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SINAPISME

La farine de moutarde est très employée comme révulsif en médecine ; on en fait des sinapismes en feuilles dits Rigollot et des cataplasmes sinapisés; on peut aussi la mettre dans l’eau des bains (bains sinapisés).

Les sinapismes en feuilles sont tout préparés; il suffit, au moment de s’en servir, de les tremper dans l’eau froide ou à peine tiédie et de les appliquer sur la partie choisie pour la révulsion.

Quant aux cataplasmes sinapisés, on les prépare en délayant dans l’eau bouillante un mélange de farine de lin et de farine de moutarde, dans la proportion de un tiers à un quart de cette dernière.

On peut aussi faire un cataplasme de farine de lin ordinaire et le saupoudrer de farine de moutarde au moment de s’en servir. 11 est très important de mesurer la durée d’application du sinapisme en feuille comme du cataplasme sinapisé : si cette durée est excessive, la rubéfaction de la peau que l’on recherche est dépassée, et l’on se trouve en présence de plaies plus ou moins profondes.

Indications. — La sinapisation est indiquée dans une foule de cas ; dans les maladies du poumon (bronchite, broncho-pneumonie, congestion pulmonaire), dans lès maladies de l’intestin (entérite) et du péritoine, dans les maladies du système nerveux (méningite, convulsions, coma).

Chez les petits enfants, il faut préférer le cataplasme sinapisé au sinapisme en feuilles. Il faut avoir soin, dansl’im et l’autre cas, de ne pas laisser le sinapisme plus de cinq minutes à la même place ; on promène les sinapismes, on ne les /?a:epas. Si l’on oublie celte recommandation, voici les accidents auxquels on s’expose.

Accidents du sinapisme. — Je m’arrêterai peu sur l’irritation, la douleur, les cris provoqués par le sinapisme. Chez les enfants nerveux cependant, l’agacement qui résulte de l’application d’un sinapisme ne sera pas négligé, car il pourrait être le prélude d’accidents convulsifs.

Ce qui est à craindre surtout, c’est que le degré de révulsion désiré ne soit dépassé, et que la rubéfaction ne soit suivie de vésication et d’escharification. Le cas n’est pas rare.

J’ai vu récemment un petit garçon dont les deux mollets avaient été dénudés par les sinapismes qu’on lui avait laissés pendant plus d’une heure. Il en était résulté deux plaies diplitéroïdes très rebelles.

Plus récemment encore, j’ai vu une petite fille d’un an dont la région hypogastrique avait été eschariliée par un cataplasme sinapisé (mi-parlic de farine de moutarde et de lin) laissé seulement un quart d’heure. Il est plus facile de prévenir ces accidents que de les guérir.

Traitement. — Pour prévenir les plaies, on aura soin de prescrire une application courte [cinq minutes en moyenne), quitte à renouveler, quel que soit le sinapisme employé (Rigollot ou cataplasme). S’il s’agit d’un cataplasme, on ne le fera jamais avec la farine de moutarde pure, on la mitigera avec le double ou le triple de farine de lin.

Pour panser la plaie consécutive à une sinapisation trop énergique, on se servira d’iodoforme ou de salol et d’ouate hydrophile. On se conduira comme en présence d’une brûlure (Voyez ce mot).

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