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PEUPLIER

Les peupliers (Salicinées) ont été de tout temps utilisés en médecine. Le peuplier blanc [Populus alba) serait fébrifuge (feuilles ou écorce). Les bourgeons de peuplier noir [Populus nigroù) entrent dans la composition de \ onguent populeum, astringent et narcotique :

Bourgeons secs de peuplier Feuilles récentes de pavot.

Feuilles de belladone

— jusquiame

— morelle

Graisse de porc

Les bourgeons du peuplier baumier [Populus balsamifera) servent à préparer une infusion béchique (10 à 15 grammes pour 500).

Le charbon de peuplier, charbon de Belloc, se prépare avec les jeunes pousses de peupliers ; il est très léger et souvent employé dans les dyspepsies.

PHÉNOCOLLE

Combinaison de glycocolle et de phénétidine, le phénocolle forme avec l’acide chlorhydrique un sel soluble dans 16 parties d’eau. Ce chlorhydrate de phénocolle est blanc, de saveur un peu salée et amère. Il ne serait pas toxique, quoique jouissant de propriétés antitbcrmiques et analgésiques. Il communique aux urines une couleur brune.

On l’a employé dans la phtisie, dans le rhumatisme, la malaria. A la dose de 1 à 2 grammes, il agirait favorablement contre les fièvres intermittentes. Martinez Vargas (de Ilarcelone) le recommande dans la coqueluche (10 centigrammes par jour et par année d’âge) ; on peut doubler cette dose dans les cas intenses.

800 grammes, âa 500 —

lÉL

PHOSPHATINE FALIÈRES

Ce produit ressemble au racahout et au mélange de llusson (Voy. Arrow-Root).

11 contient parties égales de farine de riz, tapioca, fécule de pommes de terre, arrow-root; on ajoute du cacao, du sucre et 20 centigrammes de phosphate de chaux hicalcique par cuillerée à soupe. Toutes ces farines de premier choix sont stérilisées à une haute température.

On prépare, avec la phospliatine, des bouillies au lait d’un goût très agréable, sans addition de sucre. On délaie la farine dans un peu de lait, et on ajoute peu à peu le reste du liquide, en remuant constamment; une ébullition de cinq minutes suffit. Pour les enfants jeunes (8 à 10 mois), une cuillerée à café de poudre par tasse de lait suffit. Plus tard, on donne une cuillerée à soupe.

PHOSPHORE ET COMPOSÉS

Le phosphore est un des éléments les plus importants du corps humain ; il entre pour une large part dans la composition des os ; il se retrouve dans la substance nerveuse et dans presque tous les organes en proportion notable (il figure pour près de 4 p. 100 dans la composition du corps); il joue un rôle de premier ordre dans la nutrition des plantes comme dans celle des animaux. L’agriculture a été révolutionnée par l’emploi méthodique des engrais pliosphorés : phosphate de chaux des carrières de France etd’Algérie, scories de déphosphoration des usines métallurgiques, superphosphates, etc.

Les meilleures récoltes en céréales, en fourrages, en plantes sarclées,etc., etc., sontohtenues par l’adjonction des nouveaux engrais phosphatés à l’antique fumier de ferme. Lesbelles races animales ne se voient que sur les terres naturellement riches en phosphore ou artificiellement enrichies par des apports pliosphorés.

Tout cela fait prévoir et justifie l’usage du phosphore en médecine humaine.

Le phosphore n’existe pas en liberté dans la nature ; il faut le retirer des combinaisons plus ou moins stables qu’il forme avec les bases terreuses ou alcalines.

PHOSPHORE ET COMPOSÉS

Il a été obtenu en 1669 par Brandt, puis par Kunckel et Boyle, qui opéraient sur les résidus de l’urine. Sclieele plus tard apprit à le retirer des os.

Il est insoluble dans l’eau, très peu soluble dans l’alcool et l’éther, un peu plus dans le chloroforme, beaucoup dans l’huile et les corps gras en général (1 p. 80). Mais son véritable dissolvant est le sulfure de carbone (20 pour 1). Il fond à 44°.

C’est un métalloïde très combustible, très avide d’oxygène. L’action de la lumière transforme \e phosphore ordinaire en phosphore rouge, qui n’est plus soluble dans le sulfure de carbone et diffère sous beaucoup de rapports de son congénère.

11 faut se souvenir de cette action quand on fait usage de préparations phosphorées (huile phosphorée par exemple) un peu anciennes. Car si le phosphore ordinaire est très actif, le phosphore rouge est à peu près inerte.

Le phosphore ordinaire est très altérable, il s’oxyde au contact de toutes les huiles, à moins qu’elles n’aient été décolorées par la chaleur (2o0 degrés), comme l’a montré Méhu.

Outre le phosphore, employé en nature avec l’huile comme véhicule, on se sert très fréquemment en médecine de combinaisons diverses que nous allons décrire brièvement.

Le phosphure de zinc PhZn®, bien étudié par Vigier, insoluble dans l’eau, a les mêmes propriétés thérapeutiques que le phosphore, qu’il peut remplacer. On fait des granules contenant 4 milligrammes du médicament, répondant à un milligramme] de phosphore pur, dont la moitié seulement agit, soit un demi-milligramme.

Pour préparer le phosphure de zinc, on fait arriver des vapeurs de phosphore dans l’hydrogène sec sur du zinc fondu pur et distillé. Une partie du phosphure de zinc ainsi formé cristallise. Il se conserve bien, mais se décompose par les acides en sel de zinc et hydrogène phosphoré; ilse forme alors de l’hypophosphite de zinc.

Le phosphure de zinc contient un quart de son poids de phosphore; mais la moitié de ce phosphore seulement est actif, l’autre moitié se transformant en hypophosphite.

Le phosphure de zinc ne présente donc que un huitième de phosphore pur, et quand on prescrit un granule de 4 milligrammes (formule de Vigier), c’est comme si l’on prescrivait un demi-milligramme de phosphore pur.

Administrer le pliosphure de zinc à l’intérieur, c’est comme si l’on donnait du phosphore pur, car ce dernier comme le premier se transforme dans l’estomac en hydrogène phosphoré.

Quand on prescrit le phosphore ou le phosphure de zinc, il faut se mettre en garde contre l’accumulation du médicament. Pour l’éviter, on fera une suspension de 10 jours au moins tous les mois.

Phosphoglycérates. — Partant de la lécithine du jaune d’œuf, Gobley a obtenu l’acide phospho-glycérique, découvert par Pelouze en 1846.

Lehmann d’a obtenu avec le tissu nerveux. Industriellement, MM. Portes et Prunier ont préparé un glycérophosphate de chaux en faisant agir longtemps à 110 ou 120“ l’acide phosphorique sur la glycérine à 28“ et en neutralisant par le carbonate ou le lait de chaux, puis en précipitant par l’alcool. Il y a d’autres procédés sur lesquels nous n’avons pas à nous étendre.

Le glycérophosphate de chaux se présente comme une poudre blanche, peu soluble dans l’eau froide, insoluble dans l’eau bouillante et l’alcool, ce qui exclut les vins au glycérophosphate de chaux. Mais si l’on remplace la chaux par la soude, glycérophosphate de soude , la préparation devient soluble.

D’après A. Robin, les glycérophosphates auraient la propriété d’accélérer la nutrition générale en stimulant le système nerveux.

Phosphates. — Les phosphates ont-été employés en médecine bien avant les phosphoglycérates. Je ne m’arrêterai pas aux phosphates de gaïacol ou de créosote qui partagent les propriétés de ces derniers corps, ni au phosphate de cuivre préconisé par Luton (de Reims), dans la tuberculose ostéo-articulaire et par Liégeois dans la chlorose. J’ai surtout en vue les différents phosphates de chaux si populaires et si souvent prescrits par les médecins.

En premier lieu, c’est la poudre d’os o\x phosphate trihasique de chaux, médicament insoluble qui ne peut se prendre qu’en suspension ou en mélange avec un corps gras ou sucré (beurre, confiture, etc.). Puis viennent les phosphates de chaux acides et parlant solubles qui servent à faire des solutions, dos sirops, des vins, etc.

La solution de phosphate acide ou monocalciqiie se prépare ainsi :

Phosphate île chaux bibasique 17 grammes.

Acide phosphorique médicinal 23 gr. 50

Eau distillée

PHOSPHORK ET COMPOSES

On pulvérise le phosphate dans l’eau, on ajoute l’acide jusqu’à dissolution et on filtre. Une cuillerée (1.^ grammes) contient 25 centigrammes de phosphate bicalcique ou 40 centigrammes de phosphate monocalcique. On l'ait un sirop au même titre:

Phosphate bibasique 12 gr. 50

Acide phosphorique 48 grammes.

Eau distillée .3-’5 —

Sucre G25 —

Alcoolature d’orange ou citrou 10 —

Les solutions et sirops de chlorhydro, lacto, cilro-phosphate de chaux se préparent de la même façon en remplaçant l’acide phosphorique par l’acide chlorhydrique (10 grammes), lactique (19 grammes), citrique, etc.

Veul-on faire un vin phosphaté, on remplace l’eau de la formule précédente par le vin de grenache.

Le phosphate d'ammoniaque a été vanté contre la gravelle. Le phosphate de soude a des propriétés purgatives.

Parmi les aliments qui contiennent du phosphore en proportions notables, il faut citer les œufs, les cervelles, le poisson. Parmi ceux qui sont riches en phosphates calcaires, il convient de retenir le pain, les légumes secs (lentilles, haricots, pois), les huîtres, le lait provenant de vaches bien nourries [lait phosphaté, 5 à 7 grammes par litre).

Hypophosphitcs. — Churchill a préconisé l’hypophosphite de soude avec lequel on fait un sirop :

Hypophospbite de soude 5 grammes.

Sirop de fleurs d’oranger 50 —

Sirop simple 350 —

Une à quatre cuillerées à café par jour.

20 grammes représentent 25 centigrammes d’hypophosphite.

Les indications et les contre-indications du phosphore sont faciles à déduire de ses propriétés physiologiques.

Il faut d’abord bien savoir que le phosphore pur, phosphore ordinaire, phosphore blanc, phosphore soluble, est un poison des plus violents qui, à la dose de quelques centigrammes, peut entraîner la mort. Il agit comme caustique énergique et de plus il amène très rapidement la mort des cellules et leur dégénérescence graisseuse (stéatose du foie, des reins, etc.).

Dans l’empoisonnement aigu, il faut prescrire, comme antidote,

r essence de térébenthine (en sirop, capsules, émulsions), ou la magnésie hydratée.

A doses lliérapeutiques, c’est-à-dire prescrit par milligrammes, le phosphore ou le phosphure de zinc qui peut lui être assimilé, agit comme excitant, comme stimulant du système nerveux et de la nutrition générale par l’intermédiaire du système nerveux. Il augmente l’appétit, accélère les battements du cœur, accroît la sécrétion urinaire, excite même les organes génitaux quand la dose est un peu forte (médicament aphrodiasique). Il convient donc dans les étals d’atonie et d’épuisement nerveux, dans l’anémie et la chlorose, dans la neurasthénie, dans la paralysie infantile, dans les paralysies oculaires, dans la convalescence des fièvres graves, dans le rachitisme, dans le lymphatisme, dans la céphalalgie des adolescents et les troubles généraux de la croissance.

11 est contre-indiqué par l’agitation, l’excitabilité cérébrale, la fièvre, la phtisie pulmonaire, etc.

Pour l’usage externe, on l’a prescrit en liniment ou pommade dans les paralysies oculaires, les névralgies, etc.

Les indications des phosphates et glycérophosphates sont les mêmes que celles du phosphore ; on donne ces médicaments dans tous les états de faiblesse, d’anémie, d’insuffisance de la nutrition, dans la chlorose, dans le lymphatisme, dans les troubles de la croissance et surtout dans le rachitisme.

Si le phosphore, à cause de son action excitante, est contre-indiqué dans la phtisie, les phosphates, phosphoglycérates, hypophosphites, peuvent être conseillés. Le phosphate de chaux tribasique a donné de bons résultats dans la diarrhée. Dans les tumeurs blanches, Lu ton se serait bien trouvé du phosphate de cuivre, que Liégeois a prescrit avec succès aux chlorotiques. Quant au phosphate d’ammoniaque, nous avons déjà dit qu’il pouvait être utilisé dans la gravelle rénale. Le phosphate de soude agira contre la constipation.

Le phospbite de gaïacol, moins toxique que le gaïacol, a été prescrit dans la phtisie.

M. Jierlioz (de Grenoble) donne des lavements avec le sérum naturel (30 centimètres cubes), additionné de I p. 100 de phosphite de gaïacol. Chez une petite phtisique de cinq ans, il a obtenu par ce procédé (un lavement, puis deux par jour) un succès rapide ( C’onyrè.v delà tuberculose, 1898).

PHOSPHORE ET COMPOSÉS

Comment prescrit-on le phosphore? Je répète que ce n’est pas par centigrammes, mais par milligrammes ou fractions de milligramme. Il y a au Codex une huile phosphorée dont la formule est la suivante :

Huile d’amandes douces 1000 grammes.

Phosphore 1 —

Si le médecin prescrit de l’huile de foie de morue phosphorée, sans autre indication, il peut arriver que le pharmacien délivre un litre d’huile de morue contenant 1 gramme de phosphore. L’enfant prenant une ou plusieurs cuillerées à soupe de cette préparation par jour (c’est-à-dire plusieurs centigrammes de phosphore) s’empoisonnera fatalement, ce qui est malheureusement arrivé. Il faudrait rayer cette formule du Codex et prescrire une huile phosphorée dix fois moins forte, contenant dix centigrammes seulement de phosphore par litre, soit au dix-millième, et prescrite seulement par cuillerées à café. C’est ce que Dujardin-Beaumetz et Yvon conseillent d’ailleurs en donnant la formule suivante d’huile de morue phosphorée :

Huile phosphorée du Codex lÜO grammes.

Huile de foie de morue 900 —

Chaque cuillerée à soupe contient un peu plus d’^m milligramme de phosphore :

Quand je prescris l’huile phosphorée dans le rachitisme, je formule ainsi :

Huile d’amaudes douces 100 grammes.

Phosphore ^ 0 gr. 01

Essence de meuthe 1 goutte.

En prendre une cuillerée à café tous )es matins ou deux cuillerées à café suivant l’âge de l’enfant (un an à deux ans).

Les doses conseillées par Kassowitz dans le rachitisme ne sont

pas plus fortes ;

Huile d’amandes douces 10 grammes.

Sucre en poudre 30 —

Phosphore 0 gr. 01

Essence de fraises H gouttes.

Trousseau prescrivait des doses plus fortes, quand il faisait

prendre en trois jours cette tartine de beurre :

üeurre frais 300 grammes.

lodure de potassium 0 gi’- là ,

Bromure de potassium 0 gr. .lu

Chlorure de sodium .S grammes.

Phosphore 0 gr. 01

Mais il s'adressait à des enfants plus âgés.

Dans tous les cas, le phosphore ne sera pas prescrit plus d’un mois, et les doses seront prises au moment des repas, pour éviter l’irritation de la muqueuse gastrique. Ces recommandations s’appliquent au phosphure de zinc comme au phosphore pur.

Roussel a injecté le phosphore sous la peau :

Phosphore o gr. 40

Eucalyptol ?0 grammes.

Huile stérilisée Q. s. pour 100 c. c.

Un quart de seringue chez l’enfant.

Le phosphure de zinc, en granules de 4 milligrammes, sera prescrit par unités (1, 2, 3 granules en vingt-quatre heures).

On faisait usage autrefois de la teinture éthérée de phosphore (20 centigrammes pour 30 grammes), dont on donnait II à IV gouttes dans de l’eau.

Pour l’usage externe, Tavignot prescrivait en frictions le Uniment suivant :

Huile d’amandes douces 100 grammes.

Naphte 25 —

Phosphore 0 gr. 20

Quand, au lieu de phosphore, on prescrit les phosphates et phosphoglycérates, les doses doivent être plus fortes. Les glycérophosphates se prescrivent à la dose de 5 centigrammes par jour et par année d’âge.

Le phosphate tricalcique ou poudre d’os se donnera par pincées à chaque repas dans une cuillerée de lait ou sur une tartine de beurre, de confiture, etc. Sous cette forme, il est d’ailleurs peu assimilable, car il n’est pas soluble.

Le phosphate de chaux acide de la phosphatineP^alières (25 centigrammes par cuillerée à soupe de poudre), celui de la solution gazeuse Jacquemaire, celui de la solution du Codex, etc., sont solubles et par conséquent plus facilement absorbables. Mais tous ces phosphates minéraux passent dans les excreta sans se fixer dans les tissus, et s’ils agissent favorablement, c’est plutôt en excitant la digestion et l’activité de l’estomac qu’en s’assimilant directement.

Par contre, les phosphates de chaux déjà assimilés par lesplantes ou par les animaux, ceux que contiennent les céréales, les légumineuses, le lait des vaches bien nourries, agissent directement sur la nutrition de l’enfant et la renforcent.

PHOSPHORE ET COMPOSES

Ces réserves faites, on prescrit les solutions acides de phosphates, chlorhydro-phosphates, lacto-phosphates, citro-phosphates de chaux, par cuillerées à café, dans la seconde enfance

(2, 3, 4 suivant l’àge). Les sirops faits avec les solutions précé-

dentes se prescriront par cuillerées à soupe (une matin et soir avant le repas).

Le phosphate de cuivre a été injecté dans les tumeurs blanches par Luton :

Phosphate de cuivre récent 1 gramme.

Glycéiâne i ^

Eau distillée J

Une seringue de Pravaz au sein des tissus malades.

Le phosphate d’ammoniaque, vanté dans la gravelle, peut se prescrire en tisane :

Phosphate d’ammoniaque 5 grammes.

Acide tartrique > j

Teinture de zestes d’orange )

Sucre 50 —

Eau Q. S. pour 1 litre.

Un demi-verre trois fois par jour.

Les glycérophosphates de chaux ou de soude se prescrivent par décigrammes, en poudre mêlée au sucre, granulés, etc.

Glycérophosphate de chaux 0 gr. 10

Sucre en poudre 0 gr. 50

Pour 1 paquet, en prendre 2 à 3 par jour dans une cuillerée d’eau ou de lait.

On a fait des solutions injectables avec le glycérophosphate de soude ; voici une formule citée par M. Mousnier :

Glycérophosphate de soude )

Beuzoate de caféine )

Arséniate de strychnine

Eau stérilisée Q. S. pour

0 gr. 05

0 gr. 002

En voici une autre du même auteur :

Glycérophosphate de soude 5 grammes.

Salicylate de soude 2 —

Eau distillée Q. S. pour 100 cent, cubes

Churchill prescrivait l’hypophosphite de soude suivant la formule :

Ilypophosphite de soude 5 grammes.

Sirop de Heurs d’oranger 50 —

Sirop simple 350 —

Chaque cuillerée à soupe contient 23 centigrammes d’hypophosphite : on en donne de 1 à 4 cuillerées à café par jour.

En résumé, le phosphore et ses combinaisons les plus usitées (phosphure de zinc, phosphates et phospho-glycérates de chaux et de soude, hypophosphites) sont journellement prescrils en médecine infantile. Ils peuvent rendre des services dans tous les étals de déchéance organique : anémie, rachitisme, lymphatisme, scrofule, troubles de la croissance, etc.

Il faut faire deux parts dans la thérapeutique phosphorée : 1“ le phosphore pur et le phosphure de zinc qui se prescrivent par milligrammes ou fractions de milligramme et qui, à cause des dangers d’accumulation, doivent être discontinués après un mois d’usage; 2° les phosphates, glycérophosphates et hypophosphites, préparations moins dangereuses, qui se prescrivent par centigrammes et décigrammes, et dont l’usage prolongé n’olTre pas de danger. Mais la plupart de ces préparations sont peu solubles, peu assimilables, et l’emploi des végétaux riches en phosphates organisés doit leur être substitué ou adjoint pour agir lentement mais sûrement. A thérapeutique phosphorée nous préférons alimentation phosphorée.

PHOTOTHÉRAPIE

Le D"' Finsen, de Copenhague, travaille depuis de longues années aux applications thérapeutiques de la lumière naturelle ou artificielle. Il a d’abord traité, avec un certain succès, les varioleux par la chambre obscure (suppression des rayons solaires) et il a prévenu ainsi la suppuration des pustules. Ayant pu, à l’aide d’une technique spéciale, supprimer les rayons caloriques d’une lumière artificielle (lampe électrique, par exemple), il a fait agir cette lumière, ainsi épurée, à la surface des lupus Qt des pelades., et il a pu obtenir la guérison rapide de ces maladies. La méthode photothérapique de M. Finsen ne s'est pas encore vulgarisée, mais elle est appliquée par lui avec le plus grand succès à riiôpital général de Copenhague : elle mérite d’être connue et éprouvée ailleurs.

Relativement au traitement de lapelade par les rayons chimiques concentrés, le D’’ O. Jersild a exposé la pratique du D' Finsen [Annales de dermat. et janvier 1899). 11 est prouvé que les

rayons chimiques concentrés sont bactéricides, qu’ils tuent les microbes dans la profondeur des tissus sans altérer ces derniers.

PICROTOXINE.

Si l’on emploie un foyer lumineux assez fort (lumière électrique, arc voltaïque de oO à 80 ampères), si l’on élimine le plus possible les rayons caloriques à l’aide d’appareils munis de lentilles en cristal de roche laissant passer les rayons ulti’a- violets que le verre ordinaire absorberait, si l’on prolonge l’action lumineuse pendant une heure un quart à chaque séance, on remarque que les cheveux ne tardent pas à repousser. La lumière agit à la manière des autres irritants, elle fait rougir la peau, elle l’échauffe même, car on est obligé de refroidir la plaque peladique plusieurs fois pendant la séance avec de l’eau fraîche; elle semble donner plus d’activité aux papilles pilaires. Avant de commencer le traitement, on fait raser le pourtour de la plaque peladique dans une étendue de 1 centimètre et demi. Le traitement lumineux, continué tous les jours, pendant quinze, vingt, trente jours et davantage, ne cause pas de douleur s’il est bien dirigé, et il amène la guérison plus rapidement que les autres procédés connus.

PICHI

Le pichi est une plante de la famille des Solanées, qui croît au Chili et dans l’Argentine, et dont le hois passe pour dissoudre les calculs urinaires [Fahiana imbricata). C’est un bon médicament de la diathèse urique ; on n’a pas encore pu isoler nettement le ou les principes actifs de cette plante. La décoction (20 p. 1000), prise par tasses (2 à 3 par jour), modifie la sécrétion urinaire, calme les spasmes vésicaux, facilite l’expulsion des graviers et calculs. Cette décoction serait bonne aussi dans l’ictère et les affections du foie, elle serait cholagogue.

PICROTOXINE

En traitant la coque du Levant (Ménispermées) par l’alcool bouillant, on obtient une substance cristallisable, blanche, inodore, amère, soluble dans 150 parties d’eau froide, très soluble dans l’alcool et l’étber. C’est un poison tétanisant, qui a été employé dans l’épilepsie, la chorée, les convulsions. On administre des granules de 1 milligramme (1, 2, 3 suivant l’àgc).

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