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VACCINATION

La vaccination est une opération qui consiste à inoculer le virus vaccin recueilli sur le pis des vaches pour préserver de la variole. Gn sait que cette grande découverte a été faite par Jenner il y a un peu plus d’un siècle. Jusqu’au dernier quart de ce siècle, on se servait de vaccin humain ou humanisé, c’est-à-dire recueilli sur les pustules de l’enfant, pour propager la vaccine. Aujourd’hui, on a renoncé à ce mode de procéder, qui expose à la transmission de certaines maladies contagieuses (syphilis en particulier), et on a adopté presque partout, comme vaccinifère, le veau ou la génisse. A la vaccination de hras à hras a donc succédé la vaccination de génisse à bras. Quand on peut vacciner ainsi directement les enfants avec du virus recueilli immédiatement sur les pustules de l’animal, on a les plus grandes chances de succès. Cependant, le vaccin expédié en tube se conserve assez longtemps, sauf en temps de grande chaleur, et il n’est pas nécessaire d’avoir partout des génisses vaccinifères.

Indications et contre-indications. — A quel âge doit-on vacciner les enfants ? Dans les maternités et asiles d’enfants trouvés, on vaccine dès les premiers jours de la naissance, car on ne sait ce que deviendront les jeunes sujets, et on a raison de ne pas les laisser partir sans leur inoculer la lymphe préservatrice. Dans les familles, en général, on attend que l’enfant ait acquis inj certain développement, et on le vaccine à 2 ou 3 mois. En temps d’épidémie, il faudrait vacciner tous les enfants avant leur première sortie.

Quand un enfant est prématuré, déjà atteint de faiblesse congénitale, atrepsié, etc., on peut craindre qu’il ne supporte pas bien l’inoculation vaccinale, et on doit différer la vaccination. De même, s’il e.st atteint d’une maladie fébrile grave. La vaccination sera encore diiïérée chez des enfants atteints d’eczéma, d’impétigo,

d’eclhyma, de dermatose un peu étendue. Il est à craindre, en effet, que la vaccine ne se généralise ou que la dermatose ne reçoive un coup de fouet du fait de la vaccination. Mais, si l’enfant se trouvait dans un milieu épidémique, la vaccination serait faite quand même.

La coqueluche n’est pas une contre-indication à la vaccination:

' au contraire. On a prétendu que l’éruption vaccinale atténuait les quintes.

Quand un enfant a été vacciné sans succès, on doit le revacciner sans tarder et plusieurs lois si cela est nécessaire. Si le vaccin qui a échoué provenait d’un tube, on s’en procurera de plus frais ; au besoin, on conduira l’enfant à la génisse. Dans quelques cas, l’inoculation vaccinale a été inefficace sur les bras, et efficace sur les cuisses. Chez certains sujets, il semble que toutes les parties du corps ne soient pas égales devant l’inoculation vaccinale,; en cas d’insuccès répétés, on changera de région.

Un enfant a été vacciné avec succès ; quand doit-on le revacciner ? Il est prudent de revacciner les enfants tous les 10 ans, quelques-uns disent tous les 5 ans. S’il y a une épidémie, la revaccination s’impose, quelque soit le temps écoulé depuis la première vaccination. Il n’y a pas de saison favorable ou défavorable à la vaccination ; on vaccine en tout temps, en hiver comme au printemps, etc.

Manuel opéhatoire. — Pour faire la vaccination, on peut se servir d’aiguilles, d’instruments de fortune quand on n’a pas sous la main une lancette ordinaire ou une lancette cannelée en fer de lance. La lancette triangulaire dont se servent MM. Chambon et Saint-Yves Ménard peut servir à la fois au grattage des pustules de la génisse et à la vaccination.

Après avoir aseptisé l’instrument à l’eau bouillante ou à la llamme d’une lampe à alcool, nettoyé la peau de l’enfant à l’eau bouillie boriquée ou au sublimé à 1 p. 1000, on l’inocule en faisant très superficiellement, avec la pointe de la lancette, une piqûre oblique, sous-épidermique, donnant peu ou pas de sang, et baignant dans le vaccin. Le lieu d’élection est la partie supérieure du bras, au niveau de l’insertion deltoïdienne. Mais, parfois, on inocule aussi à la face externe de la cuisse, au mollet, ou en toute autre région du corps. Si l’enfant porte un nœvus de faible étendue, on a proposé d’inoculer ce nœvus par scarification, afin

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