TRACTIONS RYTHMÉES DE LA LANGUE
langue et on la tire au dehors. Voici, pour plus de précision, les conclusions textuelles du livre de M. Laborde.
Le procédé des tractions systématisées et rythmées de la langue est le moyen le plus puissant du rappel du réflexe respiratoire ^ et par conséquent de la fonction que ce réflexe constitue essentiellement, c’est-à-dire de la fonction de respiration. De là son efficacité, supérieure dans les asphyxies de toute origine, et la mort apparente qui en est la suite, et alors que tous les autres procédés en usage ont échoué. L’action du procédé « de la langue » se produit par le mécanisme excito-moteur suivant ; excitation primitive exercée par les tractions de la langue sur les expansions sensitives des nerfs laryngo-bronchiques (laryngé supérieur et pneumogastrique), et sur les nerfs sensitifs de la langue (lingual et surtout glosso-pharyngien); excitation secondaire ou réflexe des nerfs moteurs respiratoires, en particulier du nerf phrénique, W par suite des contractions diaphragmatiques, bientôt suivies du jeu des muscles thoraciques, et, en dernier lieu, des mouvements respiratoires de la face (contraction des narines). A part sa puissance et son efficacité propres, le procédé « de la langue » tire une importance particulière de sa facilité d’application, qui en fait un moyen vulgaire à la portée de tout le monde; car la technique ci-après résumée en est des plus simples.
Saisir solidement le corps de la langue (tiers antérieur) entre le pouce et l’index, avec un linge quelconque, ou le mouchoir qu’on a dans sa poche, ou même avec les doigts nus, et exercer sur elle, de quinze à vingt fois par minute^ de fortes tractions réitérées, successives, rythmées, suivies de relâchement, en imitant les mouvements rythmés de la respiration elle-même.
Pendant les tractions, il importe de sentir que l’on tire bien sur la racine de la langue qui s’y prête, par son élasticité et sa passivité, surtout dans le cas de la mort apparente.
Lorsqu’on commence à sentir une certaine résistance, c’est que la fonction respiratoire se rétablit et que la vie revient : il se fait, alors, habituellement, un ou plusieurs mouvements de déglutition, bientôt suivis d/une inspiration bruyante, que j’appelle le hoquet inspirateur, premier signe de la reviviscence.
Si, au moment de saisir la langue, les mâchoires sont encore contractées et les dents serrées, les écarter, en forçant, avec les doigts si c’est possible, ou avec un corps résistant quelconque,
morceau de bois, manche de couteau, bouchon, dos de cuiller ou de fourchette, extrémité d’une canne, etc.
S’il s’agit d’un noyé, en prenant la langue et tout au début des tractions, il est utile d’introduire l’index, de l’autre main, au fond de l’arrière-gorge, de façon à aider à la provocation du vomissement, afin de dégager, autant que possible, l’estomac, de l’eau ou des aliments qui l’encombrent.
On peut se servir, pour saisir la langue et tirer sur elle, d’une pince appropriée : pince linguale en usage dans la chloroformisation, caoutchoutée ou mieux à pointes; pince de trousse, à pansement ou à polype, pince hémostatique, etc.
Dans l’asphyxie du nouveau-né, la pince à pansement et la pince hémostatique (pince de Péan), ont été, surtout jusqu’à présent, mises en usage.
Mais il ne faut pas oublier que l’on peut se passer de tout instrument, et se servir uniquement de ses doigts : c’est ce qui donne au procédé toute sa valeur pratique, et qui le met à la portée de tous.
Il est d’une importance capitale de continuer les tractions, avec persistance, sans se lasser et se décourager, durant un temps assez long, le résultat pouvant encore être obtenu après une demi-heure, une heure et plus, de l’emploi ininterrompu du procédé; l’on' peut, en ce cas, se relayer, si l’on est plusieurs auprès du cadavre.
TRAUMATICINE
La traumaticine est une substance obtenue en traitant la gutta-percha par le chloroforme dans la proportion suivante :
Gutta-percha 1
Chloroforme 9
TRAUMATOL
Le traumatol, ou idiocrismc, iodocrésine, iodocrésol, est une substance antiseptique, obtenue en faisant agir l’iode sur l’oxytoluène, qu’on a proposée comme succédané de l’iodoformo dont elle n’a pas l’odeur repoussante.
On l’emploie en poudre sur les plaies, en pommade; on fait des gazes et autres objets de pansement au traumatol.