‹ Les médicaments chez les enfantsChapitre 238 sur 385 · I .îa · texte numérisé non relu

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I ââ 3 —

Très utile par ses qualités à la fois antiseptiques, occlusives et fondantes, l’emplâtre de Vigo peut irriter certains téguments et on le remplace alors par l’emplâtre au cinabre [emplâtre l'ouge), ou par celui des quatre fondants :

Emplâtre de Vigo

— diachylon

— ciguë

— savon....

parties égales.

Cet emplâtre est quatre fois plus faible que le Vigo. Pour l’usage interne, le mercure entre dans la composition des pilules de Sédillot et des pillules bleues.^ peu usitées chez les enfants.

Parmi les combinaisons usuelles de l’hydrargyre, nous citerons le protocblorure ou ca/ome/, et le bichlorure ou puis

le protoiodure, le biiodure, le sulfure rouge [cinahre\ le soussulfate de bioxyde [turbith minéral), l’oxyde jaune et l’oxyde rouge [précipité jaune, jnécipité rouge), etc.

Le calomel, chlorure mercureux, protocblorure, mercure doux, est une poudre blanche insoluble, insipide; on en connaît deux variétés : le calomel à la vapeur qui sert à rusago interne, et le calomel précipité ou précipité blanc qui entre dans la confection des pommades.

Le calomel à la vapeur (Soubeiran) ne contient pas de sublimé, et, quand on a prescrit ce médicament il faut, pour prévenir la transformation du protocblorure en bichlorure, empêcher les enfants de faire usage de certaines substances de nature à favoriser cette transformation : chlorures de sodium, potassium, ammonium, acide cyanhydrique (amandes amères, looch blanc, eau de lauriercerise) ; l’iode et les iodures doivent être aussi écartés pour éviter la formation d’iodure de mercure très irritant.

Quoique ces craintes soient un peu théoriques et rarement justifiées en pratique, on prendra l’habitude de donner le calomel seul, délayé dans le lait ou l’eau sucrée ; on peut cependant l’associer au jalap, à la scammonée, à la fougère mâle, à la santonine, etc.

Pour l’usage externe, le calomel se prescrit en pommade, à dp. 10 environ ;

Vaseline 30 grammes.

Calomel • 4 —

Quinquaud a fait des emplâtres au calomel laissés à demeure sur la peau préalablement savonnée et lavée :

Emplâtre diachylon -3000 grammes

Calomel à la vapeur lOüO —

Huile de ricin 300 —

On a employé encore le calomel en injections sous-cutanées :

Huile de vaseline 15 grammes.

Calomel à la vapeur bien divisé l gr. 50

Le calomel, finement pulvérisé, pur ou mêlé de sucre en poudre, s’emploie en insufflations dans les yeux (taies et leucùmes).

En Amérique, dans le croup, on a beaucoup employé les vaporisations de calomel.

Le sublimé, très usité également, est un poison violent qui doit être administré avec prudence ; on emploie, pour l’usage interne, une solution au millième dite liqueur de van Swieten :

Sublimé corrosif 1 gramme.

Alcool à 80» 100 —

Eau distillée Q. S. pour 1000 —

MERCURE

Le D'' du Castel a employé le sublimé en injections souscutanées dans la teigne :

Sublimé 0 gr. 01

Acide tartrique 0 gr. 40

Chlorhydrate de cocaïne 1 gramme.

Alcool } ^ nn

Eau distillée i

Faire plusieurs piqûres d’une goutte dans le derme épilé et raclé.

Pour l’usage externe, lavages de la tète, des plaies, des mains, on se sert de liqueur de van Swieten diluée à moitié ou au quart; on peut employer les paquets conseillés par l’Académie :

Sublimé 0 gr. 25

Acide tartrique.- 1 gr. 25

' Solution alcaline de carmin R’mdig. à 5 p. 100....... I goutte.

On fait dissoudre dans un litre d’eau.

Quand on donne des bains de sublimé (baignoires en bois ou éinaillées), on prend pour règle de mettre 1 gramme de sublimé dans lÜ litres d’eau, soit 2,3.4,o grammes suivant l’âge des bébés (20, 30, 40, 50 litres); on projette dans la baignoire le paquet suivant :

Sublimé

Chlorhydrate d’ammouiaque

2 à 5 grammes.

On a employé le sublimé en badigeonnages dans la diphtérie (Goubeau, iMoizard) :

Glycérine 20 à 30 grammes.

Sublimé 1 —

La sérumtliérapie a fait écarter ce collutoire comme incompatible avec l’antitoxine.

Le cinabre (bisulfure de mercure) sert à préparer l’emplâtre rouge (Vidal) :

Cinabre 15 grammes.

.Minium 25 —

Emplâtre diachylon 2G0 —

Le protoiodure de mercure entre dans la confection de pilules qu’on pourra donner aux enfants graiidets :

Protoiodure d’hydrargyre •. 2 gr. 50

Extrait thébaïf[ue I gramme.

Excipient avec glycérine Q. S.

Pour 100 pilules, 1 par jour.

Le biiodure de mercure se trouve dans le Sirop de Gibert, très employé contre la syphilis :

Biiodure d'hydrargyre 1 gramme.

lodure de potassium , ^

Eau distillée )

Sirop Q. S. pour 2000 —

Une cuillerée à soupe (20 grammes) contient 1 centigramme de biiodure de mercure. On l’a encore employé en injections sous-cutanées :

Huile stérilisée. 10 grammes.

Biiodure d’hydrargyre 0 gr. 04

Quinquaud, contre la teigne, s’est servi de lotions avec :

Biiodure d’hydrargyre 0 gr. 15

Sublimé 1 gramme

Alcool à 90“ 40 —

Après la lotion, il appliquait des rondelles d’emplâtre ainsi composé :

Biiodure d’hydrargyre. . • 0 gr. 15

Sublimé 1 gramme.

Emplâtre simple 250 —

Le turbitb minéral (sous-sulfate de mercure) entre dans la confection de pommades antiseptiques, de même que les précipités jaune et rouge si employés en oculistique :

Vaseline 30 grammes.

Turbith miuéral 1 —

Vaseline 15 grammes.

Précipité jaune 0 gr. 40

On a fait des injections sous-cutanées avec cet oxyde jaune :

Vaseline liquide 15 grammes.

O.'cyde jaune de mercure 1 gr. 60

Auparavant on utilisait le peptonate de mercure (1 centigramme de sublimé par gramme).

Desesquelle et Bretonneau recommandent le benzoate de mercure rendu soluble par le benzoate d’ammoniaque :

Benzoate de mercure

— d’ammoniaque.

0 gr. 80 10 c. c.

Q. S. pour

MERCURE

Une seringue de Pravaz contient un centigramme de benzoate de mercure.

On en injecte une matin et soir. On peut ajouter un peu de cocaïne (2 centigrammes).

Indications. — Le mercure et ses composés sont avant tout indiqués dans \k syphilis héréditaire et acquise; cette maladie ne fût-elle que soupçonnée, il faut s’empresser de donner le mercure, et à haute dose, car les enfants le tolèrent très bien. Chez eux, pas de gastralgie, pas de diarrhée, pas de salivation, pas de cachexie mercurielle. Dans la syphilis héréditaire, comme dans la syphilis acquise, le traitement sera continué longtemps avec des intervalles de repos ; on commencera par des frictions mercurielles, par la liqueur de van Swieten ; puis, au bout de quelques mois, on donnera le sirop de Gibert et l’on continuera le traitement mixte pendant 2, 3 ans et plus.

Concurremment avec la mercurialisation interne, on ne négligera pas le traitement local qui aidera à la disparition, aussi bien des accidents secondaires que des accidents tertiaires; l’emplâtre de Vigo, à cet effet, rendra de réels services.

Dans les maladies qui dérivent plus ou moins indirectement de la syphilis, affections par asyphililiques de Fournier, le traitement mercuriel sera essayé [hémoglohimirie paroxystique^ convulsions, accidents cérébraux ou méningés, paralysie générale').

A titre de résolutif, on emploie le mercure dans péritonites, appendicites, engorgements phlegmoneux, etc. :

Onguent napolitain 30 grammes.

Extrait de belladone. / 4 —

Onctions sur les parties malades.

En dermatologie, les pommades mercurielles jouent un très grand rôle (phtiriase, teignes, eczémas, prurigo, etc.).

Les stomatites, vulvites, amygdalites indiquent souvent l’emploi des solutions hydrargyriques.

Les bains antiseptiques au sublimé sont indiqués dans beaucouj) d’affections cutanées, abcès multiples, 'impétigos, echtymas, furoncles, variole, etc.

Los vers intestinaux commandent l’usage du calomel qui est à la fois un purgatif, un antiseptique, un vermicide. Le calomel

est également indiqué dans les diarrhées infectieuses, dans les maladies du foie.

Faut-il rappeler que les affections oculaires, nasales, auriculaires, etc., se trouvent généralement très bien des pansements mercuriels (lotions et irrigations de sublimé, pommades à l’oxyde de mercure, etc.).

Quant aux contre-indications à l’emploi du mercure, il ri’y en a pas dans l’enfance.

Modes d’administration et doses. ■ — I. Pour V usage externe, on emploie l’onguent napolitain ou l’onguent gris, les solutions de sublimé, les pommades au turbitli, au précipité blanc, jaune ou roiige, etc., à titre d’antiseptiques et de parasiticides.

Si le sublimé doit être introduit dans une cavité où il pourrait séjourner outre mesure (plèvres, kystes, vagin, etc.), on évitera les risques d’intoxication en abaissant le titre de la solution à

1 p. 4 ou 3 000, en faisant suivre le lavage au sublimé d’un lavage au chlorure de sodium, etc. Si la solution est à 1 p. 1000, on ne l’introduira qu’en petite quantité (1, 2, 3 grammes) dans une cavité dont on ne serait pas sûr de pouvoir la n’tirer.

Dans la syphilis, l’onguent napolitain en frictions cutanées peut être employé chez les nouveau-nés et les enfants de tout âge, à doses énormes' pour leur poids.

On prescrira une friction quotidienne de cinq minutes sur les aisselles, le ventre, les cuisses, les mollets (changeant, de place chaque jour), avec 2 grammes d’onguent napolitain.

Ap rès la friction, on n’essuie pas la peau, on la recouvre d’une feuille d’ouate hydrophile. La méthode des frictions mercurielles, qu’il s’agisse de syphilis héréditaire ou de syphilis acquise, est la plus prompte et la plus sûre.

Si l’enfant porte sur le corps des syphilides suintantes, des jilaques muqueuses ano-génitales, des ulcérations, on prescrit les bains quotidiens de sublimé (t p. dOOOO).

S’il ne s’agissait que d’un bain local (lésions scrofulo-tuberculeuses, plaies, suppurations), le titre de la solution pourrait être élevé à 1 p. 2 000 ou 1 p. 1000 (hôpital d’enfants Saint-Fliilippe, à Gênes).

Des gâteaux d’ouate hydrophile imbibés de sublimé à 1 pour

2 000, exprimés, enduits sur une face de pommade salolée ou boriquée, constituent un excellent topique pour les brûlures.

MERCURE

Les emplâtres mercuriels (emplâtre de Vigo, emplâtre rouge de Vidal, emplâtre de Quinquaud) ne me semblent pas suffisants pour le traitement de la syphilis ; mais ils sont utiles comme adjuvants et rendent tous les jours des services dans les affections cutanées les plus diverses.

Dans l’engorgement de la mamelle chez les nouveau-nés, rien ne vaut une rondelle d’emplâtre de Vigo pour prévenir la suppuration.

Dans les blépharo-conjonctivites, dans les kératites chroniques, le précipité jaune en pommade se prescrira ainsi :

Vaseline 10 grammes.

Précipité jaune 0 gr. 20

Appliquer matin et soir, avec un petit pinceau, gros comme un pois de cette pommade sur les paupières ou sur la cornée.

Les applications locales de calomel (insufflations sur les yeux, pommades au calomel) sont très utiles et sans danger.

Pour détruire les parasites du cuir chevelu, sans couper les cheveux, on lait des frictions avec l’onguent gris pendant 2 ou fl jours, puis on peigne en trempant incessamment un peigne fin dans le liquide suivant :

Vinaigre chaud 300 grammes.

Sublimé ' 1 —

Pour faire disparaître les oxyures vermiculaires, on se servira de suppositoires au calomel :

Beurre de cacao 2 grammes.

Calomel 0 gr. 20

Ou bien on fera des onctions intra-anales avec la pommade suivante :

Onguent gris 20 grammes.

Camphre 2 —

IL P our Vusagc interne^ les préparations les plus usitées sont le calomel et le sublimé.

Le calomel, comme purgatif, sera donné à dose forte (5 centigrammes par année d’âge), en une fois le matin à jeun, soit pur, soit associé avec quantité égale de scammonée ou de jalap.

Si l’on veut donner le calomel en potion, on pourra l’introduire dans un looch huileux.

Calomel à la vapeur 0 gr. 40

Jalap 0 gr. 40

A prendre en une fois dans une cuillerée de lait sucré pour un enfant de huit ans ou dans| le looch huileux du Codex.

Le calomel peut encore se donner dans du miel, de la conliture, un fruit cuit, etc.

L’effet purgatif est lent, il se fait attendre plusieurs heures, parfois une demi-journée.

rjans les diarrhées infectieuses, le calomel se donnera à doses réfractées (1 à 5 centigrammes toutes les 2 ou 3 heures suivant l’àge).

Dans l’ictère, la congestion du foie, la cirrhose, on donnera le calomel à doses plus petites encore (1 à 2 centigrammes tous les matins pendant huit jours).

Ce n’est pas l’action purgative qu’on recherche, mais l’action altérante et résolutive.

Créquy a associé le calomel à l’extrait de fougères mâles contre le ténia (capsules contenant 30 centigrammes d’extrait éthéré de fougères mâles et 5 centigrammes de calomel : 4 à 8 le matin, suivant l’ago de l’enfant).

Contre les ascarides, on associe le calomel à la santonine ou au semen-contra :

Santoiime - „ ,o

Calomel a la vapeur ) °

Sucre de lait 4 gr. 50

Faire 9 paquets ; .3 le matin, à une heure d’intervalle, pendant trois jours (Demme).

Semen-contra. . .

Mousse de Corse Calomel

;îâ 2 grammes.

.. ü gr. 20

Pour 2 paquets, à prendre 1 chaque matin pendant deux joui’s.

Pour faire absorber des vapeurs de calomel aux enfants atteints de croup, on fait chauffer 1 gramme à 1 gramme 50 de calomel sur une plaque de fer-blanc ou dans une capsule placée sur une lampe à alcool, et on maintient l’enfant dans cette atmosphère à l’aide d’une toile disposée en tente ; on répète toutes les doux heures.

Contre la syphilis, le calomel est [teu usité; on s’adresse soit

METHACETINE.

aux frictions mercurielles, soit à la liqueur de van Swieten, soit au sirop de Gibert.

Autrefois on croyait pouvoir guérir la syphilis des nouveaunés en mercurialisant les nourrices, les vaches ou les chèvres qui devaient donner leur lait aux enfants ; cette méthode galactothérapique est insuffisante et inutile, puisque la mercurialisation directe de l’enfant n’olTre aucun danger.

La liqueur de van Swieten sera donnée à la dose de X gouttes par jour dans les premières semaines, XX gouttes dans les premiers mois, 2 à 5 grammes dans les premières années, et davantage, si le cas est intense. On fera prendre le médicament dans du lait.

Au bout de 3 mois de liqueur de van Swieten, on donnera le sirop de Gibert (1/4, 1/3, 1/2, 1 cuillerée à café suivant l’âge, jusqu’à 2 ans). Après 3 ans, on pourra donner une cuillerée à café matin et soir. Le lait pourra encore servir de véhicule. Plus tard, on aura recours à l’iodure de potassium seul.

En résumé, le mercure, quelle que soit la forme sous laquelle on l’emploie, est admirablement bien toléré par les enfants de tout âge, et il ne faut pas avoir peur des doses fortes, qui n’exposent pas, comme chez l’adulte, à la salivation et à la cachexie mercurielles.

MERCURIALE

La mercuriale, Merciirialis anniia (Euphorbiacées), est une herbe sauvage, employée fraîche; on en exprime un site qui ne sert qu’en lavement, après ébullition avec parties égales de miel : miel de mercuriale. La dose pour les enfants est de 20 à 60 grammes dilués dans 150 ou 200 grammes d’eau bouillie. C’est une substance purgative. Cazin a conseillé l’emploi des leuilles de mercuriale pilées et tiôdes sur la tète des nourcissons atteints de croûtes de lait. Mais c’est un remède que nous ne recommandons pas.

MÉTHACÉTINE

Ce corps, analogue à l’acétanilide et à la phénacétine, a l’avantage d’être soluble dans l’eau et dans l’alcool. Il n’a pas d’odeur ; sa saveur est un peu salée et amère. C’est un antithermique qu on peut administrer aux enfants, en potion, à la dose de 20 à 30 centigrammes par jour.

MÉTHYLAL

Le formélliylal de Grégory, traité par la potasse, donne du formiate de potasse et du rnéthylal. Ce dernier est un liquide incolore, un peu acide, soluble dans l’eau, l’alcool, les huiles. C’est un hypnotique, peu toxique, ne s’accumulant pas dans l’économie. Pour l’usage externe, comme analgésique, on emploie des liniments ou des pommades à 1 p. 10. Pour l’usago interne, on formule des potions contenant 1 à 2 grammes de rnéthylal. En injections hypodermiques, on administre en une fois 10 centigrammes .de rnéthylal et on peut renouveler.

MICROCIDINE

Ce produit, obtenu par Berlioz (de Grenoble) en traitant le naphtol B en fusion par la moitié de son poids de soude [naphtolate de sonde), est une poudre blanchâtre, très soluble dans l’eau, faiblement toxique, inodore. On l’emploie en solution à 3 ou 5 pour 1000.

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