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SÉRUM DE LAIT

MM. Gimbert et Lereboullet ont attiré l’attention sur la sérothérapie reconstituante par le sérum de lait. (Acad, de Med. .luillet 1899). M. Gimbert s’est servi d’un sérum préparé par M. Tajasque, ayant 1034 à 103o de densité, contenant 7 à8 grammes de sels minéraux par litre (lgr.87o àl gr. 900 d’acide phüspborique, 2gr.500à 2gr.900 dechlorures, Ogr. 60àl gramme de sulfates, 80 à 8o grammes de la.ctose. On ajoute Igr. 50 d’acide pbénique pour 1000, afin de conserver le sérum.

M. Lereboullet a employé un sérum préparé par M. Dumouthiers, renfermant un peu moins de sels minéraux que le précédent, mais ayant les mômes elîets thérapeutiques.

On emploie le sérum de lait en injections sous-cutanées, à la dose de 2, 3, 3 centimètres cubes, renouvelés tous les deux ou trois jours, dans les cas de neurasthénie, épuisement, cachexie, anémie, chlorose, phtisie. Le sérum de laitpeut servir de véhicule à d’autres médicaments : strychnine, ergotine, quinine, arsenic.

Ce nouveau sérum est inolVensif, malgré les réactions individuelles qu’il détermine parfois (urticaire, etc.).

SÉRUM ARTIFICIEL

On entend par sérum artificiel, une solution saline de composition plus ou moins analogue à celle du sérum sanguin.

11 existe actuellement plusieurs formules de sérums artificiels; mais la plus simple, la plus journellement appliquée, est la suivante :

Chlorure de sodium pur 7 grammes.

Eau stérilisée 1000 —

Autrefois, le D" Liiton (de Geims) employait, à doses faibles (2 à 0 grammes), la solution suivante :

Phosphate de soude cristallisé 4 grammes.

Sulfate de soude 10 —

Eau distillée 100 —

Crocq a utilisd la solution simple de phosphate de soude à 2 pour 100.

Plus tard, Hayem a préconisé le sérum suivant, employé sur une vaste échelle dans le choléra :

Chlorure de sodium 5 grammes.

Sulfate de soude cristallisé pur 10

Eau distillée bouillie looo

Cantani, de son côté, injectait aux cholériques la solution suivante :

Chlorure de sodium 4 g’rammes.

Carbonate de soude...., 2

Eau stérilisée 1000 —

Le sérum fort, préparé par Leclerc, comprend ;

Chlorure de sodium 4 grammes.

Phosphate et sulfate de soude âh 1/2 —

Eau stérilisée 100 —

Celui de Chéron a une formule plus compliquée :

Acide phéuique neigeux l gramme.

Chlorure de sodium 2 —

Phosphate de soude 4 —

Sulfate de soude 8 —

Eau bouillie 100 —

Ces sérums, comme on le voit, sont presque tous à base de sel marin; ils sont plus ou moins analogues à de Veau pure. Ils doivent tous être employés stérilisés et portés à une température convenable (37“ à 38°) au moment de s’en servir.

On emploie le sérum artificiel à petites doses ou à doses massives, en injections sous-cutanées, ou en injections intra-veineuses.

Chez l’enfant, nous recommandons exclusivement la voie hypodermique. A petites doses, on injecte en une fois 2, 5, 10, 20 centimètres cubes avec une seringue. A doses massives, on fait passer lentement, dans le tissu cellulaire sous-cutané de l’abdomen, de l’aiselle, delà fesse, 100, 200, 300 centimètres cubes à l’aide d’un laveur muni d’un long tube en caoutchouc et d’une aiguille aseptisée. En élevant plus ou moins le récipient, on active ou on ralentit le mouvement de pénétration.

Clievretin a préparé des ampoules en verre fermées, qu’on chauffe au bain-marie et qu’on accroche aisément à un clou fixé

SÉRUM ARTIFICIEL

au mur, etc. Ces ampoules ont des contenances variables (100, 200, riOO centimètres cubes). Au moment de l’usage, on les fait chaulTer au bain-marie; on casse le bec supérieur et le bec inférieur : le premier pour permettre à la pression atmosphérique de s’exercer, le second pour laisser couler le liquide dans le tube en caoutchouc qu’on a préalablement adapté.

Les petites injections de sérum artificiel ont une action stimulante passagère qu’on peut employer chez les enfants débilités, atrophiés, épuisés par la diarrhée, etc.

Elles sont utiles également chez les anémiques et chlorotiques, dont elles relèvent la nutrition et les forces.

Voici un exemple pour la manière de procéder et pour le succès qu’on peut espérer. Le D'’ Loviot (Soc. obst. et gyn., Paris 1898) ayant à traiter un enfant de 2 mois et demi atteint de gastro-entérite avec athrepsie, pratique d’abord le lavage de l’estomac qui arrête les vomissements ; puis il administre de grands lavements émollients, alcalins ; la diète hydrique, le lait d’ânesse ne suffisent pas ; il cherche à hydrater les tissus de l’enfant avec l’eau salée (10 grammes par litre) à la dose de 20, 30, 40, oO grammes par jour pendant une semaine. Les injections sont faites dans le tissu cellulaire de la face externe de la cuisse, de la paroi abdominale, de la lace postérieure de l’avant-bras, avec une aiguille stérilisée reliée par un tube de caoutchouc de petit calibre à une ampoule contenant le liquide à injecter. Les ampoules, préparées par Chevretin, étaient préalablement chauffées au bain-marie, ainsi que le tube en caoutchouc. La chaleur des mains delà personne qui tenait les ampoules suffisait à maintenir leur contenu aune température convenable pendant la durée de l’intervention. Grâce aux injections, l’enfant survécut et présenta une notable amélioration.

Chez les nouveau-nés débiles, prématurés, en proie à la faiblesse congénitale, le sérum artificiel peut, avec le concours (le la couveuse, rendre viables des enfants qui ne le paraissaient pas.

Les grandes injections, qui peuvent être assimilées à un lavage du sang, conviennent aux grandes maladies toxi-infectieuses (broncho-pneumonies, fièvres éruptives graves, fièvre typhoïde adynamique, etc.), aux grands o[)érés, aux enfants épuisés par des pertes de sang, empoisonnés par l'urémie, déshydratés (choléra

infantile). Après ces injections, on voit la vie revenir chez des enfants en train de la perdre, le pouls se relever, la face se colorer, l’œil s’animer. L’action est des plus rapides et des plus nettes.

Dans les cas très graves, dansl’algidité cholérique, par exemple, la transfusion saline intra-veineuse doit être préférée à la transfusion sous-cutanée, à cause de l’urgence.

Ün a dit que les injections de sérum artiliciel étaient contreindiquées chez les tuberculeux. Il est bien vrai, et mon interne M. Mettetal a pu s’en assurer maintes fois, que l’injection souscutanée, de lo à 20 centimètres cubes de sérum chez un enfant, s’accompagne d’une réaction fébrile, si cet enfant est tuberculeux. On voit le thermomètre monter d’un degré, d’un degré et demi, rarement plus. Mais cette ascension, très éphémère, ne se produit qu’avec des doses assez fortes. En restant à 3, 10 centimètres cubes, la réaction manque. Il n’est pas probable que ces injections puissent réveiller une tuberculose qui sommeille, et lui donner un coup de fouet qui augmente sa diffusibilité.

Le D"" Blache [Congrès de la Tuberculose, 1898) a d’ailleurs employé les injections de sérum artificiel chez les enfants tuberculeux avérés, et il dit s’en être bien trouvœ.

Le sérum artificiel, comme la tuberculine de Kocb, peut donc servir au diagnostic précoce de la tuberculose, par la réaction fébrile passagère qu’il détermine ; il n’est pas démontré qu’il ait une action nuisible quand il est employé avec discrétion.

SIMAROUBA

Le simarouba, Simaruha officinalis (Rutacées), a été employé contre la dysenterie. On se sert de l’écorce de racine du Quassia simaruha poudre, macération, infusion, décoction (1 gramme

C’est une plante astringente, qu’on peut prescrire dans les diarrhées chroniques :

Décoction de simaroiilia

Julep gommeux

Élixir parégorique

iui 100 grammes.

. . XX gouttes.

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