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PONCTION LOMBAIRE

Il y a six ans, le D'’ Quincke a eu l’idée de pénétrer entre deux vertèbres, dans le canal rachidien, pour en retirer une quantité plus ou moins grande de liquide. On se sert d’une seringue de Pravaz munie d’une aiguille assez longue et assez forte.

L’enfant est incliné sur le côté, la tête et les genoux fléchis, pour que la colonne vertébrale dessine une convexité notable. En agissant ainsi, on écarte les lames des vertèbres l’une de l’autre et on permet de pénétrer plus aisément dans la cavité rachidienne.

En ponctionnant entre la première et la deuxième lombaire, ou entre la deuxième et la troisième, sur la ligne médiane, entre deux apophyses épineuses, et en enfonçant l’aiguille de un demi à 2 centimètres, on pénètre dans la cavité du rachis sans léser la moelle située plus haut, et on peut retirer plusieurs centimètres €ubes de liquide céphalo-rachidien.

J’ai pratiqué cette opération dans un grand nombre de cas, et notamment chez des hydrocéphales et chez des enfants atteints de méningite tuberculeuse.

Au point de vue thérapeutique, je n’ai rien obtenu ; les 20, 30, 50 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien (je n’ai jamais pu en retirer davantage), que j’obtenais à chaque ponction, ne pouvaient déterminer une décompression bien considérable des centres nerveux, et les enfants n’éprouvaient aucun soulagement durable. Chez un hydrocéphale de six mois (nourri au sein), après une série de ponctions faites à quinze jours ou un mois d’intervalle, j’ai cru remarquer une certaine amélioration ; mais la maladie n’a pas tardé à continuer ses progrès.

Dans la méningite tuberculeuse, aucun résultat. Cependant l’examen du liquide retiré par la ponction peut servir au diagnostic. L'examen direct après centrifugation, la culture, l’injection aux cobayes, peuvent permettre de décéler la tuberculose. Mais souvent l’enfant meurt avant qu’on ait eu le temps de s’assurer de la présence du bacille de Koch.

Dans les cas de méningite cérébro-spinale, l’examen du liquide pourra montrer le méningocoque de Jiigcr ou le pneumocoque (Netter) et servir au diagnostic.

En somme, la ponction lombaire n’a jusqu’à présent d’autre valeur que celle d’un moyen de diagnostic. ,

POTASSIUM

En 1807, Sir Ilumphry Davy parvint à isoler le potassium de la potasse. Ce métal est très abondant dans le sol (feldspath) et dans d’eau de mer. Le chlorure de potassium se trouve également dans tous les liquides de l’organisme à côté du chlorure de sodium. Le potassium est très avide d’eau et d’oxygène ; il est donc peu stable et l’on n’emploie en medecine que ses combinaisons.

CiiLonuRE DE POTASSIUM. — Ce sel, assez abondant dans l’eau de mer et les eaux salines naturelles, a de grandes analogies avec le chlorure de sodium ; il est, comme lui, très soluble dans l’eau, mais il est beaucoup plus toxique et ne saurait lui être substitué pour l’usage interne. Il sera prescrit à doses faibles (1, 2 grammes par jour); il peut remplacer le chlorate de potasse en potion ou en gargarisme.

Bromure de potassium. — Le bromure de potassium est un des agents les plus précieux de la matière médicale (Voy. Brojne et bromures).

loDURE DE POTASSIUM. — L’iodui’c de potassium n’est pas moins important (Voy. Iode et lo dures); c’est le meilleur des résolutifs et des dépuratifs.

Sulfures DE potassium. — On distingue cinq variétés; le monosulfure, le bisulfure, le trisulfure, le tétrasulfure et le pentasulfure de potassium. Ce dernier, ou foie de soufre., sert à la préparation des bains sulfureux.

Potasse. — La potasse caustique ou hydrate de protoxyde de potassium est très soluble dans l’eau, dont elle est très avide; elle attaque les tissus à la manière d’un caustique énergique {pierre à cautères). La poudre de Vienne est un mélange de potasse caustique et de chaux vive; cette poudre, délayée dans un peu d’alcool concentré, forme une pâte que l’on })lace sur la partie à cautériser.

Carbonate de potasse. — Sel blanc, d’une saveur âcre, très déliquescent et soluble dans l’eau, retiré autrefois des cendres végétales et aujourd’hui fabriqué principalement avec le chlorure de potassium. J*eu employé pour l’usage interne, le carbonate de

POTASSIUM

-potasse peut servira la préparation des bains alcalins ; maison lui préfère généralement le carbonate de soude.

Bicarboxate de potasse. — Nous en dirons autant du bicarbonate, qui entre dans la composition de la potion de Rivière, dont voici la formule :

1® Bicarbonate de potasse 2 grammes.

Sirop simple 15 —

Eau 60 —

2° Acide citrique 2 —

Sirop citrique 15 —

Eau 60 —

On administre coup sur coup ou mélangées dans un fond de verre, une cuillerée de la première potion et une cuillerée de la seconde ; il se dégage alors dans l’estomac de l’acide carbonique. C’est une potion anti-émétique.

On peut administrer le bicarbonate de potasse en potion ou en tisane convenablement édulcorée à la dose de 2 à 4 grammes par jour.

NiraATE DE POTASSE. — Le nitrate ou azotate de potasse (nitre, salpêtre) est très soluble dans l’eau, peu dans l’alcool dilué, pas du tout dans l’alcool fort.

C’est un oxydant énergique, car il perd facilement son oxygène sous rinlluence de la chaleur. Il forme la poudre, quand il est en préparation convenable avec le charbon et le soufre. Il existe, à l’état naturel, dans différents contrées de l’Asie et de l’Amérique (Chili). Au point de vue médical, le nitrate de potasse est un diurétique salin très usité. On le donne à la dose moyenne de 2 grammes par jour dans une tisane de chiendent ou de queues de cerises, ou dans une potion. Voici une formule que j’utilise souvent dans la pleurésie et les cardiopathies mal compensées, pour provoquer la diurèse :

Azotate de potasse \

Acétate dépotasse )

Oxymel scillitique ^ ..

Sirop des cinq racines )

Infusion de baies de genièvre

A prendre par gorgées dans les vingt-quatre heures.

1 gramme

AcÉTATt; DE POTASSE. — Cesel, très déliquescent et très soluble, est un bon diurétique comme le nitrate auquel il convient do rassocier, ainsi que nous l’avons lait dans la formule précédente. ... .

Citrate de potasse, — Poudre cristalline, très soluble, diurétique, antiacide; peut se prescrire en potion chez les enfants les plus jeunes ; prescrit par E. Holt dans la pyélite des nourrissons à la dose de 10 centigrammes toutes les deux heures.

Chlorate de potasse. — Ce sel, dit encore sel de Berthollet, est blanc, de saveur piquante, de solubilité faible (4 p. 100) dans l’eau, insoluble dans l’alcool fort. C’est un oxydant énergique, qui forme facilement des mélanges détonants; se défier des associations.

Très employé dans les stomatites et les angines, en collutoires, gargarismes, ou en potion. Il ne faut pas le prescrire à hautes doses, car il attaque les globules du sang, et favorise les hémorragies.

On ne dépassera pas la dose de 20 centigrammes par jour et par année d’âge :

Chlorate de potasse 1 gramme

Sirop de groseilles 20 —

Eau distillée 80 —

A prendre par cuillerées toutes les deux heures, pour un enfant de cinq ans atteint de stomatite ulcéreuse.

En même temps, on fait des attouchements avec le collutoire suivant :

Chlorate de potasse

Eau distillée

Glycérine

On peut prescrire des lavages de la bouche, des gargarismes de la gorge avec :

Chlorate dépotasse 10 grammes.

Sirop de mûres 40 —

Décoction de feuilles de ronces 2ô0 —

L’usage interne du chlorate de potasse dans la diphtérie et le croup est aujourd’hui abandonné. Le triomphe du chlorate dépotasse est dans la stomatite ulcéreuse,' dont il est presque le spécifique (J. Bergeron).

Selfate neutre de potasse. — Ce sel est un remède populaire dans certaines contrées (midi de la France), pour faire passer le lait des nourrices. On le donne à la dose de 4 grammes par jour :

Sulfate de potasse 4 grammes.

Décoction de chiendent (20 gr.) et de canne de Provence (20 gr.)

j âa 15 —

1 litre.

POTASSIUM

Il agit comme laxatif ; il ne faut pas le donner à haute dose, car il est assez toxique et on a reproché avec raison aux vins plâtrés de contenir une quantité parfois dangereuse de sulfate dépotasse. La tolérance légale est de 2 grammes par litre.

Le sulfate acide ou bisulfate n’a pas d’usages médicaux.

Arséxiates et ARSÉNiTES DE POTASSE. — L’arséniate acide de potasse (sel arsénical de Macquer) peut être employé à la dose de 1 milligramme par jour et par année d’âge. L’arsénite de potasse est beaucoup plus usité, il forme la base de la liqueur de Fowler :

Cette liqueur renferme en poids 1 p. 100 d’acide arsénieux; XX gouttes représentent un centigramme d’arsenic. Ne pas l’oublier lors des prescriptions ; ne pas oublier non plus l’effet cumulatif, afin de suspendre au bout de IS jours ou un mois l’administration du médicament même à doses faibles.

Quand on veut employer la liqueur de Fowler en injections hypodermiques, dans la chlorose, l’anémie pernicieuse, la leucémie ou la pseudo-leucémie, etc., il y a avantage à modifier la formule précédente, afin de rendre l’injection moins douloureuse ; on remplace l’alcoolat de mélisse par l’eau de laurier-cerise.

Silicate de potasse. — On désigne sous ce nom un mélange de différents silicates fort employé en chirurgie infantile; on imbibe des bandes de toile de la solution, et on les enroule autour du membre suffisamment capitonné d’ouate ; le bandage, par le dessèchement, devient très dur et inamovible. Pour l’enlever, on fait prendre un bain chaud.

Tartratede potasse. — Le tartrate neutre (tartre tartarisé), soluble dans l’eau, a été employé comme diurétique. Le tartrate acide [cvëma de tartre) est peu soluble ; on lui préfère le tartrate double de potasse et de soude (sel de Seignette, voyez Soude) et le tartrate borico-potassique ou crème de tartre soluble.

Quant au tartrate double d’antimoine et de potasse (émétique, tartre stibié), il est étudié à l’article Antimoine.

Acide arsénieux

Carbonate de potasse

Alcoolat lie mélisse composé Eaii distillée

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