fortement salées.
On peut donner des bains à domicile avec les eaux-mères de ces sources (un paquet de 500 grammes de sel d’eaux-mères, ou un flacon de 1/2 à 1 litre d’eaux-mères).
Les bains salés, éminemment toniques, reconstituants et résolutifs, doivent être employés pendant longtemps, tous les jours ou tous les deux jours.
Quand ils sont trop irritants, on peut les mitiger avec l’amidon, le carbonate de soude :
Chlorure de sodium 1000 grammes.
Amidon 500 —
Carbonate de soude 50 —
Pour un bain.
A coté du bain salé naturel ou artificiel doit se placer le bain sulfureux, (|ui a une action stimulante et reconstituante analogue. On prescrit ;
Trisiilfure de potassium 30 à 50 grammes.
Eau tiède 30 à 40 litres.
La baignoire sera en bois ou émaillée. Quoique l’absorption cutanée soit à peu près nulle, on prescrit quelquefois les bains
IIYDUOTllEUAPlli.
iodurés et les bains mercuriels. Ces bains agissent surtout quand la peau est le siège de lésions suintantes ou ulcérées (gommes, plaques muqueuses, fistules), qui permettent une certaine absorption :
Iode 2 grammes.
lodiire de potassium 10 —
Eau 200 —
Jetez cette solution dans l’eau du baiu (baignoire en bois).
Sublimé corrosif 3 grammes.
Chlorui’e de sodium ou d’ammonium ou alcool à 90°. 10 —
Eau chaude 30 litres.
La baignoire sera en bois ou émaillée. La dose de sublimé est de 1 p. 10 000.
Le bain de sublimé rend des services dans la syphilis héréditaire, comme spécifique, et dans certaines dermatoses (eczéma, ecthyma, impétigo, prurigo parasitaii-e) comme antiseptique.
Les bains peuvent recevoir une foule d’autres substances plus ou moins actives, émollientes, adoucissantes, astringentes, etc. On fait des bains de son, d’amidon, de feuilles de noyer (oOO à 1000 grammes), des bains alcalins (100 à 200 grammes de carbonate de soude, etc.).
DE MER. — Les bains de mer et l’atmosphère marine (séjour sur les bords de la mer) peuvent être très utiles aux enfants atteints de maladies chroniques, ou simplement affaiblis par les maladies, la croissance, la vie urbaine, etc. Mais il faut bien saisir les indications et les contre-indications.
Indications et contre-indications. — Les enfants au berceau sont trop jeunes pour bénéficier de la cure maritime ; en règle générale, il ne faut pas envoyer à la mer les enfants au-dessous de trois ans. Exception doit être faite pour les rachitiques qui, à partir de deux ans, et même avant, pourraient bénéficier de la cure marine tempérée (bains de mer chauds).
Les enfants lymphatiques, anémiques, faibles de constitution, ceux qui relèvent de maladie, ceux qui, ayant grandi trop vite, sont maigres, pâles, inertes et défaillants, les scrofuleux (adénopathies, tumeurs blanches) et scrofulo-tuberculeux, les rachitiques, tous les enfants délicats, épuisés, à nutrition languissante, sans appétit, sans entrain, se trouvent merveilleusement bien des bains de mer.
Mais si ces enfants sont nerveux, très excitables, à plus forte raison s’ils sont hystériques, épileptiques, choréiques, ils devront fuir la mer, qui les exciteraitdavantage, les priverait de sommeil, etc. Les enfants atteints de blépharo-conjonctivite, de kératite, d’otites, de bronchites, de tuberculose pulmonaire, de rhumatisme, de maladies du cœur, d’eczéma, de coqueluche, d’affections prurigineuses, devront être éloignés de la mer. Ces contre-indications sont surtout formelles pour les plages du Nord et de l’Océan, elles le sont moins pour celles de la Méditerranée.
Technique des iîains. — Les bains de mer seront pris loin des repas (trois heures après), entre dix heures du matin et cinq heures du soir.
Ils seront toujours très courts, une minute pour le premier bain, deux, trois, quatre, cinq minutes au plus pour tes suivants. On ne prendra pas plus d’un bain par jour. On choisira de préférence le moment de la marée. Si l’enfant est trop jeune^ trop excité par le bain de mer froid, on lui donnera des bains chauds graduellement refroidis (38°, 3.o“, 33", 30"). Ces bains pourront être plus longs que les bains froids (dix, quinze, vingt minutes). Après le bain, et pour faire la réaction, l’enfant devra se promener, jouer, faire de l’exercice.
On ne prendra de bains que trois ou quatre jours après l’arrivée.
Si, au bout de quelque temps, l’enfant est trop excité, s’il dort mal, s’il n’a pas d’appétit, s’il est constipé, s’il ne s’accoutume pas à la mer, on le fera partir.
Le bain n’est pas tout dans la cure marine, Tair de la mer est beaucoup et peut suffire; l’enfant devra vivre le plus possible, toute la journée, au dehors, sur la plage, exposé aux vents salés qui viennent du large.
Le séjour sur le bord de la mer, pour être très elficace, sera prolongé des semaines et des mois, suivant la gravité des cas.
Pour les rachitiques et les scrofulo-tuberculeux, c’est par semestres et par années qu’il faut compter le séjour sur les bords de la mer. Le IT Vidal (d’IIyères) est partisan des séjours répétés plutôt que prolongés, et le règlement des hôpitaux de Lyon, pour le sanatorium de Giens, accorde une moyenne de quarante jours seulement de séjour, avec renouvellement suivant les besoins.
L’enfant sera soumis à une hygiène particulière, couvert de vêtements chauds, surtout le matin et le soir. On lui donnera une
HYDROTHERAPIE
nourriture peu écliauffante : viandes blanches, poissons, œufs, lait, potages, légumes. On s’abstiendra des viandes noires, saignantes, du vin pur, du thé, du café, des mets épicés et excitants. L’enfant se couchera de bonne heure, ne veillera jamais, ne fréquentera pas les salles de spectacle, casinos, etc.
Climats, plages, saxatoria et hôpitaux marins. — La France, si richement pourvue de plages de toute sorte, peut être divisée, sous le rapport des climats maritimes, en trois régions principales :
t“ Région du No?'d, entre Dunkerque et Brest ; la mer est forte, les Aœnts du large sont souvent violents ; le climat est excitant et convient surtout aux enfants mous, lymphatiques, peu excitables.
2“ Région de l'Ouest, entre Brest et Bayonne; le climat est plus doux et plus chaud, surtout quand on descend vers le golfe de Gascogne. Les plages de l’Océan conviennent aux enfants qui seraient trop excités par les plages de la Manche.
3" Région de la Méditerranée ou du Midi, dont les plages, sans marée, avec un climat chaud l’été, doux l’hiver, conviennent surtout aux enfants nerveux, excitables, aux tuberculeux, aux üls d’arthritiques. Dans cette région, les enfants peuvent prendre des bains même pendant l’hiver (Cannes). Quel que soit le climat choisi, on devra s’adresser de préférence aux plages de sable ou mixtes, car les plages à galets sont dangereuses et difficilement utilisables pour les enfants.
Le traitement maritime a pris depuis quelques années un très grand développement et de nombreux sanatoria et hôpitaux marins ont été créés; je citerai les principaux :
Rerck-sur-Mer (hôpital de l’x\.ssistance publique de Paris, hôpital Rothschild, hôpital Cazin-Perrochaud) ; Saint-Pol-sur-Mer, près de Dunkerque, dans le Nord.
Pen-Rron, dans l’Ouest, près de Saint-Nazaire ; Arcachon, également dans l'Ouest; Saint Trojan (lie d’Oléron).
Banyids-sur-Mer , Giens (Ilyères), sur les bords de la Méditerranée.
Ün petit sanatorium privé a été fondé à Ver-sur-Mer, un auti'e plus important (Institut Verneuil) à La Raide (Loire-Inférieure). B y en a d’autres à Cannes, à Cette et dans d’autres villes plus ou moins importantes.
Eaux minérales. — Les eaux minérales naturelles, dont la France offre une gamme si riche et si variée, sont d’un usage
fréquent en médecine infantile. Parmi les plus employées, il faut citer les chlorurées sodiques froides (type Salies-de-Béarn) ou chaudes (type Bourbonne), les sulfureuses froides (type Challes) ou chaudes (type Luchou), les chlorurées sulfurées (type Uriage), les arsenicales (la Bourbon le, Mont-Dore), les bicarbonatées sodiques (\ichy, Royat, Saint-Nectaire), les ferrugineuses (Forgesles-Eaux, Bussang, etc.).
A quel âge les enfants peuvent-ils profiter d’une cure thermale? S’ils sont rachitiques, ils peuvent, dès le premier âge, à dix-huit mois, à deux ans, être envoyés aux eaux chlorurées sodiques fortes. En dehors de celte circonstance, il est rare qu’un enfant soit déplacé avant trois ou quatre ans.
Il n’est pas prudent, sauf les cas d’urgence, d’exposer les enfants trop jeunes aux fatigues d’un long voyage, à la réaction parfois vive et à l’excitation de certaines eaux sulfureuses, dont Je parlerai ultérieurement. Quand on sera consulté sur le choix d’une station, on tiendra compte, non seulement de la maladie qui fournit l’indication principale, mais de l’àge, du tempérament, de l’excitabilité plus ou moins grande du sujet. Un enfant trop jeune, trop nerveux, trop excitable, ne sera pas envoyé aux Eaux-Bonnes, par exemple, ou aux eaux similaires, dont l’action pourrait lui être nuisible.
On le dirigera de préférence sur le Mont-Dore, la Bourboule, Royal.
Par contre, s’il est un peu âgé, s’il a atteint ou dépassé l’àge de dix ans, s’il est mou, lymphatique, s’il ne réagit pas, on l’enverra aux Eaux-Bonnes quand l’indication se présentera. M. Jules Simon a insisté avec raison sur ces faits; cependant il ne faut rien exagérer, il y a là une question de mesure et d’application, et les médecins des eaux sulfureuses des Pyrénées déclarent à l’envi qu’ils peuvent traiter, sans danger, les enfants déclarés trop jeunes (quatre à cinq ans), en proportionnant les doses à l’àge des sujets.
Les eaux minérales sont indiquées d’une façon générale dans toutes les maladies chroniques que l’hygiène et les moyens phar-' maceutiques ne peuvent guérir ; on verra plus loin que la liste de ces maladies est longue. Quand on enverra un enfant aux eaux, on s’assurera c[u’il ne présente pas une poussée aiguë, une exacerbation de sa maladie chronique. Par exemple, un tuberculeux
HYDROTHÉRAPIE
atteint de fièvre, de congestion, d’hémoptysie, ne devra partir qu’après l’apaisement de ces symptômes; un eczémateux dont la dermite présentera quelque acuité attendra la sédation de cette poussée av^ant de se mettre en route. Les eaux minérales employées à contre-temps aggraveraient la situation des malades. Les contre-indications générales sont : les maladies fébriles, le rhumatisme aigu, les maladies organiques du cœur ou d’autres A'iscères (sclérose du foie, cancer, ramollissement, hémorragie du cerveau).
Pour ce qui est des maladies organiques du cœur, l’ostracisme n’est pas unanime. Le D'’ de Bosia déclare que les eaux de Bourhon-Lancy et de Bourhon-l’Archambault peuvent soulager et même guérir des lésions valvulaires.
L’emploi des eaux minérales à domicile est très restreint chez les enfants ; cependant on prescrit assez souvent, même chez les nourrissons, les eaux alcalines en petite quantité, pour faciliter la digestion. Plus tard, on donne assez facilement les eaux ferrugineuses, sulfureuses, arsenicales, pour combattre les états morbides auxquels s’adressent ces eaux. Mais le traitement hydrominéral à domicile est bien inférieur à celui de la station même ; il ne saurait lui être comparé, et il ne peut servir que d’adjuvant, d’auxiliaire, d’appoint.
Le problème des eaux minérales se pose ainsi : Etant donné une maladie ou même un malade qui doit bénélicier d’une cure thermale, à quelle station faut-il l’adresser?
Pour répondre à cette question, il faut étudier avec soin la maladie et le malade, et la clinique seule peut fournir la solution. Ce que je vais dire ne doit être considéré que comme un aperçu, un guide très général, destiné à montrer au praticien les grandes lignes, en lui laissant le soin de prononcer en dernier ressort.
Je procéderai par maladies et par appareils, pour mettre un peu d’ordre dans le sujet.
I. Ly.mpuatisiie, schofuce, scrofl’lo-tuberculose. — Les enfants lymphatiques, scrofuleux ou scrofiilo-tuberculeux (tuberculose locale), qui ne peuvent aller à la mer, soit parce qu’ils sont trop jeunes, soit parce qu’ils sont nerveux, irritables ou atteints de maladies qui se trouveraient mal de l’atmosphèi’e maritime (maux d’yeux, maux d’oreilles, dermatoses, bronchites, rhumatismes, etc.), seront dirigés vers les stations chlorurées-sodiques
fortes : Dax, Salies-de-Béarn, Briscous-Biarritz, Miser ey -Besançon, Salins (Jura), Salins-Moutiers, Salies-du-Salat, Mondorf (Luxembourg), Sierck (Lorraine), Bex-Lavey (Suisse). Parmi ces eaux, il en est quelques-unes qui peuvent être fréquentées à l’avant et à l’arrière-saison (mars, avril, septembre, octobre) : je veux parler de Salies- de-Béarn, de Biarritz et de Dax.
Ces eaux sont toniques, reconstituantes, résolutives ; elles agissent bien sur le tempérament scrofuleux et sur ses manifestations, sur les adénites suppurées ou non, sur les caries, les ostéites, les tumeurs blanches, la coxalgie, le mal de Pott. Ce sont des eaux chirurgicales autant que médicales.
Si l’enfant n’a que du lymphatisme, il peut se trouver bien dans d’autres stations ; la Bourboule, Saint-Nectaire, Louëche-les- Bains, etc.
La scrofule est encore soignée avec succès par les eaux chlorurées-sodiques chaudes de Bourhonne-les-Bains, Bourbon- V Archambault, Bourbon-Lancy , Balaruc. Les enfants scrofuleux qui auront en même temps des douleurs rhumatismales ou rhu matoïdes seront dirigés de préférence vers ces stations.
Il existe à Dax, indépendamment des eaux et boues propres à la cure du rhumatisme, des eaux salines et des eauxmères qui conviennent au traitement de la scrofule et de toutes ses manifestations, et qui méritent aussi le nom &'eaux chirurgicales.
Dans les stations chlorurées-sodiques fortes, les bains ne sont pas seuls employés : on agit souvent localement sur les ganglions, les tumeurs blanches, les engorgements viscéraux, le carreau, par des compresses ou des ceintures imbibées d’eauxmères, à titre de révulsif puissant et souvent efficace.
Après les eaux chlorurées sodiques, il faut recommander les eaux arsenicales, la Bourboule, qui, à la fois chlorurée, alcaline et arsenicale, est une eau excitante ; elle convient bien aux adénopathies scrofuleuses, surtout consécutives aux dermatoses; elle est spécialement indiquée dans l’adénopathie trachéo-bronchique; elle remonte les enfants lymphatiques sans lésions apparentes, mais elle ne convient pas à ceux qui sont trop nerveux et trop excitables.
Les scrofuleux avec dermatoses concomitantes se trouveront également bien à'Uriage, eau à la fois chlorurée sodique et sul-
IIYDIIOTHERAPIE.
furée ; elle s’adresse aussi aux enfants atteints de coryza, d’ozène, d’otorrliées chroniques.
Les scrofuleux obèses seront adressés à Brides.
Tout le groupe des eaux sulfureuses, qu’elles soient froides, comme Challes., Enghien, Gazost, Pterrefonds, la Roehe-Posay ; ou chaudes, comme Liichon., Barèges, Cauterets, Moligt, Ax, Sain!.-Sauoew\ Gréoulx., Saint-Honoré, la Preste, réclament la scrofule.
Les manifestations profondes de la scrofulo-tuberculose, les caries osseuses, les fistules ossifluentes, seront traitées par Barèges.
Challes réclame aussi la scrofule invétérée et la cachexie scrofuleuse : cette eau, plus sulfureuse que ses congénères, est cependant moins excitante, mieux tolérée, parce qu’elle est froide ou parce qu’elle contient une notable proportion de bicarbonate de soude. D’ailleurs les eaux sulfureuses chaudes ne sont pas toutes également excitantes : Eaux-Chaudes, Saint-Sauveur, Saint-Gervais, Moligt.
Les manifestations profondes de la scrofule comme celles de l’hérédo-syphilis sont également bien traitées parles eaux iodurées de Saxon (Suisse).
II. Anémie et chlouose. — L’anémie des enfants lymphatiques, faibles de constitution, l’anémie des convalescents et des dyspeptiques, l’anémie de croissance, de surmenage, l’anémie des grandes villes, toutes ces variétés d’anémie, sans lésion notable, avec ou sans hérédité, sont aisément améliorées ou guéries parle changement d’air, la campagne, la mer, la montagne, ou les eaux minérales ferrugineuses, chlorurées et sulfureuses, arsenicales, etc.
Les eaux de Spa, Orezza, la Bauche, Marcols, Bussang, Renlaigue, Château-Thierry, Brucoiirt, seront conseillées comme eaux ferrugineuses, soit à la source, soit à domicile.
Toutes les eaux chlorurées sodiques énumérées plus haut [Salies- de- Béarn, etc.) sont recommandables. De môme les eaux sulfureuses. Enfin, parmi les arsenicales, la Bourboule se place au premier rang. On y enverra les anémiques qui ne sont pas troj) excitables et qui digèrent bien. Les anémiés dyspeptiques seront dirigés de préférence sur Saint-Nectaire ou Boyat.
La chlorose vraie, quand elle n’est pas très grave, se trouvera
également très bien de la Bourboule, Rojjat, Chateldon, Luxeuil ; cette dernière station convient surtout à la chlorose compliquée de douleurs, de rhumatismes, de dysménorrhée.
Ludion peut être conseillé ainsi que Saint-Gervais, qui est à la fois reconstituante et sédative.
Bagnères-de-Bigorrc réclame aussi les chlorotiques, de même que les eaux de Forges et similaires précédemment citées.
Les anémies pernicieuses progressives, la leucocythémie, seront dirigées sur la Bourboule, ou sur les chlorurées sodiques fortes.
III. RachiïiSxME. — Le rachitisme, qui se trouve si bien du traitement maritime quand il n’y a pas de contre-indication tirée de l’âge ou d’une maladie concomitante, est réclamé par les eaux chlorurées sodiques fortes [Salies-de-Béarn^ Briscous-Biarritz, Miserey-Besançon, Salins-du-Jura, Balaruc, Salies-du-Salat, Salins-Moutie7's, Dax-Salms, Bex-Lavey), qui font merveille dans le traitement de cette affection.
On voit des rachitiques impotents et déformés se redresser rapidement sous l’influence d’une série de bains salés. Quand on ne peut conduire les enfants à la source, on remplace le traitement thermal par les hains à domicile avec du sel de cuisine ou des sels d’eaux-mères de Salies et autres, qui, à la dose de 3 grammes de sel pour 100 d’eau, ont une action manifeste sur la nutrition générale du corps et la nutrition spéciale des os.
IV. Obésité. — L’ohésité, plus rare chez les enfants que chez les adultes, ne commence à se dessiner que dans la seconde enfance; elle atteint surtout la descendance des arthritiques.
On enverra les enfants obèses à Brides-les-Bains, Châtel-Guyon, Santenay, d/?'ers(Lot), Hombourg, Kissingen, Bourbonne-les-Bains, Saint-Gervais. La cure thermale n’est d’ailleurs qu’une faihle partie du traitement dans cette maladie chronique si difficile à guérir ; l’hygiène thérapeutique prime tout le reste.
V. Diabète. — Le diabète des enfants, généralement héréditaire, est un diabète maigre, rapide, qui offre peu de prise à la thérapeutique. En désespoir de cause, on enverra les petits diabétiques à Vichy, où Sénac, avec sa franchise habituelle, déclare n’avoir rien obtenu.
Après Vichy et Vais, on doit essayer la Bourboule, moins débilitante, puis Royal, et peut-être Saint-Nectaire et tes eaux salines {Salins-du-Jura).
HYDROTHÉRAPIE
YI. Paludisme. — Le paludisme chronique, la cachexie paludéenne, rares dans notre pays, mais communs ailleurs (Amérique du Sud, Roumanie, etc.), seront traités par les eaux de Plombières, et surtout la Bourboule, quand les jeunes sujets pourront supporter ces dernières ; sinon on conseillera Royal, puis les eaux chlorurées sodiques, les hains de mer, les eaux ferrugineuses, les sulfureuses [Liixeuil, Forges, Ludion, etc.).
VII. Rhumatisme. — Le rhumatisme articulaire aigu ou même subaigu contre-indique la cure thermale ; on n’enverra aux eaux que les enfants atteints de rhumatisme chronique, de douleurs rhumatoïdes, de rhumatisme déformant. De nombreuses stations s’otfrent en pareil cas.
En premier lieu on doit placer les eaux chlorurées sodiques chaudes de Bourbonne-les-Bains, Bourbon- V Archambault, Bourbon-Lancy , Balaruc, et les bains de Saint- Amand, Dax, Barbotan, Balaruc, Préchacq.
Les fils de goutteux et de rhumatisants qui ont des douleurs, les enfants atteints de coxalgie rhumatismale ou autres arthralgies de même nature, se trouvent particulièrement bien de Bourbon-Lancy , qui est une vraie station d’arthritiques.
A conseiller encore Evaux (Creuse), Bagnères-de-Bigorre, Amélie-les-Bains, la Malou, Châteauneuf, Luchon, Barèges, Chaudes- Aigues, Saint-Alban, Cransac, Aix-les-Bains.
Les eaux sulfureuses se recommandent surtout aux rhumatisants peu excitables; les rhumatisants dyspeptiques seront envoyés à Plombières, Luxeuil ou Royal. Luxeuil conviout surtout aux cas compliqués d’anémie.
Les bains de boues, particulièrement indiqués dans les formes chroniques graves et déformantes du rhumatisme articulaire, peuvent être donnés loin des stations ; les boues de Dax, en bains, en cataplasmes, sont aujourd’hui employées à Paris; elles auraient donné de bons résultats.
Vlll. Appaheil hespiratoiue. — Les maladies du nez, de la gorge, du larynx (coryza chronique, ozène, tumeurs adénoïdes, hypertrophie des amygdales, laryngites) sont traitées surtout par les eaux sulfureuses : Uriage, Challes, Saint-Honoré, Luchon, Ax, Cautcrets, Enghicn, Pierrefonds.
En dehors des eaux sulfureuses, le Mont-Dore se place en première ligne, par la vertu de ses eaux et par sa technique.
dans le traitement de toutes les maladies des voies respiratoires.
Si le coryza est surtout eczémateux (eczéma de l’entrée des narines avec hypertrophie de la lèvre supérieure) chez un sujet scrofuleux, la Boiirboule^ puis Uriage conviennent avant tout. Saint-Gervais^ Gréoulx, chlorurées et sulfurées comme Uriage, remplissent des indications analogues.
Les bronchites chroniques des enfants scrofuleux ou qui relèvent d’une maladie débilitante à détermination bronchitique (rougeole, coqueluche) seront améliorées ou guéries par le Mont- Dore, Challes, Allevard, Liichon, Cauterets, Eaux-Bonnes, Eaux- Chaudes, Saint-Honoré, Saint-Gervais, Ax, etc.
L’adénopathie trachéo-bronchique sera traitée avec succès par la Bour boule, le Mont-Dore, Challes.
L’emphysème pulmonaire et l’asthme, d’ailleurs rares chez les enfants, seront envoyés au Mont-Dore, et, si cette eau échouait, à Ludion, Allevard, Bagnères-de-Bigorre, Cauterets, Eaux-Bonnes. L’asthme héréditaire des jeunes sujets se trouve parfois très bien de la Bourboule.
La tuberculose pulmonaire des enfants est souvent fébrile et envahissante : elle ne saurait alors être traitée par les eaux minérales ; quand elle est torpide et localisée, le traitement thermal peut être indiqué.
J. Simon conseille de ne pas déplacer les petits tuberculeux de moins de quatre ans, et d’envoyer entre quatre et dix ans au Mont-Dore, à Allevard, à Saint-Honoré, à Enghien.
A partir de dix ans, les enfants peuvent affronter les eaux sulfureuses excitantes des Pyrénées, en particulier les Eaux- Bonnes, qui jouissent d’une si grande réputation dans le traitement de la phtisie pulmonaire. Les Eaux-Chaudes, Saint-Sauveur , sont moins excitantes que \qs> Eaux- Bonne s.
Les médecins qui exercent dans les stations pyrénéennes ne redoutent pas l’action de leurs eaux, même chez les enfants de trois à quatre ans. 11 n’y aurait là qu’une question de dose.
IX. TunE DIGESTIF ET ANNEXES. — Les maladies du tube digestif •qui réclament une cure thermale ne sont pas très nombreuses et ne se présentent que dans la seconde enfance.
Les enfants atteints de dyspepsie atonique, de dilatation de •l’estomac, avec anorexie, peuvent être envoyés à Vichy, à Boyat,
HYDROTHÉRAPIE
à Chutel-Giujon, à Pougues, à Fa/s, à Sainl-Ne claire^ à Saint- Albariy à Condillac. Ces stations sont indiquées particulièrement quand il y a de l’engorgement du foie, avec ou sans ictère.
S’il y a de la dyspepsie douloureuse, de l’entéralgie avec ballonnement, une névralgie gastro-intestinale en un mot, Bourbon-Lancy est indiqué.
Plombières convient aussi à ces états, mais réclame surtout les diarrhées chroniques, la dysenterie, l’appendicite chronique ou à répétition.
Châtel-Guyon est indiqué dans la constipation habituelle, qui pourrait être également traitée par les eaux de Miers. Cette station, de môme que Plombières^ Homboiirg, Kissingen, réussit très bien dans l’entérite muco-membraneuse.
Si le foie est plus spécialement malade, s’il y a du gonflement, de la douleur, de l’ictère, à plus forte raison si de vraies coliques hépatiques se déclarent, on enverra les enfants à 'Vichy ou à Pougues.
X. Voies génito-uiunaires. — Les troubles de la sécrétion ou de l’excrétion urinaire, la polyurie, l’incontinence essentielle d’urine, le spasme de la vessie seront traitées par Contrexéville., Vittel^ Martigny, Evian, Capveni. De môme la lithiase rénale. L’hématurie, l’hémoglobinurie relèvent des mêmes stations.
L’albuminurie cyclique des jeunes sujets (maladie de Pavy) sera envoyée à Saint-Nectaire (Auvergne) ou Bagatz (Suisse). La néphrite subaiguë ou chronique se trouve également très bien de Saint-Nectaire.
Le testicule tuberculeux sera traité par les eaux de Salies-de- Béarn., Salms, etc.
La dysménorrhée des jeunes filles, au moment de la puberté, pourra se guérir à Royat, la Bourboide, Luchon, Forges-les-Eaux., Saint- Sauveur., la Malou, Luxeuil.
La leucorrhée chronique des petites filles (vulvo-vaginite chronique) indique le traitement maritime ou, à son défaut, les eaux chlorurées sodiques, les eaux sulfureuses, les eaux arsenicales et ferrugineuses : on n’a que l’emharras du choix,
XI. Système nerveux. — Les maladies organiques des centres nerveux, l’hémorragie cérébrale, la sclérose, le ramollissement, l’hydrocéphalie, ne sauraient trouver la guérison ni le soulagement aux eaux thermales.
Cependant certaines maladies de la moelle, la paralysie infantile, l’alrophie musculaire, les paralysies consécutives aux maladies aiguës, peuvent être traitées avec un certain succès k Aixles-Bains, à Boiirbonnc, à Bourbon- 1' Archamhaidt, à Salies, à Salins, aux bains de mer, à la Malou.
Parmi les névroses, la chorée, l’hystérie, l’épilepsie môme, se trouveront bien de Néris, Plombières, Bagnères-de-Bifjorre, Boarbon-Lancij , Ussat, la Malou.
XII. Organes des sens. — Les maladies des organes des sens^ (blépharites, conjonctivites, kératites, otites et otorrhées) contreindiquent l’envoi des enfants au bord de la mer. On les dirigera sur les stations chlorurées sodiques de l’intérieur et sur lesstations sulfureuses {Vriacje, Sainl-Geroais, Luchon, Challes, Enghien, Bagnères-de-Bigorre, Caulerels, Ax, etc.). Les kératites chroniques se trouvent bien de Saint- Christ an.
XIII. Dermatoses. — Les maladies de la peau, très fréquentes chez les enfants, et généralement moins rebelles chez eux que chez les adultes, sont traitées avec succès dans un grand nombre de stations thermales.
L’eczéma, quand il est un peu éteint, sans acuité, sans recrudescence, sur un terrain scrofuleux, se trouve bien de la Bourhoide, Uriage, Challes, Ax, Luchon, Louëche-les-Bains, Saint- Sauveur, la Preste, Saint-Gervais, Moligt, le Vernet, Gréoulx, la Roche-Posay.
L’eczéma des arthritiques sera dirigé sur Royat ou Plombières.
Sail-les-Bains conviendrait surtout aux eczémas suintants des scrofuleux; Saint-Gervais, aux eczémas des enfants nerveux. Cette station, qui est à la fois chlorurée, sulfatée, hromurée sodique et lithinée, convient aux arthritiques, aux excitables, aux congestifs. Toutes les dermatoses irritables relèvent Saint- Gervais.
Le psoriasis n’est guéri par aucune eau minérale, mais il est blanchi par Uriage, Luchon, Louëche-les-Bains, Barèges, la Bourboule, Saint-Gervais, Samt-Christau, Avène, etc. De môme l’ichtyose, alfection congénitale et incurable.
L’acné des scrofuleux et des arthritiques se trouve bien de Challes, Uriage, la Bourboule, Luchon, etc.
Néris agit bien dans les affections prurigineuses; la Bourboule
HYPNOTIQUES
modère le prurigo de Hébra et peut-être aussi le pemphigus chronique.
Luchon améliore l’état des enfants atteints de pelade ou de teigne, dont le tempérament est si souvent entaché de lymphatisme, de scrofule, d’anémie.
Les autres stations sulfureuses, les arsenicales, les chlorurées sodiques remplissent le même but.
HYPERICUM PERFORATUM
h' Hypericum perforatum ou millepertuis appartient à la famille des Ilypéricinées. On emploie les sommités fleuries. L’infusion se prépare avec o à 10 grammes p. .500 d’eau bouillante. Le millepertuis entre dans la composition de l’eau vulnéraire, du batime tranquille, de la thériaque, du sirop d’armoise, de l’emplàtre opodeldoch, du baume du commandeur. L’huile volatile, ou essence de millepertuis, se prescrit à la dose de I goutte par année d’àge.
HYPNONE
Friedel a obtenu ce corps en distillant un mélange de benzoate et d’acétate de chaux. Il est liquide, incolore, ayant rôdeur de l’essence d’amandes amères. Insoluble dans l’eau, il est très soluble dans l’alcool, l’étber, le chloroforme, les huiles. C’est un hypnotique non analgésique, prescrit à la dose de 10 à 20 centigrammes, qu’on fera dissoudre dans l’huile d’amandes douces. Chaque goutte pèse environ 2 centigrammes et demi.
On peut faire un sirop ainsi composé (Lailler) ;
Ilypnone 2 grammes.
Eau de laurier-cerise ' 5 —
Alcool 40 —
Sirop de fleurs d'oranger 255 —
On peut eu donner le soir de nue à trois cuillerées à café.
HYPNOTIQUES
L’enfant dort plus facilement, plus profondément, plus longuement que l’adulte : le sommeil, dans tout ce qu’il a de bon, de doux, de réparateur, est un des privilèges les plus enviables du jeune âge. C’est dire que l’nidicaLion des hypnotiques ne se pose
que rarement dans l’enfance. Mais elle se pose, soit à l’état soit à l’état morhide, et nous devons savoir la remplir. Dans quelles conditions Vinsomnie se. rencontre-t-elle chez les enfants? Comment devons-nous y remédier? Voilà les deux questions que je vais essayer de résoudre.
1. — Certains enfants dorment mal, parce qu’ils sont nerveux, agités, irritables, doués héréditairement d’un cerveau excitable et mal équilibré. Dès le berceau, on a remarqué que'ees enfants ont le sommeil léger, interrompu, qu’ils se réveillent au moindre bruit ou sans cause appréciable, qu’ils crient sans raison, qu’ils font passer de cruelles nuits à leur entourage.
A l’état de veille, ces mêmes enfants sont perpétuellement en mouvement; ils ne se tiennent jamais on repos, ils vont, viennent, courent, grimpent sur les meubles, s’échappent des bras do leur nourrice, renversent ou cassent tous les objets qui sont à leur portée, font des chutes incessantes, etc. Ils sont en un mot insupportables.
Cette hypérexcitabilité nerveuse, cette irritation cérébrale (Jules Simon) ne fait que s’exagérer avec l’àge, quand elle ne se transforme pas en une névrose bien caractérisée (hystérie, chorée, épilepsie, idiotie, etc.). Tous ces enfants, qu’on pouri'ait appeler des cérébraux^ ont de l’insomnie très fréquemment.
D’autres enfants dorment mal, sans être des cérébraux, sans être des malades, et le médecin doit chercher avec soin dans leur hygiène la cause d’une insomnie que la tare nerveuse n’explique pas.
S’agit-il d’un nourrisson au sein; s’il ne dort pas, cherchez du côté de la nourrice. Ou bien les tétées sont mal réglées, trop multipliées, trop abondantes; l’enfant a des indigestions, il vomit du lait caillé, il a des garde-robes anormales. Ou bien le lait de la nourrice ne convient pas à l’enfant ; il est trop gras, ou trop aqueux, ou doué de propriétés particulières en rapport avec l’hygiène de la nourrice.
L’analyse du lait pourra fournir quelques indications. Si elle est muette, on s’informera du régime de la nourrice, on lui demandera ce qu’elle mange, ce qu’elle boit. On s’assurera qu’elle ne fait pas d’excès alimentaires,’ qu’elle ne mange pas d’aliments trop épicés, trop acides, trop indigestes (salades, choux, etc.) ; qu’elle ne boit pas de vin pur, d’alcool, etc. L’alcoolisme de la
HYPNOTIQUES
nourrice surtout peut influer sur le nourrisson. Dans quelques cas, plus rares, c’est la menstruation revenue prématurément qui agira sur le lait. Ailleurs, on trouvera les chagrins, les ennuis, les émotions morales éprouvées par la femme qui allaite.
Voilà autant de causes extrinsèques de l’insomnie des nourrissons.
Si l’enfant est nourri au biberon, l’insomnie sera bien plus fréquente; la moindre faute dans la répartition des tétées, dans le nettoyage des biberons, dans la stérilisation du lait, entrainera des troubles digestifs qui se traduiront par l’insomnie.
Quand l’enfant est sevré, nous avons encore à tenir compte de l’hygiène alimeniaire plus ou moins défectueuse qu’il subit, des excès alimentaires qu’il commet, des boissons trop fortes ou trop abondantes qu’il reçoit. Presque toujours l’insomnie est liée à un repas trop abondant, au repas du soir surtout, à l’abus des liquides (quels qu’ils soient). L’enfant ayant l’estomac distendu dort mal, se réveille en sursaut, a des terreurs nocturnes, des sueurs profuses, etc. Dans quelques cas, l’insomnie dérive de la fatigue, du surmenage physique ou cérébral, des excès de jeu comme des excès de travail et d’étude. Ou bien ce sont des excitations sensorielles (veillées, soirées, spectacles, etc.). Toutes ces variétés d’insomnie sont d’ordre hygiénique, et nous verrons plus bas le remède qui leur convient.
Quand l’enfant est malade, l’insomnie s’explique par la fièvre, par l’infection, par l’intoxication. Presque toutes les maladies fébriles s’accompagnent d’insomnie; chez les enfants du premier âge, cependant, on les voit déterminer parfois un sommeil exagéré, une somnolence inquiétante.
Le sommeil agité, interrompu par du délire, par des cris, par des mouvements désordonnés, se voit dans les fièvres éruptives, dans la fièvre typhoïde, dans la diphtérie, dans la pneumonie, etc.
D’autres enfants dorment mal parce qu’ils souffrent (céphalalgie, otalgie, odontalgie, entéralgie, etc.). Quelques-uns parce qu’ils éprouvent une gêne respiratoire (coryza, végétations adénoïdes, laryngite, bronchite, broncho-pneumonie, etc.). La fatigue les endort, la dyspnée les réveille. Et quand les réveils se répètent, l’agitation redouble, le spasme ajoute ses eiïets à ceux de la lésion locale; le jour arrive, l’enfant est brisé de fatigue. L’insomnie provoquée ou entretenue par des causes locales ou générales.
aggrave la maladie primitive, et il est indiqué de la combattre directement et avec énergie.
Dans certaines maladies nerveuses, môme apyrétiques, dans la chorée intense par exemple, l’insomnie est un danger pour les malades. La dépense exagérée d’intlux nerveux, faite pendant la journée, ne pouvant être réparée par le repos de la nuit, il peut en résulter un abattement qui aggravera le pronostic de la maladie. Là encore il faut faire dormir les malades.
Je ne poursuivrai pas plus loin la liste interminable des maladies qui causent de l’insomnie chez les enfants; et je vais maintenant chercher les moyens qui nous permettront de satisfaire au besoin de sommeil que les enfants malades éprouvent comme les enfants bien portants.
IL — Deux ordres de remèdes se présentent à nous ; les uns sont empruntés à Vhygièjie^ les autres à la pharmacopée .
^loYExs HYGIÉNIQUES. — Quaiid l’insomnie dérive d’une cause d’ordre hygiénique, le meilleur remède est la suppression de cette cause. Or, cette cause, il faut la chercher, la découvrir. On se plaint à vous qu’un bébé passe de mauvaises nuits, qu’il dort à peine, qu’il se réveille sans cesse, qu’il crie sans interruption, etc. Vous devez immédiatement penser à son hygiène alimentaire, voir comment il digère, s’il a des vomissements, de la diarrhée, de la constipation.
On vous apprendra qu’il tète trop souvent, que son allaitement est mal réglé, qu’il mange prématurément, etc. L’indication formelle est de régler l’alimentation, de la restreindre le plus souvent, de combattre la diarrhée par des antiseptiques et des astringents, la constipation par des laxatifs, etc. Bref, il faut porter toute son attention sur les troubles digestifs et les faire disparaître par une bonne hygiène alimentaire et par quelques médicaments appropriés à chaque cas en particulier.
Dans cette variété d’insomnie, il ne saurait être question d’hypnotiques. Et cependant que de fois ne voit-on pas des nourrices donner à leurs nourrissons des décoctions de tète de pavot, quand le médecin n’a pas consenti à leur prescrire du laudanum ou de l’élixir parégorique. Sans doute l’opium fera dormir l’enfant et par ricochet la nourrice, qui ne demande que cela; mais il faudra recommencer tous les jours et la santé générale du nourrisson no tardera pas à péricliter.
HYPNOTIQUES
Donc, chez les nourrissons qui dorment mal parce qu’ils sont mal nourris et ont des troubles digestifs, pas d’hypnotiques; le seul remède à l’insomnie est la réglementation des tétées et le traitement de la dyspepsie, sur lequel je n’ai pas à insister.
Si l’enfant est sevré, s’il mange à la table commune, s’il partage avec ses parents les mêmes mets, les mêmes boissons, ne vous étonnez pas de l’insomnie qu’il pourra présenter et n’allez pas en chercher la cause ailleurs que dans l’hygiène alimentaire. Dans ce cas, comme dans le précédent, pas d’hypnotiques ; un rationnement des aliments et des boissons suffira. On interdira le vin, les liqueurs, le café, le thé. On remettra l’enfant au lait ou à l’eau pure. On recommandera de lui doser sévèrement ces liquides (200 à 250 grammes par repas au plus) ; le repas du soir devra être très léger ; un potage un peu épais, une tasse de lait ou une timbale d’eau, et c’est tout. Quelques enfants dorment mal parce qu’on leur donne trop de viande ; leur régime est trop azoté ; on ne leur permettra de viande qu'une fois par jour, au repas de midi. D’autres ont des repas trop nmltipliés, ils ne cessent de manger. On supprimera la collation, les gâteaux, les sucreries, on réduira le nombre des repas à 3 par jour. Sans entrer dans le détail du régime alimentaire qui convient aux jeunes enfants, il me suffira de dire que la suralimentation et la multiplication des repas sont les principales causes de l’insomnie; c’est donc l’excès qu’il faut viser, et non l’insuffisance alimentaire qui n’est presque jamais en cause.
Si le régime ne laisse rien à désirer, l’insomnie persistante révélera une tare nerveuse qu’il faudra attaquer directement. Avant de recourir aux hypnotiques chimiques, on essaiera les sédatifs physiques, et avant tout les bains tièdes (34°) assez prolongés (-15 à 20 minutes ou même plus). Ces bains peuvent être additionnés de son, d’amidon, de tilleul. On les donnera de préférence le soir avant le coucher de l’enfant. Chez quelques enfants, les bains frais et courts, les affusions froides, et même les douches pourront trouver leur indication. Enfin, dans quelques cas à'irritalion cérébrale bien accusée, chez les enfants de trois, quatre, cinq ans, je n’ai eu qu’à me louer du drap mouillé^ que je faisais appliquer, 2 ou 3 fois par jour, en laissant l’enfant enveloppé dans son drap pendant une heure chaque fois.
Quand il y a do la fièvre, de l’hyperthermie (maladies infec-
tienses), le drap mouillé, les bains seront également très utiles. Dans la fièvre lypboïde, dans la scarlatine hyperthermique, dans la rougeole, dans la pneumonie, etc., les bains frais ou froids (30, 23, 20°) ont un etîet sédatif et somnifère des plus évidents. Au sortir du bain, l’enfant accuse un véritable soulagement, et il s’endort d’un sommeil calme et réparateur. Le bain froid, dans les fièvres, est donc le meilleur traitement du symptôme insomnie.
Quand nous sommes en présence d’enfants déjà grands qui travaillent cérébralement, qui veillent tard, qui vont en soirée, au théâtre, etc., nous prescrirons le repos, la privation des veillées tardives et au besoin le changement d’air, la vie à la campagne, etc.
iVIais si ces moyens échouenL si le sommeil ne vient pas, nous sommes autorisés à employer les hypnotiques.
Hypnotiques. — Parmi les hypnotiques anodins, il faut signaler les infusions de tilleul, de camomille, de feuilles d’oranger et surtout l’eau distillée de fleurs d’oranger. En donnant 20, 40, 60 grammes d’eau de fleurs d’oranger, le soir, au moment du coucher, on obtient quelquefois le sommeil pour toute la nuit. Mais ces petits moyens ne sont pas infaillibles, et il faut avoir recours aux somnifères qui ont fait leurs preuves.
l’armi ces hypnotiques, celui qui se présente d’abord à l’esprit est V opium qu’on peut donner sous forme de sirop (sirop de codéine, sirop diacode, sirop thébaïque, sirop de morphine) ou de laudanum, élixir parégorique, etc. Quand on croira devoir employer l’opium, on le donnera à petites doses fractionnées, et seulement dans les cas oii l’insomnie est causée par la toux, par les coliques, les douleurs intestinales ou péritonéales, etc. Dans les cas de péritonite, d’appendicite, on est autorisé à donner des doses d’opium relativement considérables, parce qu’on recherche l’immobilisation de l’intestin et la constipation.
Dans les autres cas, il faut s’abstenir d’opium, parce qu’il congestionne les centres nerveux et parce qu’il constipe ; il a encore l’inconvénient de restreindre la sécrétion urinaire et de provoquer des démangeaisons.
Les bromures de potassium, de sodium, d’ammonium sont des stupéfiants, des paralysants qui trouvent leur indication dans les névroses avec excitation cérébrale, dans la chorée, l’hystérie,
HYPNOTIQUES
l’épilepsie, les convulsions, etc. On donnera le bromure à la dose de 10 centigrammes par jour et par année d’àge dans l’eau sucrée ou un sirop quelconque au goût de l’enfant. On peut également le faire prendre dans du lait. L’antipyrine convient aux mêmes cas; elle se donnera à la même dose et de la même façon. Si l’enfant ne peut avaler ces médicaments, on j)eut les donner en lavement ou en suppositoire : (bromure ou antipyrine, 20 à SO centigrammes suivant l’âge; eau distillée, 30 à 40 grammes, pour un lavement ; — pour un suppositoire, on incorpore le médicament dans une quantité suffisante de beurre de cacao). A ces lavements, à ces suppositoires, on peut ajouter du musc, de la teinture de musc (X à XX gouttes), de basa fœtida, de l’extrait de valériane (1 gramme).
Le sirop d’éther (une cuillerée à café), l’eau de lauriercerise (X gouttes par année d’âge), le sirop ou la teinture de belladone (1 gramme du premier, II gouttes de la seconde par année d’âge), sont également des hypnotiques qui peuvent être employés sans inconvénient.
Le D' Huchard a recommandé Viirêthane :
Uréthane 0 gr. 20
Eau distillée de tilleul ,
— de tleurs d’oranger î Sâ 20 grammes.
Sirop simple 1
he. chloral est un des hypnotiques les plus efficaces; employé à dose modérée (o centigrammes par année d’âge), il n’offre pas de danger; à dose forte, il déprime le cœur et ne convient pas aux insomnies d’origine toxique et infectieuse. On peut le donner en potion, en lavement, en suppositoire.
Le chlomlose est beaucoup plus dangereux, et, s’il doit être conservé, ne sera pas prescrit aux doses primitivement indiquées; on se contentera de 5, 10, 15 centigrammes au plus.
Le chloralamide est moins toxique :
Chloralamide I gramme.
Sirop de Heurs d’oraûger 30 grammes.
Eau CO —
Une cuillerée à café d’heure en heure jusqu’à effet.
L’association du bromure de potassium et du cliloral est très efficace [hromidia).
On peut prescrire :
Bromure de potassium...
Hydrate de chloral
Extrait de jusquiame
— de belladone
— de chanvre indien Sirop de Heurs d’oranger.
Eau distillée
Une cuillerée à café d’heure eu heure jusqu’à ell'et.
h'hypnone, le somnal ou élhylchloraluréthcme sont peu usités chez les enfants.
Reste un groupe d’hypnotiques qui ont fait beaucoup parler d’eux depuis quelques années : le siilfonal^ le trional, le tétronal. Ce sont des disulfones dérivés des mercaptans, et qui ont le petit inconvénient d’être peu solubles. Par contre, ils ont l’avantage d’ètre insipides et inodores. Leur action est prolongée précisément à cause de leur faible diffusibilité. On leur a reproché leurtoxicité quand ils sont employés à dose forte et trop longtemps. Ce reproche s’applique à tous les hypnotiques chimiques ; Tusagc momentané rend des services, l’usage prolongé et l’abus sont nuisibles.
Le sulfonal se donne en potion ou en lavement, à la dose de 10, 15, 20, 25 centigrammes, en une fois, suivant l’âge des enfants. Si, au bout d’une fois ou deux, le sommeil ne vient pas, on est autorisé à répéter la même dose.
Le trional, qui diffère du sulfonal par un groupe éth}de qu’il contient en plus, a été employé par Gaillard chez les adultes, par Claus, Moncorvo, etc., chez les enfants de tout âge. Moncorvo (Acad, de Méd. 4 sept. 1895) dit du trional, que, de tous les hypnotiques essayés dans la thérapeutique infantile, il n’en a pas trouvé de plus sûr; il est bien toléré â la dose de 20 centigrammes à 1 gramme dans les vingt-quatre heures; on le donne dans du lait chaud et sucré. Claus l’a donné à doses assez fortes : 20 à 40 centigrammes entre un mois et un an; 40 à 80 centigrammes entre un et deux ans; 80 centigrammes àl gr. 20 entre deux et six ans ; 1 gr. 20 à 1 gr. 50 entre six etdix ans. 11 le fait prendre dans du miel ou du lait chaud, un quart d’heure aune demi-heure avant le coucher ; le sommeil viendrait au bout de dix à quinze minutes. Je trouve les doses précédentes un peu trop fortes. Car, chez un enfant de dix ans, méningitique, très agité, auquel j’avais fait
^ âîi 2 grammes.
I ati 0 gr. 02
.10 grammes.
... àO —
HYPNOTIQUES
prendre 1 gramme de trioiial en quatre prises dans la journée, j’ai vu la température tomber de 38“o à 34“.
J’ai essayé le trional chez un certain nombre d’autres enfants î je vais indiquer brièvement les doses employées et les résultats obtenus.
I. — Garçon de deux ans et demi, atteint de scarlatine, avec agitation et insomnie; le 3 juillet, on lui donne 23 centigTammes de trional, le soir; il a pu dormir toute la nuit. Le lendemain, on ne donne pas de trional, il dort également bien.
II. — Fille de trois ans, convalescente de scarlatine. Insomnie persistante. Le 21 juin, on donne le soir 23 centigrammes de trional ; on répète cette dose trois jours de suite sans résultat appréciable. Le 24 juin, on donne 50 centigrammes de trional, en deux prises, à une demi-heure d’intervalle. L’enfant dort de huit heures à minuit. Le lendemain pas de trional, insomnie. Le 26, 30 centigrammes de trional; l’enfant dort toute la nuit.
Même résultat les 27 et 28 juin. Le 29, on cesse l’usage du trional, l’insomnie ne reparaît plus.
III. — Garçon de six ans, atteint de scarlatine, ne dormantpas; on lui donne 25 centigrammes de trional ; il dort de sept heures à minuit. Le lendemain, pas de trional, deux heures de sommeil seulement. On redonne le trional, et l’insomnie disparaît.
IV. — Fille de sept ans, arthralgies scarlatineuses, insomnie ; on donne le soir 73 centigrammes de trional en trois doses, bon résultat.
Y. — Fille de sept ans, arthralgies scarlatineuses, insomnie. Deux doses répétées de 23 centigrammes de trional par soirée ramènent le sommeil.
Ces observations, prises au hasard, montrent que le trional, à la dose de 23, 30, 73 centigrammes suivant l’àge, est très bien toléré et procure un bon sommeil pendant une grande partie ou la totalité de la nuit. La môme dose peut être répétée chaque soir; mais il est bon. pour se rendre compte de l’edet du médicament, de ne le donner qu’une fois sur deux, d’autant plus que, dans quelques cas, le sommeil absent depuis un temps plus ou moins long, semble ramené définitivement par une ou deux doses de trional.
Quant au tétronal, je m’abstiens de le juger, n’en ayant aucune expérience personnelle.