TRIONAL
Le trional, très analogue au sulfonal, en diffère en ce que un atome de métliyle est remplacé par un atome d’élhyle. C’est également une poudre insoluble et insipide qu’oii doit administrer
en cachets ou en paquets. On donne une première dose de 2u centigrammes le soir dans une tasse de lait chaud ou de thé. Au bout d’une heure, si le sommeil n’est pas venu, on redouble. Il arrive fréquemment qu’une dose convenable de trional assure le sommeil non seulement pour la première nuit, mais pour la nuit suivante. J’ai employé avec succès ce médicament chez les enfants ( Voy. Hypnotiques). On peut le donner en suppositoire ou en lavement (suspension dans un mucilage).
TUBAGE
Le tubage, imaginé il y a plus de trente ans par Bouchut, perfectionné par O’Dwyer, consiste à placer dans le larynx, par les voies naturelles, un tube creux destiné à permettre la pénétration de l’air dans la trachée.
Pour faire le tubage, on se sert d’un ouvre-boiiche métallique, qui maintient l’écartement des mâchoires, de tubes métalliques^ moulés sur le larynx et portés par un mandrin articulé, d’un extracteur. L’extraction du tube laryngien avec cet extracteur présentait autrefois de telles difficultés que bien souvent on maintenait hors de la bouche un fil attaché à la partie renflée du tube. Or, grâce au procédé de Bayeux, on peut se passer de cet instrument ; il suffit d’appuyer de bas en haut sur l’extrémité inférieure du tube, qu’on sent au-devant du cou, pour l’énucléer et le faire cracher au dehors.
Les tubes primitifs de O’Dwyer sont très longs (4 centimètres pour le plus petit numéro) et très lourds. MM. Sevestre, Bayeux et Collin firent construire des tubes courts d’un maniement plus facile, modifièrent le mandrin, perfectionnèrent l’introducteur et l’extracteur, et rendirent ainsi plus facile l’opération du tubage.
Pour beaucoup de médecins étrangers, ce perfectionnement n’en serait pas un, les tubes longs prêtant moins à l’obstruction que les tubes courts. Quant au poids, il a pu être réduit par l’emploi de l’ébonite.
Les tubes ont été gradués suivant l’âge des enfants (6 numéros); une petite règle métallique, sur laquelle on porte les tubes, indique celui qu’on doit choisir chez tel ou tel malade. Si l’enfant paraît grand pour son âge, on prend le tube de l’âge supérieur. On le
TUBAGE.
munit d’un cordonnet de soie, qui, doublé, dépasse un peu la longueur de l’introducteur.
L’éclairage n’est pas aussi nécessaire pour l’intubation que pour la tracbéotomie, le toucher sert plus que la vue. Après avoir nettoyé la bouche et la gorge de l’enfant, on l’enroule dans une couverture qui immobilise les bras sans gêner la respiration. Un aide assis le prend entre ses jambes et le maintient bien en face de l’opérateur ; un autre aide, placé derrière le premier, tient entre ses mains la tête de l’enfant en la fléchissant légèrement en avant. Les instruments ont été trempés dans l’eau bouillante ; le fil doit être à la droite de l’introducteur. L’ouvre-bouche est placé entre les arcades dentaires du côté gauche, au niveau des molaires; on le fait tenir par l’aide chargé de la tête. L’index gauche de l’opérateur est porté dans le pharynx et ramené sur l’épiglotte qu’il relève ; il sent les cartilages aryténoïdes, tout cela avec douceur. L’introducteur, tenu de la main droite, est poussé rapidement vers le fond de la gorge, et on ramène le manche sur la ligne médiane. Alors, on cherche à chasser le tube dans le larynx en se guidant sur l’index gauche. S’il y a du spasme, le tube ne pénètre pas; il faut patienter pour vaincre cette contracture ; l’enfant voudra bientôt respirer, et livrera passage au tube. Aussitôt que le tube est dans le larynx, on retire le mandrin, en même temps que l’index gauche appuie sur la tête du tube pour l’empêcher de remonter. On s’assure que l’enfant respire bien, on retire Touvre-bouche après avoir fait une injection à! huile mentholée à 1 p. 20, dans le larynx, avec une seringue spéciale, et on coupe le fil.
Le détuhage^ qui se fait soit après guérison, soit pour remédier à l’obstruction du tube, exigeait autrefois un extracteur. Aujourd’hui, on pratique l’énucléation par manœuvres externes. L’enfant est placé sur les genoux d’un aide qui maintient ses jamhes, porte ses bras en bas et en arrière pour eflacer les épaules. L’opérateur assis en face saisit la tête avec une main, embrasse le cou dans la concavité de l’autre main, et va à la recherche du cricoïde pour sentir avec le pouce l’extrémité du tube. Cela fait, il attire vers lui le tronc de l’enfant en relevant la tête en arrière, et il presse fortement avec le pouce droit jusqu’à ce qu’il ait la sensation de la fuite du tube. Alors la main gauche abaisse fortement la tête de l’enfant et le tube est rejeté.
Accidents. — On peut éprouver des difficultés pour introduire
l’ouvre-boiiche, pour trouver les points de repère; le tube peut s’enfoncer dans l’œsophage ; le spasme de la glotte, l’œdème de Fépiglotte et des replis peuvent mettre obstacle à l’introduction ; on peut taire des fausses routes. Le tubage peut s’accompagner de vomissements, de convulsions, d’apnée, de syncope. 11 peuty avoir obstruction du tube par les fausses membranes.
Dans les premières heures qui suivent, la déglutition est gênée, l’alimentation difficile. L’enfant doit être surveillé de très près, car le tube peut se boucher tout à coup et l’asphyxie est imminente ' ou bien il est rejeté au dehors ou avalé à la suite d’un effort de toux. Cette déglutition du tube n’offre pas de dangers pour le tube digestif ; il s’élimine bien et se retrouve plus tard dans le vase de nuit.
Mais, l’enfant privé de son tube ne respire plus ; il est urgent de le retuber. Quand le séjour du tube a été prolongé, il peut en résulter des ulcérations delà muqueuse, du spasme consécutif mettant obstacle au détubage ; et, plus tard, des rétrécissements laryngo-trachéaux plus ou moins rebelles.
Le détubage, quand tout va bien, doit se faire le deuxième ouïe troisième jour ; le séjour du tube doit être aussi court que possible, pour prévenir les ulcérations traumatiques du larytix; et la sérumthérapie, en permettant d’ahréger la durée du tubage, a fait de cette opération le traitement de choix du croup diphtérique.
Quelques enfants gardent leur tube pendant des semaines [tubards) ; ils ne peuvent plus s’en passer, et on est alors obligé de faire la trachéotomie.
Variot a proposé d’écouvillonner le larynx, c’est-à-dire d’introduire le tube à plusieurs reprises sans le laisser à demeure, pour débarrasser mécaniquement le larynx des fausses membranes qui l’obstruent et triompher du spasme.
Cette pratique n’est pas généralement adoptée.
Résultats. — Avant le sérum, les résultats du tubage n’étaient pas meilleurs que ceux de la trachéotomie ; on ne sauvait guère que trois enfants sur dix, dans les statistiques les meilleures. Aujourd’hui, la proportion est tbuT; autre, et la mortalité s’abaisse souvent à 25 ou .SO p. tOO.
Le tubage est plus facile, moins émouvant que la trachéotomie; il prête moins aux accidents opératoires; mais il prête j)lus aux accidents consécutifs (asphyxie par rejcl, ou obstruction du tube).
TUBERCULINE.
d’où la nécessité d’un aide expérimenté qui ne quitte pas l’enfant. La broncho-pneumonie est peut-être plus rare après le tubage qu’après la trachéotomie.
On peut donner des bains aux enfants tubés. On ne peut pas en donner aux trachéotomisés.
« Pour toutes ces raisons, dit Sevestre, nous considérons que, sans contestation possible, le tubage est la méthode de choix \ mais d’autre part et malgré les assertions contraires d’un bon nombre d’observateurs, nous persistons à penser que, pendant les deux premiers jours tout au moins, il exige la surveillance d'un médecin habitué à V opération. Cela peut se faire à l’hôpital, mais sera beaucoup plus difficile à obtenir en ville, et sera le plus souvent impraticable à la campagne. Dans ces conditions, la trachéotomie conserve toute son importance. »
TUBERCULINE
Koch a retiré des cultures de bacilles tuberculeux une substance extrêmement active, qu’il a proposée, en 1890, comme remède de la tuberculose. C’est la fameuse lymphe de R. Koch dont on a tant parlé, et qui n’a pas répondu, au point de vue thérapeutique, aux espérances que sa découverte avait fait concevoir. En 1897, Koch a préparé une nouvelle tuberculine dite tuberculine T. R. dont faction thérapeutique n’est pas mieux établie.
Mais, si la tuberculine n’est pas un remède, c’est un merveilleux réactif de la tuberculose qui, à tous les âges, peut rendre de grands services. La médecine vétérinaire l’emploie couramment pour déceler la tuberculose latente des bovidés. En clinique infantile, Hutinel l’a d’abord essayée sur une vaste échelle, puis il s’est arrêté devant certaines réactions un peu vives qu’il a cru capables de donner un coup de fouet à la tuberculose.
De très nombreux essais, faits dans mon service de l’hôpital des Enfants-Malades, par mon interne M. Mettetal, avec une solution de tuberculine â 1 p. iOOOO fournie par l’Institut Pasteur, me permettent d’affirmer que l’emploi judicieux et momentané de la tuberculine est sans danger. Soit un enfant tuberculeux apyrétique; nous soupçonnons la tuberculose, mais aucun signe ne permet de l’affirmer.
Si nous injectons aseptiquement sous la peau du ventre 1/10 ou 1/5 de milligramme de tuberculine, nous obtenons, en cas de tuberculose, une ascension thermique éphémère de 1 degré, 1 degré 1/2. Nous ne réitérons pas l’injection, notre diagnostic étant fait. La fièvre disparaît aussitôt, et l’enfant reste apyrétique comme par le passé.
La tuberculose est désormais évidente pour nous ; mais elle n’en continue pas moins sa marche torpide ; elle n’a subi, du fait de l’injection unique que nous avons faite, aucune exaltation durable, aucune aggravation. Chez les bovidés, c’est également ce qui se passe, et nous ne voyons pas pourquoi un moyen si efficace en médecine vétérinaire serait interdit en médecine humaine.
Landouzy a employé la tuberculine chez l’adulte, et a pu démontrer ainsi la nature tuberculeuse de certaines pleurésies ; il l’a employée aussi chez le nourrisson, avec un égal succès. 11 a noté aussi la réaction que peut donner l’iodure de potassium. Epstein a employé la tuberculine chez le nourrisson dans le môme but.
Le professeur Lannelongue a pu diagnostiquer une coxalgie insidieuse chez un jeune enfant, grâce à la tuberculine.
La technique est très simple. Soit une solution de tuberculine à 1 p. lOÜOO; un centimètre cube ou un gramme contient un dixième de milligramme.
La première fois, on injecte un centimètre cube, soit 1/10 de milligramme. S'il n’y a pas de réaction, on injecte 2 centimètres cubes, ou 1 /5 de milligramme.
On peut même employer d’emblée cette dernière dose. L’injection se fait avec une seringue de Pravaz ordinaire, dans le tissu cellulaire sous-cutané de l’abdomen, ou d’une autre partie du corps.
TURQUETTE
La turquette ou herniaire, herniaria rjlabra (Caryophylées- Paronychiées), est une herbe annuelle, vivace, rameuse, courbée sur le sol. La turquette, dite encore herniole^ est très commune dans les champs arides de la France.
Très réputée autrefois dans les maladies rénales, vésicales et contre les hernies,
TUSSOL.
D’après Herpin ce serait un diurétique sûr et puissant ; Cazin l’a vantée aussi à la dose de 30 grammes par litre (infusion) comme liydragogue, dans l’ascite, l’anasarque, etc.
Le D‘‘ Portalier a employé avec succès une tisane faite avec la turquette et l’aigremoine dans un cas de lésion cardiaque, chez un enfant de huit à dix ans que j’ai eu l’occasion de voir.
TUSSILAGE
Le tussilage, tiissilago far f ara (Composées), ou pas-d’âne, fait partie des fleurs pectorales. On le donne en infusion (3 gr. pour 500).
TUSSOL
Ce médicament, assez mal connu, composé d’antipyrine (amygdalate), a été prescrit par Rehn dans la coqueluche, à la dose de 15 centigrammes 3 ou 4 fois par Jour pour commencer; on augmente ensuite et on peut aller jusqu’à 4 grammes par jour.
URÉTHANE
Ether éthylique de l’acide carbamique, l’iiréthane se présente' sous forme de cristaux, blancs, très solubles ; c’est un hypnotique de valeur, peu toxique. On le prescrira à la dose de 10 centigrammes par jour et par année d’àge, en paquets qu’on fera prendre dans l’eau sucrée ou un sirop quelconque.
Ural. — Ce produit, dérivé du précédent, s’obtient en mêlant le chloral àl’uréthane. Mêmes doses que plus haut. L’ural a l’inconvénient d’être amer, tandis que l’uréthane est insipide.
UROPHÊRINE
Ce corps est analogue à la diurétine (voy. théobromine) ; c’est un mélange de théobromine lithinée et de salicylate de soude, ayant des propriétés diurétiques (2 à 3 gr. par jour).
URSAL
L’ursal est un salicylate d’urée, peu usité (rhumatisme articulaire).
USTILAGO MAIDIS
Champignon analogue au seigle ergoté, hémostatique; extrait fluide (2 à 3 grammes). Il contient un principe actif: Vustilagine.
UVA URSI. — (Voy. BUSSEROLE).