RHUBARBE
La rhubarbe, Rhewn officinale^ Rh. palmatiim (Polygonées), contient, comme le séné et le lichen des murailles, de l’acide chrysophanique. Elle a une saveur amère et désagréable, elle donne à l’urine une couleur orangée. Onia prescrit en poudre qui, suivant la dose (10 à 20 centigrammes, 1 à 2 grammes), agit comme stomachique ou comme purgatif. Pour masquer le goût de la poudre de rhubarbe, on peut la granuler. On la mêle souvent à d’autres substances : l’opium, la craie, la magnésie, etc. Je prescris quelquefois, dans la dyspepsie atonique avec constipation, le mélange suivant :
Rhubarbe en poudre j
Magnésie calcinée > aa 0 gr. 15
Bicarbonate de soude )
Poudre de noix vomique 0 gr. 01
Pour 1 paquet; à prendre 2 par jour avant le repas dans une cuillerée d’eau sucrée.
On fait une tisane de rhubarbe par macération ou infusion (5 à 30 p. 1000 suivant qu’on recherche l’action tonique ou l’action purgative). On prescrit encore la teinture de rhubarbe, \ extrait de rhubarbe, le sirop de rhubarbe composé ou sirop de chicorée, le vin de rhubarbe, etc. Actuellement la rhubarbe n’est employée que comme purgatif doux. Elle est contre-indiquée dans la gravelle et la cystite.
RHUS AROMATICA ET RHUS TOXICODENDRON
Ces plantes, vulgairement 5^<mac (Térébinthacées), renferment un principe actif qu’on a essayé contre les paralysies, le diabète
RHUS AROMATICA ET RIIUS TOXICODENDRON. 533
et l’incontinence d’urine. On se sert de l’extrait fluide et de la teinture.
Le rhus aromatica, le rhus toxicodendron, le rhus radicans ont des propriétés analogues et peuvent se prescrire aux mêmes doses.
Le D'' R. Saint-Philippe traite les incontinences d’urine avec une teinture de rhus radicans ainsi préparée :
Feuilles sèches de rhus radicans I partie.
Alcool à 21“ Cartier 5 —
Après quinze jours de macération, passez et filtrez; donner V à XX gouttes matin et soir dans de l’eau sucrée. Après six ans, aller jusqu’à XL gouttes.
Un médecin de Nevi^-York, J. Bissel, formule ainsi :
Feuilles pulvérisées de rhus toxicodendron 0 gr. 10
Sucre en poudre q. s.
Faire 10 paquets, 1 à 2 par jour.
Le D'' L. Freyberger [Treatment^ 12 mai 1898) a traité 60 cas par le rhus aromatica. Dans 30 cas, il a pu suivre les malades assez longtemps pour se faire une opinion (neuf mois à deux ans). Ces malades avaient été traités sans succès par la belladone, la strychnine, etc.
Les doses employées furent : de 25 à 50 centigrammes pour les enfants de deux à cinq ans; de 50 à 75 pour ceux de cinq à dix ans; de 75 centigrammes à 1 gramme au-dessus de dix ans. Exemple :
Extrait fluide de rhus aromatica 0 gr. 50
Sirop de fleurs d’oranger 1 gramme.
Eau distillée 4 —
Prendre cette dose trois fois par jour.
Sur les 30 enfants traités, il y avait 12 garçons et 18 filles; l’âge a varié de trois à onze ans et demi. La durée moyenne du traitement a été de quarante jours (35 chez les garçons, 45 chez les filles). Onze garçons et 7 filles furent définitivement guéris; 1 garçon et 9 filles furent améliorés.; 2 filles furent rebelles; 3 eurent une rémission de quelques mois. Une aggravation temporaire fut notée huit fois (3 garçons et 5 filles). Le régime doit être en même temps surveillé; on fera coucher l’enfant sur un matelas dur, on fera des affusions froides le long de la colonne vertébrale, on le réveillera une ou deux fois la nuit pour le faire uriner.